Rayons de soleil
En perçant les nuages
La déchirure
Isabelle Graglia, Haïkus d’un an
*choix d’une lectrice du XIXe siècle peinte par un artiste anonyme
Rayons de soleil
En perçant les nuages
La déchirure
Isabelle Graglia, Haïkus d’un an
*choix d’une lectrice du XIXe siècle peinte par un artiste anonyme
Si cette aquarelle signée Yves Agaisse ne vous fait pas sourire, c’est que c’est vraiment un mauvais jour.
Quant à moi, je trouve que ces bavardes suivies par des bavardes sont irrésistibles.
Perles nuagées
Poussées par le vent s’étirent
Au soleil couchant
Isabelle Graglia, Haïkus d’un an
*choix de la lectrice de Leonid Afremov
J’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup les fleurs. Je connais hélas! trop peu les noms de la plupart de celles que je croise. D’où le bonheur de recevoir des cartes postales montrant des fleurs, car elles permettent de mettre un nom sur des spécimens.
C’est ainsi que je sais maintenant à quoi ressemblent des gentianes de Koch!
Il est tellement plus facile de tomber amoureux que de cesser de l’être. (Lisa Gardner)
*toile de Jan Worst
Double accès séquentiel
Au début, on cherche une paire d’yeux
et on y enfonce ses regards.
Peut-être que là-bas, dans les profondeurs,
il y a quelqu’un qui aboie,
tranche les têtes, tire les cordages.
On prend ensuite une paire de lèvres
et on dessine leur contour,
délicatement, avec le bout de la langue.
Puis, une paire de bras
qui ressemblent à quelques ailes endormies,
qui, tangentiels, par-dessus tes épaules,
sont en train de s’arquer.
Et à tout cela s’ajoutent la paire d’yeux,
la paire de lèvres, d’ailes endormies,
de cuisses, qui sont tiennes.
S’y ajoute ainsi, paire et sans paire, tout le reste,
jusqu’à ce qu’on arrive à une paire de cœurs.
Jusqu’à ce qu’on arrive à se retrouver soi-même.
Linda Maria Baros, dans L’ardeur : ABC poétique du vivre plus
*choix de la lectrice de Suzannah Sinclair
Mon grand-père maternel jouait du trombone dans une fanfare et a fait une partie de ses études à Sherbrooke.
Il n’en fallait pas plus pour que j’imagine qu’un jour il a joué du trombone au parc Victoria, à Sherbrooke, dont on voit ici le kiosque à musique.
Une carte d’une autre époque comme je les affectionne tant.
Patchwork
Depuis que j’écris,
J’inscris ce que je me dis,
Je me raconte,
Mes exclamations,
Mes points d’interrogation,
Mes points de suspension.
Je n’ai pas changé les objets de mes écrits,
Ni ma façon d’écrire.
Tête posée sur l’oreiller,
J’erre dans le silence de la pensée,
Je tiens à quelques mots déposés dans ma mémoire.
Ils me donnent le moyen d’écrire et d’écrire encore.
Je survis à travers quelques mots.
Penchée au-dessus de mon clavier,
Les doigts en suspens dans l’indifférence des mots,
J’attends la salvatrice illumination.
J’ai scandé des tresses en vers à contre-sens,
J’ai fabriqué des chemins de mots,
Je n’ai pas pensé à charge de revanche.
Je n’ai pas arraché de la terre médusée les mots de mauvaise herbe,
J’ai regardé l’étendue des lignes aux mots flotteurs,
Je m’y suis attachée parfois,
J’écris la vie qui me serre et me bouleverse.
D’une émotion à l’autre je retiens des bribes,
Que je désespère et poétise,
De ce qui me traverse j’inscris le tangible instant,
Je vagabonde au milieu des mots.
Je chantonne plus que je n’écris.
Flora Devatine, dans L’ardeur : ABC poétique du vivre plus
*choix de la lectrice signée Hal Singer
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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