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Un dimanche avec Maria de Barros 2

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Maria de Barrs interpétant Cabo Verde not era

*toile de Jean-Baptiste Greuze

Un dimanche avec Maria de Barros 1

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Un soire de juillet 2013, mon amie Lucie et moi nous sommes retrouvées au Cabaret du Mile End pour assister au spectacle de Maria de De Barros, la filleule de Cesaria Evora, dans le cadre du Festival Nuits d’Afrique.

Ce fut une soirée exceptionnelle. Nous en avons souvent discuter par la suite.
C’est pourquoi en ce dimanche qui laisse présager que l’hiver est, cette fois-ci, belle et bien à nos portes, j’ai invité quelques musiciens à se joindre à nous, tout d’abord ceux imaginés par l’artiste Shana Greger, afin de nous faire danser sur la musique du Cap-Vert et la voix de Maria de Barros, en commençant par Nos paraiso :

Les vers de Mireille 2

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c’était dans notre vie
ces espaces ces moments
laissés en blanc
sans signature

avec ta puissance fragile
si proche si autre aux aguets
tu colores les reliefs

tu me fais souveraine
toi ma certitude
ma nécessaire
nous avons partagé le secret

Mireille Fargier-Caruso, Lettre à L.

*choix de la lectrice de Stojan Milanov

Lucie

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Pour la première fois, depuis cinq ans, j’ai parcouru les allées du Salon du livre de Montréal sans Lucie.
Je ne savais pas il y a un an que ce serait la dernière fois, Lucie était tellement certaine qu’elle allait déjouer toutes les statistiques. Deux mois plus tôt, on lui avait retiré une tumeur au cerveau d’une taille impressionnante et dans les semaines qui ont suivi son opération, je l’avais accompagnée à sa première séance de radiothérapie.

Nous n’avons jamais cessé d’aller au théâtre, de cuisiner ensemble, d’avoir de longues conversations sur la vie, la littérature, la musique, l’amour, les voyages. Mais nous ne parlions pas de la mort. Ce n’était pas une éventualité. Jusqu’en août. Son oncologue a alors choisi d’entamer une nouvelle chimiothérapie afin de venir à bout de l’enflure d’une partie du cerveau qui comprimait celle qui permet de lire, d’écrire, de s’exprimer verbalement.

Les mots échappaient désormais à Lucie, et ce, de plus en plus, alors qu’elle saisissait tout et que sa pensée était toujours aussi claire et ordonnée. La tumeur était revenue, malgré la nouvelle chimiothérapie. Il n’y avait plus rien à faire.

On a mangé de la poutine. On a ri. On a fait comme si on avait encore toute la vie devant nous. Pas juste moi, mais toutes les deux.

Lucie a rejoint les étoiles le 31 octobre, après 14 mois à se battre courageusement, et veille désormais sur ceux qu’elle aimait et qui l’aimaient.

Et vendredi, il me semble l’avoir vue dans une allée, dans l’escalier, en train de discuter avec un éditeur, ou carrément absorbée par un quatrième de couverture.
Oui, elle était sûrement là, elle qui aimait tant les livres avant que les mots lui faussent compagnie.
Elle qui aimait tant la musique, la vie. Elle qui était si fière de ses enfants.
Elle était là. pas loin.
Elle n’est jamais bien loin.
Ne le sera jamais.

*toile de Katarzyna Oronska

Le (faux) piano de Chopin

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Voilà quelques années que la vérité a éclaté. Le piano que les visiteurs ont pu voir dans la cellule numéro 2 de la chartreuse de Valldemosa à Majorque n’est pas celui utilisé par Chopin pour composer ses préludes.
Mais j’aime l’idée d’avoir en ma possession une carte postale représentant le « faux » piano que de nombreux visiteurs ont eu l’occasion de voir au fil des décennies. Une carte trouvée au hasard d’une des chasses aux cartes postales que j’affectionne tant.

Les vers de Mireille 1

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Une odeur une mer au commencement un orage
et tout ce blanc comme on déchire un cri
collé de sang
le jour naît d’un miracle vieux du monde
souffle et manque déjà
le jour naît
s’ouvre le regard sur nos visages
jamais le cœur ne fut plus près du corps
rouge vie qui nous déborde
je me sépare et je me reconnais

je te donne un nom dans la lumière
je te nomme l’espace ses couleurs
réveil d’eau que l’on accueille des deux mains
je t’attendais et ne le savais pas
je ne savais rien du multiple
passage clair où l’au-delà sommeille
jamais la mort n’a tant ancré nos chairs

Mireille Fargier-Caruso, Lettre à L.

*choix de la lectrice de Luciano Santoro (dont toute trace a disparu)

Le chat de la Sorbonne

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Ce n’est pas le premier chat de cette série signée Séverine Pineaux que je reçois. Mais j’avoue que j’ai un gros faible pour celui-ci, envoyé par Hanko.

Ce que mots vous inspirent 1835

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L’ennui en ce monde, c’est que les imbéciles sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doute. (Bertrand Russell)

*toile de Monika Aladics

Fragments de ville 5

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herbes
asphalte buvard d’aube
et je marchais de mes mots citadins

parcs et clôtures investis d’horizon

Bruno Roy, Fragments de ville

*choix de la lectrice de Guglielmo Meltzeid

Le cadeau de Juliette

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Quand Juliette est entrée dans mon bureau pour m’offrir cette superbe carte rapportée de voyage par ses parents, elle ne connaissait pas ma passion pour les azulejos. Comme quoi la vie nous réserve souvent des surprises qui réchauffent le cœur et ajoute du bleu aux jours gris.