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Ce que mots vous inspirent 2647

Il faut laisser au lecteur une marge suffisante, qu’il puisse achever le travail. (Patrick Modiano)

*toile d’Alexander Sokht

Deux magnifiques cartes publicitaires

Une publicité pour le Caffé degli Artisti à Venise, où Audrey Hepburn, dans le célèbre film adapté d’un roman de Truman Capote, est à l’honneur, et une autre pour la chaîne de cafés néerlandaise Bagels & Beans avec un clin d’œil à Tamara de Lempicka.

Certaines cartes publicitaires gratuites peuvent être fabuleuses quand leurs concepteurs se donnent la peine de sortir de l’ordinaire, non?

Ce que mots vous inspirent 2646

La poésie est un chuchotement qui approfondit le silence. (Nicolas Dieterlé)

*toile de Fujishima Takeji

Les biscuits chinois

Il y a toujours ce moment, après les rouleaux de printemps, après le riz, après le poulet à l’ananas, après les côtes levées, après les légumes, ce moment magique où l’on brise le biscuit chinois pour en extirper un message.

En décembre 2018, on m’annonçait une promotion. Chose qui me paraissait tout à fait invraisemblable, mais qui est bel et bien arrivée deux mois plus tard.

Mon plus récent biscuit chinois affirme : Vous trouvez la beauté dans les choses ordinaires, ne perdez pas ce talent.

Or, je n’ai pas envie de perdre ce talent. Vraiment pas. Je veux continuer à m’émerveiller quand le jour se lève, quand je croise un enfant qui s’amuse d’un rien, quand le café coule dans mon bol, quand j’ouvre ma boîte aux lettres en rentrant du travail. Je veux être cette lectrice peinte par Hugues Boucry qui, je le sens, a ce même talent.

Le Teatro Juarez

Le temps d’une carte postale envoyée par Jesus, aller vers le sud. Jusqu’au Mexique, où un jour j’irai en compagnie de mon amie Ode, qui y est née.

Et contempler le magnifique Teatro Juarez, à Guanajuato, en rêvant de le voir de près,

Ce que mots vous inspirent 2645

Puisons dans la littérature, elle qui est le répertoire universel de la vie. (André Blanchard)

*toile de Jeremiah Stermer

Les pinceaux de calligraphie

Ce bel assortiment de pinceaux de calligraphie, photographié par Marcus Mok, donnerait envie de s’adonner à nouveau cet art… si les journées avaient plus de 24 heures.

Ce que mots vous inspirent 2644

Je crois intrinsèquement que l’amour aide à guérir à la fois celui qui aime et celui qui est aimé. (Jonathan Sacks)

*illustration de Jane Bodil

Une fugue qui ne finit pas

L’illustration de la couverture, signée Benoit Tardif, un artiste que je connais depuis quelque temps grâce aux cartes postales, avait quelque chose d’irrésistiblement attirant. Et cela a suffi pour que Marie-Francine m’offre Partir de rien de Maude Nepveu-Villeneuve, paru une première fois en 2011 et dans sa facture actuelle il y a quelques mois. Sans trop savoir dans quelle aventure j’allais m’embarquer en suivant Chloé et Almée.

Et quelle aventure! Je me suis laissée emporter dans cette fugue qui devait durer quelques jours et qui n’en finit pas. Pour la bonne raison que lorsque les adolescentes rentrent finalement chez elles, elle trouve le village vide, totalement déserté. En quelque sorte la preuve qu’il sera bien rasé, comme annoncé, pour faire place à un aéroport.

Le temps de ramasser quelques livres laissés derrière eux par les adultes, car il n’y a plus rien à faire ici, les voilà prêtes à partir à nouveau avec un seul but en tête : voir la mer.

Une ville portuaire les attend bien au bout d’une longue route qu’elles parcourent à bicyclette avant de poser leurs besaces dans une chambre d’hôtel avant de déménager dans un appartement qu’elles partagent avec un poseur d’affiches rencontré au hasard de leurs promenades.

Si elles se laissent d’abord vivre, sans trop se demander de quoi demain sera fait et si leurs parents sont peut-être à leur recherche, leur quotidien prend une autre tournure quand Almée commence à chanter dans un bar, délaissant Chloé par la force des choses alors qu’elle avaient toujours été les meilleures amies du monde depuis l’enfance.

Il est donc ici question de l’amitié, du passage de l’adolescence à la vie adulte, de ce qu’on laisse derrière soi, des rêves qu’on avait, de ceux qui se sont ajoutés, du fait que tout ce qu’on croyait immuable ne l’était peut-être pas.

Un beau roman qui se lit sans envie de le poser. Dont on goûte chaque phrase. Pour le simple plaisir de ne pas avoir les pieds dans la réalité. Car c’est aussi de cela dont il s’agit ici. De cet imaginaire de l’auteure qui nous propose un lieu hors du temps, hors des normes habituelles, hors du cadre rigide de nos points de repère.

Laissez donc vos questions, votre besoin de savoir où cela se passe et de vérifier ce qui n’est pas vérifiable, voire logique, au vestiaire. Vous n’en aurez pas besoin, et de plus, elles seront tout à fait inutiles.

Partez de rien, vous aussi. Et laissez-vous emporter par cette histoire d’amitié. Tout simplement.


Enfants joyeux près de leur village

Je suis une fan de l’illustrateur alsacien Hansi depuis un bon moment. Lilas, qui m’a envoyé cette carte, ne le savait peut-être pas. Pas plus, probablement, que je rêve de voir un jour le musée qui lui est consacré.