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HAGEMANS (Paul) - 2

Ce n’est pas parce que nous avons eu un été plus que moyen jusqu’ici qu’on ne peut pas penser qu’il finira par arriver. Et ce n’est pas parce que je passerai mes vacances à Montréal que j’ai oublié les plages de mon enfance.

C’est pourquoi, en ce dimanche d’août, j’ai choisi pour vous cette toile du peintre belge Paul Hagemans, afin que vous lui donniez vie, en vers ou en prose. En vos mots. Comme vous le faites si bien depuis plus de dix ans.

Ce n’est que dans sept jours que je validerai tous les commentaires déposés, ce qui vous laisse amplement le temps de déposer quelques lignes. D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

2 réponses

  1. Installée sur la plage, parfois elle lisait
    Une histoire aux enfants, qui les inspirerait.
    Tout à leurs jeux tranquilles, fébriles ils écoutaient
    Et rêvaient d’aventure, de voyages, tout prêts
    A partir sur les flots, voguant dans leurs pensées.
    En bateau ou chariot, tous trois ils naviguaient,
    Chacun à sa manière dans un songe éveillé.
    L’un qui tenait la barre, l’autre qui faisait le guet,
    La troisième sur le pont, très doucement bercée.
    L’un devenait pirate, loin de se prélasser.
    L’autre se voyait pêcheur, ramenant ses filets.
    L’un en pleine tempête s’imaginait lutter.
    L’autre des mariniers apprenait le métier.
    La troisième frissonnante, en secret rejoignait
    A l’insu des petits qui, innocents, jouaient,
    Un homme dans sa cabine, pour follement l’aimer.

  2. Nous allions tous ensemble
    Pour quelques heures d’évasion
    Voir la mer qui tremble
    Lorsque les bateaux s’en vont

    On était loin de la richesse
    Encore plus loin du bonheur
    Enfermés dans nos tristesses
    On manquait tous de chaleur

    Nous allions tous sans joie
    Lorsque le temps le voulait
    Maman, mes frères puis papa
    Et on mangeait du riz au poulet

    C’était dimanche, c’était la plage
    On se mettait un peu à l’écart
    Mon père maudissait le voyage
    Ma mère le trouvait si ringard

    Nous allions avec si peu de joie
    Lorsque mon père le décidait
    Mon frère, ma sœur et moi
    Et on mangeait ce qu’on pouvait

    C’était dimanche, jour de plage
    Et on avait tous honte de lui
    Mon père maudissait le paysage
    Et il faut avouer que nous aussi

    Nous y allions sans aucune joie
    Lorsque mon père en avait envie
    Je n’avais pas vraiment le choix
    Mais j’en avais marre de sa vie

    C’était dimanche, jour de plage
    C’est tout ce que je me rappelle
    Mon père enfermé dans sa cage
    Comme si on lui avait brisé les ailes

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