
pourquoi la douleur m'enlève-t-elle les paroles
justement là où j'en ai le plus besoin
pour autant que la douleur soit faite de paroles?
les paroles de la plainte, les paroles de l'amour,
la voix qui te parlait comme un toucher prolongé
les sourds gémissements de la conscience qui éclate
le murmure de la complicité
le dialogue fraternel comme lianes qui se pressentent
tout cela ton silence s'est emporté
il ne me reste que quelques syllabes
pour nommer la perte
Laura Cerrato, Comme un miroir qui s'attarde
*choix de la lectrice de Henning von Gierke

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