Quand j’ai reçu cette superbe carte, envoyée de Prince George, en Colombie-Britannique par Kelly, je n’ai pas tout de suite vu que l’artiste Erin Stagg avait ajouté sa signature (avec un marqueur argent) à celle imprimée sur la carte. Quelle jolie surprise! Et quel plaisir de découvrir le travail de cette artiste remarquable!
Quand je me suis levée ce matin de novembre 1989, j’ignorais que ce midi-là je mangerais avec Mary Higgins Clark, et que j’allais dévorer son plus récent roman qui était sur ma table de chevet, et dont la lecture était prévue pour le weekend à venir, sans tarder.
Elle Québec, qui venait de lancer son premier numéro et auquel je collaborais à l’époque, venait de me commander un court article qui relaterait ma rencontre avec la reine du crime de l’époque, Et quelle rencontre!
À l’heure où Mary Higgins Clark vient de s’éteindre, rien ne semble s’être effacé de ces deux heures où nous avons discuté sans temps mort. Comme si nous nous connaissions depuis un moment. L’auteure de La maison du guet était abordable, chaleureuse, amicale. Et tellement souriante.
Trente ans plus tard, des anecdotes me viennent en tête. Des anecdotes que j’ai envie de partager aujourd’hui. Pour qu’elles ne s’envolent jamais.
Ainsi, le fait qu’elle écrivait la nuit, assise sur le plancher de la cuisine, un tapis la recouvrant entièrement afin d’étouffer le cliquetis de la machine à écrire pour ne pas troubler le sommeil de ses jeunes enfants. Ou ce rêve qu’elle a concrétisé, qui est celui de toute Irlandaise née à Brooklyn, d’avoir un jour un appartement avec vue sur Central Park. Ou encore son goût prononcé pour le vert qui était souvent la couleur des yeux de ses héroïnes.
Je me souviens de ses yeux pétillants, de cette passion pour la vie dans laquelle elle mordait visiblement, de son amour pour les siens, de son bonheur d’être à Montréal afin d’y rencontrer ses lecteurs et lectrices. Je me rappelle la séance photo qui a suivi, à laquelle elle voulait que j’assiste, et notre complicité du moment.
Il y a près de 15 ans que je ne lisais plus ses livres. Mais il me plaisait de savoir que l’âge ne l’avait jamais arrêtée et que chaque année, elle était fidèle au poste avec une nouvelle intrigue qui ne manquerait pas de plaire.
L’ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s’occuper par quelques lectures. Heureux ceux qui aiment lire. (Fénelon)
J’ai tout de suite été attirée par le titre. Probablement parce que nous avons tous dans la famille un amour inconditionnel pour les éléphants. Un tel amour que pendant des années, nous avons rapporté de nos voyages mes parents, ma sœur et moi des éléphants de toutes sortes qui remplissent aujourd’hui un curio. Il n’y a plus de place pour en ajouter un seul, c’est tout dire.
Mais le mot interdit a aussi retenu mon attention. Probablement parce que j’ai beaucoup de mal avec tout ce qui est interdit, pour une raison ou pour une autre, et souvent en invoquant des prétextes qui se résument souvent à parce que c’est comme ça.
C’est en quelque sort le cas de l’album Interdit aux éléphants, qui interdit aux éléphants l’accès au club, peu importe leur taille, et sans véritable raison. Ce qui chagrine grandement le narrateur, qui nous raconte à quel point son mini-éléphant est important pour lui, et lui-même pour son ami pachyderme. Car les amis sont là pour s’aider les uns les autres.
Et surtout, les amis ne laissent jamais personne derrière eux. Putois, girafe, pingouin, porc-épic et narval seront admis à ce nouveau club qu’il a choisi de créer. Et même les chiens et les chats.
Un album tout simple, coloré, plein de chaleur et d’amitié, où il est question d’exclusion et de tolérance, dans un monde qui en a bien besoin.
Si un jour je retourne à Liège, je dois absolument voir ce banc où est assis Georges Simenon depuis 2004. Mais je ne sais pas si j’aurais quelque chose à lui dire, je n’ai lu qu’un de ses romans.
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