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Ce que mots vous inspirent 1963

SCEWCZENKO (Konstantin) - 5

J’ai du mal à me représenter un jour sans lecture, et je me demande souvent si je n’ai pas au fond vécu en lecteur. Le monde des livres serait alors le monde authentique pour lequel le vécu ne représenterait que la confirmation espérée — et cette espérance serait sans cesse déçue. (Ernst Jünger)

*toile de Konstantin Scewczenko

Genre humain 5

LÉGER (Fernand) - 8

L’amour parfait

les rivières
de l’amour parfait
doucement coulaient
sur les pierres
au soleil de minuit
une nuit

les chansons
comme des oiseaux
à travers les monts
et les mots
demandaient leur chemin
en chemin

tu hésitais
sur le bord
du secret
aux flots d’or

et tu courais
en pleurant
tu tombais
en riant

les chevaux
tout chargés de fleurs
chargés de cadeaux
et d’erreurs
marchaient vers un palais
le palais

ils suivaient
l’étoile du jour
l’astre sans retour
ils dansaient
au-dessus de la mort
sans remords

tu découvrais
que le roi
du secret
c’était toi
depuis toujours
tu jouais
dans la cour
du palais

les rivières
de l’amour parfait
doucement coulaient
sur les pierres
au soleil de minuit
une nuit

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice de Fernand Léger

Lever de soleil tout en bleu

IMG_20170510_0005
(photo de Werner J.Bertsch)

Je partirais illico pour Hilton Head Island, la destination que me propose Allison. Même si certains me diront que la photo a peut-être été retouchée.
J’ai trop envie de croire que des levers de soleil comme celui-ci existent.

Ce que mots vous inspirent 1962

SCHAFER (Henry Thomas)

N’avons-nous pas souvent conscience d’avoir dispersé l’unité de notre vie en une multitude dérisoire d’attentes? (Nicolas Grimaldi)

*toile signée Henry Thomas Schafer

Genre humain 4

LEE (Annie)

Je t’aimerai

je t’aimerai un soir que les blés seront mûrs
je t’aimerai un soir que la mer sera douce
je t’aimerai un soir que mon cœur sera sûr
que ma mort attendra assise sur la mousse

je t’aimerai un soir comme en me réveillant
comme pour la première et la dernière
je t’aimerai un soir comme on aime un enfant
un jardin verdoyant brillant parmi les pierres

le silence viendra rafraîchir ma mémoire
un oiseau chantera pour moi le dernier chant
et mes yeux s’ouvriront enfin dans la nuit noire
où la moisson en feu joue avec l’océan

sur la berge du fleuve où le linge blanchit
la reine s’est couchée au milieu de son lit
elle attend la venue de celui qui guérit
de celui qui sera son fils et son mari

je t’aimerai un soir que les blés seront mûrs
je t’aimerai un soir que la mer sera douce
je t’aimerai un soir que mon cœur sera sûr
que ma mort attendra assise sur la mousse

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice d’Annie Lee

Des tulipes envoyées de Finlande

IMG_20170501_0009

Ça y est, les tulipes sont enfin sorties du sol. Mais comme le ciel hésite entre les nuages et la pluie jour après jour, il n’est pas très tentant de les prendre en photo.
Heureusement que Marja-Liisa m’a envoyé ce bouquet de fleurs fraîchement coupées pour patienter jusqu’à ce qu’il fasse assez beau pour que je les immortalise – en espérant qu’elles ne fanent pas d’ici là.

Ce que mots vous inspirent 1961

SCHAMP (Tom)

La culture est le seul horizon valable de notre existence. (Éric Fottorino)

*illustration de Tom Schamp

Genre humain 3

LEATHENDALE (Gary)

L’orage est fini

quand l’orage est fini
nous nous couchons
pour mourir de douceur
sur des montagnes en cendres
tout est pâle
et nous sourions
jusqu’au bout du monde
nos mains usées jusqu’à la chair
lentement s’avalent

il n’est plus aucune heure
sur ton visage
les marques de la torture
et une brume de bonheur
sans remède

après l’orage
nous nous couchons dans la cendre
pour oublier
jusqu’au bout du monde

Brigitte Fontaine, Genre humain

*choix de la lectrice de Gary Leathendale

Un dimanche dans les nuages 10

COLLINSON (James)

Un nuage quitte le ciel, et le ciel perd la mémoire.
(Max-Henri de Larminat, Nuages)

*toile de James Collinson

Un dimanche dans les nuages 9

CLUTE (Walter Marshall)

Un nuage passe. L’ombre d’un instant glisse sur ma feuille.
(Max-Henri de Larminat, Nuages)

*toile de Walter Marshall Clute