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Le dimanche du souvenir 3

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Se souvenir ranime; vouloir se souvenir détruit. (Claire France)

*toile d’Evgenia Antipova

Le dimanche du souvenir 2

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Le souvenir, ce n’est qu’un regret apaisé. (Francis Blanche)

*toile de Dmitri Annenkov

Le dimanche du souvenir 1

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Nous n’oublierons jamais ce qui s’est passé il y a un an à Paris. Pas plus que nous n’oublierons le grand Leonard Cohen qui nous a quittés jeudi. C’est, entre autres, pourquoi j’ai choisi de dédier ce dimanche au souvenir en déposant livres à feuilleter et citations sur le sujet.
En commençant par celle-ci, d’Aristote : Savoir, c’est se souvenir.

*illustration de Francesco Chiacchio

Le veilleur amoureux 3

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Jardin du Luxembourg

Par une trouée bleue les toits là-bas s’estompent
Entre le zinc luisant et les ardoises.
Voici qu’entre une mer dans la cité fossile. Si tu t’arrêtes
Depuis l’allée sous la terrasse, tu verras redescendre
Le bleu jusqu’au toit des immeubles: large plaine, tu le devines,
Océan que le silence des voitures, c’est dimanche, fait entendre.
Son ténu parmi les souvenirs. Est-ce la mer? Est-ce enfin la promesse
D’une liberté dans les rues où les pas te conduisent?

Au milieu de ses arbres domestiqués, le jardin aimerait
Bien saisir, sur le bassin où tanguent les bateaux à voiles,
– le bleu du ciel, les cartes veinées de sanguine, l’horizon pâle
Dont rêvent ceux que bannit la ville.

Philippe Delaveau, Le veilleur amoureux

*choix de la lectrice de Jean Gouweloos

Une pure merveille!

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L’artiste Aubrey Bearsley est décédé à l’âge de 25 ans. Il n’a donc pas vécu assez longtemps pour laisser une quantité impressionnante d’illustrations. Mais chaque fois que j’en découvre une par hasard, ou qu’on m’en fait découvrir une, je tombe sous le charme. Ma filleule ne pouvait mieux choisir en m’envoyant cette carte postale achetée au MOMA à New York, reproduisant une lithographie datant de 1894. C’est une pure merveille!

Sans attendre la dernière minute

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C’est demain, à cette heure-ci, que seront validés les textes que vous aurez déposés sur la scène livresque de dimanche dernier. Les journées passant souvent trop vite, si vous suiviez l’exemple de l’écrivaine peinte par Fritz Bersch et déposiez sans attendre la dernière minute le texte qui mijote sur le feu depuis quelques jours?

Le veilleur amoureux 2

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Les poèmes

Les poèmes vieillissent confusément,
Parlant encore de forêts, d’or et de roses. Toutefois
Quel sage aurait pu dans une seule fable
Serpentant au-dessus des hommes et des fleurs,
Dire comme la perle un peu l’attente
Qui est au creux du monde, et peut-être à la fin composer
Pour un prince las du soleil et des livres,
Un autre chant qui ne vieillirait pas,
Qui parlerait sans fin de ce qui recommence,
Au gré des libellules bleues, des armoiries de l’onde?

Alors l’image en ce poème serait plus limpide
Que le bruit continu de l’eau, plus sombre qu’un silence
Au pied de l’arbre à qui écoute
La nuit parfaire les saisons
En quête de sagesse nébuleuse et d’ordonnance.

Philippe Delaveau, Le veilleur amoureux

*choix de la lectrice d’Ivan Goryushkin-Sorokopudov

Au bout du monde

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Certaines cartes nous font voyager. Loin, très loin. Notamment celle-ci, qui m’a transportée à l’autre bout du monde, soit aux îles Cocos, dont je n’avais jamais entendu parler.

Ce que mots vous inspirent 1830

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Tout ce qui est nécessaire n’est jamais hasardeux. (Cardinal de Retz)

*toile de Sherman Richard Shook

Le veilleur amoureux 1

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À la belle endormie

Maintenant que j’écris sur la page secrète
Des mots doucement ivres de ton nom,
Tu dors dans ce désordre de cheveux
Odorants et doux que je respire,
Et les volets fermés ont replié leurs ailes.
Le soleil par les fentes soyeuses d’un après-midi
Jette ses lettres sur le plancher qui flambe :
Je les ramasse, je veux les lire, je transcris
Ces mots d’amour et dans ton cou je les traduis
Contre l’œil clos de ton oreille.

Belle endormie loin de moi, tout près de moi, ton rêve
Encore fou, rêve et s’enfuit. Dis-moi tout bas
De deux amants quel est ce doux royaume.
Et comment le soleil qui déjà fuit t’admire.
Mais tu souris et je me brûle
De tant de mots, à travers cœurs en flammes.

Philippe Delaveau, Le veilleur amoureux

*choix de la lectrice de Yohanna Demougeot