Lali

31 août 2013

Un roman bouleversant

Filed under: À livres ouverts — Lali @ 20:00

Le journal d’Hannah fait partie de cette littérature de l’intime dont on ne peut sortir que bouleversé au plus haut point alors qu’il nous faut admettre que la folie a peu à peu gagné Hannah, laquelle a perdu les siens, déportés dans les camps de concentration auxquels elle-même a échappé. Hannah, qu’en 1943 son mari a forcé à interrompe sa grossesse sous prétexte qu’on ne donne pas naissance en pleine guerre : un événement dont elle ne s’est jamais remise.

Son journal intime en discontinu lui permet de donner vie à cette fille qui lui a été enlevée et qu’elle appelle Louise. Une enfant qui grandit auprès de sa sœur aînée et qui est tout à fait réelle pour Hannah, à un point tel que le reste ne semble que la toucher superficiellement. Ni son mari, ni son amant, ni sa fille n’ont autant d’importance que celle qu’elle retrouve nuit d’insomnie après nuit d’insomnie, et dont elle consigne les faits et gestes dans son journal. Un drame qui nous est livré ici avec pudeur et sensibilité et auquel on assiste, avec une irrésistible envie de prendre Hannah dans ses bras.

Louise L. Lambrichs signe avec Journal d’Hannah un roman puissant qui jette un regard cru et sans complaisance sur ce que peut déclencher un geste auquel se voit contraint un individu alors que cela va à l’encontre de tout ce qu’il est, de tout ce à quoi il aspire. Au point de basculer dans une zone grise connue de lui seul, un non-lieu qu’il a inventé à son insu pour se protéger de la vie quotidienne dans laquelle il réussit tout de même à fonctionner.

Je le redis : un roman bouleversant.

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