Depuis toujours, ils m’emmènent là où j’irai peut-être ou jamais, là où mes pas se sont posés, là où je rêve de marcher encore. Depuis toujours, ils me font voyager, naviguer sur les eaux troubles des sentiments à la recherche de l’humain. Depuis toujours, je me laisse porter par eux sans savoir la destination qu’ils ont choisie pour moi. Les livres sont des bateaux.
*sur une toile de Jose Luis Contreras

9 réponses
» Depuis toujours, ils me font voyager, naviguer sur les eaux troubles des sentiments à la recherche de l’humain »
A qui le dis-tu !
Au fait Lali, rassure-moi… dans le grand livre Lali.toutsimplement… dans celui de bleu dans mes nuages, dans celui de Lilas, dans celui de Lanourse, tu y trouves de » l’humain » aussi j’espère !
Oh oui, Chantal, sois rassurée! Il y a des êtres humains magnifiques qui fréquentent les deux endroits et quelques autres où j’aime beaucoup m’arrêter!
Les livres sont des voyages
Des bateaux dans la mer des pages
Qui naviguent au gré des mots
Des rêves secrets de l’écrivain
Des ciels bleus et des oiseaux
Qui nous amènent parfois loin…
Des livres qui nous font rêver de toujours plus de poésie.. car comme l’a écrit Michel Garneau… ils nous en faut des tonnes !
La colère d’un homme joyeux
« La poésie c’est la cousine germaine de l’imprévisible
et, de l’imprévisible, il en faut des paniers
et des tonnes
à déverser en secret dans nos révolutions
qui sécrètent des bombes imaginaires du pouvoir,
du pouvoir de dire autre chose
que la guerre et les petits partis
qui se passent des petits paniers
aux barbes hirsutes
pour une libération de demain.
La poésie, c’est ce qui nous reste
quand les grands manitous de la fatalité
se sont prononcés contre la vie.
La poésie, c’est la lune penchée comme un canot
qui chavire son gréement
dans nos nuits d’attentes.
La poésie, c’est la manière se s’habiller
quand on ne peut pas parler.
C’est la manière de parler
quand on ne peut pas écrire.
C’est la manière de regarder
quand on ne peut ni parler ni écrire
C’est la manière de penser
quand on ne peut ni parler, ni écrire, ni regarder.
Mais laissez-nous la poésie.
Elle entrera forte, comme une fleur fille.
Elle tapissera nos murs de visages d’hommes anciens
qui ont dévisagé la folie, la mort, la solitude.
Plus jamais elle ne perdra le nord.
La poésie, elle aura des enfants qui auront des enfants
qui auront des enfants.
Elle fera tomber les drames psychologiques des prélarts,
du quotidien, des buildings, des photos de riches blasés.
Elle remontera l’horloge de la fable, des contes, des légendes,
des histoires à vivre debout au grand soleil.
Elle injectera de la digité archaïque dans les générations
qui ne font que commencer
à recevoir des balles de plomb dans les ailes.
Elle fera un mariage de raison,
aussi paradoxal que cela puisse paraître,
avec un homme d’affaires qui rendra la poésie populaire.
La grande vie, que je te dis!
La poésie, elle s’écrira, elle s’imprimera,
elle se dira, elle se chantera,
elle se taira et elle naîtra
dans nos vêtements, dans nos logis,
dans notre nourriture, dans nos fêtes
dans nos relations humaines,
dans nos relations inhumaines.
Elle corrigera l’obséquiosité hiérarchique
pour ceux qui n’ont pas de compte en banque
et, si jamais, elle pleure, la poésie,
ce sera pour inventer des criques d’eau salée
avec ses larmes,
pour que les hommes se baignent au chaud.»
(Texte composé à l’occasion de la nuit de la poésie de Montréal.)
« Un livre, c’est un navire dont il faut libérer les amarres. Un livre, c’est un trésor qu’il faut extirper d’un coffre verrouillé. Un livre, c’est une baguette magique dont tu es le maître si tu en saisis les mots. »
Michel Bouthot
C’est vrai Chantal que ton poème écrase ce minus d’Armando … bien envoyé. Mais pour qui se prend-il nom de Dieu… pour qui se prend-il?…
Ah Denise j’ai eu peur… j’ai dû relire deux fois la phrase le livre c’est une baguette magique… mais, je l’avais mal lu la première fois… oufff
Bien au contraire!!! Myso Gino. Les tendres poèmes d’Armando alimentent notre soif constante de poésie, ici et dans « du bleu dans mes nuages » ! Et puisque nous sommes dans la semaine du Printemps des Poètes, un bel hommage lui est rendu ici, ainsi qu’à tout autre poète, par ce plaidoyer de Michel Garneau pour défendre cette poésie qui traduit tant de nos émotions !
Et bien moi j’aime beaucoup ce passage dans le poème d’Armando : « Les livres sont des voyages des bateaux dans la mer des pages ». Je l’engrange dans ma mémoire ce passage-là…
Et dans l’autre très long texte, j’aime beaucoup la fin : « et, si jamais, elle pleure, la poésie,ce sera pour inventer des criques d’eau salée avec ses larmes, pour que les hommes se baignent au chaud.» Je l’engrange aussi…