Jesse Cook interprétant Vertigo
*toile de Ludwig von Hagn
Près de sept ans après l’avoir vu en spectacle, j’ai eu l’immense bonheur d’assister samedi dernier au concert du guitariste Jesse Cook et de ses musiciens dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal, lequel est devenu avec les années davantage un festival des musiques du monde qu’un événement consacré au jazz.
Mais je ne m’en plaindrai pas puisque ce fut l’occasion de revoir sur scène ce formidable artiste que m’a fait découvrir mon ami Armando il y a presque onze ans. Un artiste qu’apprécient aussi beaucoup mon amie Marie-Francine et sa fille Lou. C’est donc à eux trois d’abord qu’est dédié ce dimanche qui met Jesse Cook à l’honneur et à tous ceux et celles qui auront envie de le connaître ou de le redécouvrir le temps de dix pièces musicales présentées par des musiciens et chanteurs de toutes les époques et de tous les âges. En commençant par cette pianiste – même si cet instrument ne fait pas partie de ceux qu’on trouve sur scène – peinte par Laurie Justus Page qui a choisi de vous faire entendre Dance of Spring :
nuit des perséïdes
côte à côte dans l’herbe mouillée
compter les étoiles
Roxanne Lajoie, À chaque pas la poussière
*choix de la lectrice de Frank Nitsche
Dans la nuit de ta nuit
J’avance vers ta lumière
Parfois je l’aperçois
Parfois c’est des éclairs
Dans la nuit de ta nuit
Je dors, les yeux ouverts
Toujours à la frontière
De ta réalité
Dans la nuit de ta nuit
Je rêve le dos cassé
Je rêve tout éveillé
Assis au pied du lit.
Jacques Higelin, Flâner entre les lignes
*choix de la lectrice de Charles Martin
Il y a douze ans, j’étais en vacances en Belgique et je découvrais avec ravissement la ville de Dinant. Une carte postale reproduisant une affiche signée J. Macau datant de 1908 invitant les gens à visiter ses grottes m’a été envoyée récemment par Dymphie, suivie par une autre datant de l’entre-deux-guerres envoyée par Astrid montrant son pont et l’hôtel des Postes.
Il ne manquait qu’une vue de l’église et de la citadelle, plus récente pour compléter le tableau. Elle m’attendait dans une boutique rétro.
Je retournerais à Dinant n’importe quand.
Apprendre ou à laisser
C’st à prendre ou à laisser
Si tu prends
Ça te laisse tout le temps de t’en
lasser
Si tu laisses
Ça te ^rend tout le temps de t’en
liser
À tout prendre
meiux vaut se laisser
m’apprendre à t’aimer
c’est apprendre à me laisser
tout le temps que ça prend
d’accorder nos cadences
Jacques Higelin, Flâner entre les lignes
*choix de la lectrice de Lavanna Martin
Dès que j’ai vu cette carte postale, j’ai tout de suite pensé à moi. Je n’ai pourtant pas vécu à Paris vers 1900, même si le boulevard de Clichy – où cette photo a été prise à l’époque – ne m’est pas inconnu.
Mais je me suis reconnue dans cette petite fille endimanchée faisant voguer son bateau dans une flaque d’eau, sa jolie robe blanche balayant les pavés, ce qui ne semble nullement la préoccuper.
Pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et l’éternité. (Gilles Clément)
*toile d’Edward B. Gordon
J’eusse tant aimé
J’eusse
tant aimé
être l’objet de ta divine volonté
Seulement voilà
tu m’as fait tant et tant douter
des autres
et de moi-même
que j’ai perdu confiance
et laissé la méfiance
s’installer, se dresser
entre moi et toi
J’eusse
tant aimé
être l’objet de tes plus sublimes pensées
Seulement voilà
vous avezx mis tant de distances
que j’ai perdu le goût
de me jeter en larmes
à vos genoux
en signe d’allégeance
au pouvoir vénéneux
de votre indolence
J’eusse tant aimé
être la proie de tes plus folles volontés
Seulement voilà
tu m’as fait tant et tant douter
des autres et de moi-même
qu’en conséquence
je reprends mes distances
et m’en vais hors de toi
reprendre
connaissance
Jacques Higelin, Flâner entre les lignes
*choix de la lectrice d’Henri Matisse
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