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L’anthologie 5

McEVOY (Ambrose) - 2

vieillirons-nous ensemble au pas de la porte
têtes couvertes de branches blanches et de corbeaux oubliés
nos plaies confondues sous un soleil pâles mains effilées
momies d’un amour qui nous ressemble

ton bras à mon bras mon épaule contre la tienne
merveille alors de s’éveiller comme on ressuscite
le matin n’a pas une ride sur la peau des draps

viens sortons au grand jour la rue n’a point d’âge pas encore

tu ne dis rien près de tes lèvres le souffle se fait rare
j’écoute pour la millième fois le commencement du monde

le temps se déplie s’explique en espace le lait tinte aux yeux du laitier
est-ce l’hiver est-ce l’été nous ne savons plus entre nous l’instant tombe
des moineaux fusent de rire les journaux crient à tue-tête nos veines si bleues se répondent

tremblerons-nous ensemble au bout du trottoir
transis de nous voir enfin ombres illuminées

Jacques Brault, dans Poètes du Noroît

*choix de la lectrice d’Ambrose McEvoy

Rue du Poivre

séville

Est-ce que ça sent le poivre sur la rue du Poivre, à Séville? Ilse, qui m’a envoyé cette carte, ne le mentionne pas.

Ce que mots vous inspirent 1493

DUPLESSIS (Paul)

Il vaut mieux faire un aveu sincère que de s’excuser de mauvaise grâce. (Gabriel Girard)

*toile de Paul Duplessis