
J’ignorais totalement que j’avais conservé des carnets d’adresses qui datent sûrement de trente-cinq ans, voire davantage. Ils étaient sagement rangés dans une boîte, avec des lettres, des cartes postales, des programmes de théâtre, entre autres, attendant leur heure. Il a fallu un déménagement et du tri pour que je les retrouve et que j’en examine le contenu.
À l’époque, mon amie Roseline n’avait pas quitté la maison familiale, à deux rues d’ici, mon oncle Guy était toujours vivant, de même que mon cousin Philippe et mon ami Normand. Et tant d’autres. Chantal vivait alors à Vannes, Pauline en Chine, Sonia à Montréal, et j’avais des correspondantes en Turquie, en Roumanie, en Belgique et en France. Les parents de ma filleule ne vivaient pas encore ensemble. D’autres couples se sont séparés depuis. Mais mon amie Marie-Francine a toujours le même numéro de téléphone.
De plus, ces carnets contiennent les numéros de téléphone personnels de plusieurs écrivains québécois, ce qui m’a étonnée. Mais c’est probablement normal, car j’animais alors une émission littéraire à la télévision communautaire.
Nombreux sont les noms qui ne me disent rien du tout. Qui est donc cette Véronique qui habitait Tours? Cette Monique de Madagascar? Cette Mariza du Brésil? Peu importe. Tout est passé à la déchiqueteuse.
Je mérite une pause lecture. La meilleure façon de passer du passé au présent.
*toile d’Anna Bulkina

Commentaires récents