La lectrice peinte par l’artiste hongrois Geza Fonyi s’est assise bien droite. Puis, elle a tourné les pages du recueil de Paul Zumthor. Il me semble avoir entendu quelques oui, quelques soupirs, jusqu’à ce qu’elle s’arrête là, et qu’elle lise et relise ce poème avant de fermer le livre et de me le tendre.
Trop d’étoiles qu’on nous cache
sous le nuage de plomb
les derricks les grues
horizon soufflé de torchères
ville
vue
là je t’aurai vue
surgie d’une écume de rien
rassemblée au creux de ce vide
seule
à la margelle du puits noir penchée
pour quelles soifs de bitume
entre les murs de brique
aveugle foule
flambeaux éteints leurs bras
brandis
vers le couvercle muet du ciel

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