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Sur les traces de Pessoa 3

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Je ne sais pourquoi. Mais j’ai eu cette impression que la lectrice d’Elvira Bach savait d’avance exactement où était dans le recueil Poèmes païens de Fernando Pessoa celui qu’elle voulait lire. Elle a ouvert, a lu un poème, l’a relu plusieurs fois et m’a tendu le livre. C’était celui-là qu’elle cherchait.

Au souvenir de qui je fus, je vois un autre,
Et le passé n’est le présente qu’en la mémoire.
Qui je fus est un inconnu que j’aime,
Et qui plus est, en rêve seulement.
De nostalgie blessée mon âme se languit
Non pas de moi-même, ou du passé que je vois,
Mais de celui que j’habite
Derrière mes yeux aveugles.
Rien, hormis l’instant, ne sait rien de moi.
Même mon souvenir n’est rien, et je sens bien
Que celui que je suis et ceux-là que je fus
Sont rêves différents.

4 réponses

  1. Pessoa fait partie des poètes qui me sont chers. merci de partager quelques textes avec nous, Lali !

    « J’écris mes vers involontairement
    comme si l’acte d’écrire n’était pas une chose faite de gestes,
    comme si le fait d’écrire était une chose qui m’advînt
    comme de prendre un bain de soleil… »
    F. Pessoa… F. Personne… 😉

  2. C’est un bonheur de relire un nouveau texte de Fernando Pessoa !
    Merci Lali !

  3. Je suis bien content que vous aimiez Pessoa, autrement dit Personne (si on traduit) autrement dit moi… si si ne riez pas comme des Chinoises les filles…

    J’ai vécu une histoire d’amour qui s’est terminée un peu mal et la nana n’arrêtait pas de dire « Il est personne pour moi »… Je sais, je sais… ma plume impressionne et pourtant je ne suis qu’un petit écrivaillon.

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