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Dès maintenant

melchers 4

Comme c’est dans 24 heures exactement que seront publiés les textes déposés sur l’illustration de la semaine, que diriez-vous d’écrire quelques lignes dès maintenant afin de profiter à plein de la belle journée qu’on nous promet?

*toile de Gary Melchers

Du côté de la Suisse 4

DE SAINT-AUBIN (Augustin)

Vie dangereuse

Aujourd’hui je suis peut-être l’homme le plus heureux du monde
Je possède tout ce que je ne désire pas
Et la seule chose à laquelle je tienne dans la vie
chaque tour de l’hélice m’en rapproche
Et j’aurai peut-être tout perdu en arrivant

Blaise Cendrars
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice d’Augustin de Saint-Aubin

Pour faire la paix avec sa mémoire

ouak

Alors que se tenait à Montréal entre le 4 et le 14 juin le Festival d’art public, Le tao du tagueur, le premier roman de Serge Ouaknine nous ouvre les portes d’un monde qui se fait en quelque sorte l’écho de cet événement, même s’il se déroule à Montpellier et autour, et même si les murs ne sont pas peints ici légalement.

Mettant en scène un graphiste publicitaire qui a choisi d’en finir avec la facilité en devenant tagueur et la fille d’un calligraphe chinois, passionnée par la langue française, Le tao du tagueur se déploie comme une murale, chaque scène répondant à une autre, dans une orgie de couleurs qui révèle la violence des sentiments.

Le hasard qui a mis en présence les deux protagonistes de cette histoire d’amour tout autant que de partage, d’apprentissage et d’initiation, ne cessera de se jouer d’eux d’un épisode à l’autre alors que se mêleront les souvenirs de l’un comme de l’autre, si différents à prime abord et pourtant presque frères ou, à tout le moins, parallèles.

Panda, fils d’un mineur du Nord et Leyli, rescapée des camps de rééducation des gardes de Mao, ont pourtant tout contre eux. Tout pour eux. Tout à apprendre. Tout à s’apprendre. Tout à inventer, à réinventer, et même à oublier. Pour faire la paix avec leur propre mémoire, avec celle des leurs, avec tout ce qu’ils ont acquis ensemble et séparément.

Des questions surgissement, plus importantes que tout. D’où vient-on? Où va-t-on? Les tags de l’un et les signes de calligraphie de l’autre proposeront des pistes, des indices, jamais de solutions. On ne va pas aux sources sans peine, sans larmes, sans déchirure. On n’entre pas au plus profond de soi sans bouleverser les bases de ce qu’on imaginait stable. On ne va pas au-delà des limites sans égratignures.

C’est cela que Panda et Leyli apprendront. Ou qu’ils tenteront de saisir à mesure que se profilera le tao du tagueur, ce chemin qui se tracera de lui-même comme une évidence, une raison, une règle à laquelle Panda ne pourra échapper.

Cela nous donne un magnifique roman.

Un roman envoûtant et poétique qui prolonge ces vers publiés en 1998 dans Poèmes transitoires :

Quand je t’ai rencontrée
je ne savais pas que je t’aimerais
j’ai cru que je serais sauf
que la fin viendrait par accident
simple efficacement par oubli
sans vainqueur ni victime
sans mémoire surtout
je ne savais pas
que tu resterais comme une asphalte
sur la grève en ressac de la marée

 

Texte publié dans

Matriochkas

Matriochkas

J’ai toujours été fascinée par les matriochkas, ces poupées-gigognes dont j’ai découvert l’existence grâce à une comptine bien avant d’en voir une pour vrai et d’en avoir.
C’est donc avec un sourire grand comme ça que j’ai accueilli cet envoi de Micha, en Sibérie.

Ce que mots vous inspirent 1468

BOTTING (Nick) - 4

L’accent du pays où l’on est né demeure dans l’esprit et le cœur, comme dans le langage. (François de La Rochefoucauld)

*toile de Nick Botting

Du côté de la Suisse 3

DE NAGY (Ernest)

Je rentre
au pays qui est le lien J’appelle
à la porte chaude Tu es là

Je reviens d’un long détour
pierre sèche terre engluée
d’autres pas entre les miens

parmi tous ces aveugles qui
t’ignorent
mais
je te sais là

dans ta mandorle de lumière
sous l’arc du soir
tendu

mon espérance

Paul Zumthor
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice d’Ernest De Nagy

Pois du désert

Pois du désert

Avant de recevoir cette carte de la part de Krystiina, je n’avais jamais entendu parler ou vu des pois du désert. Or, c’est la fleur emblématique de l’Australie méridionale.
Et elle est rouge, en plus!

Ce que mots vous inspirent 1467

DEMIDOVA (Olga)

La qualité d’un homme se calcule à sa démesure; tentez, essayez, échouez même, ce sera votre réussite. (Jacques Brel)

*illustration d’Olga Demidova

Du côté de la Suisse 2

BAPTISTE (Roejae)

Souvenir

Un long corridor, et le falot qui veille
Tout au fond sur le jardin.
La mémoire coud l’un à l’autre des noms chéris.
Ici nos ombres ont longtemps dormi
Des siècles peut-être…

Le vent du soir pousse la girouette
Vers la blessure des vallées.

À travers les miroirs ternis
Tu tiens la porte ouverte sur l’autre monde
Le temps d’un sanglot!

Jean-Georges Lossier
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice de Roejae Baptiste

Lucie, une création de Gwenaëlle

Robes et manteaux pour dames - collage de Gwenaelle Trolez

Je connais le travail de Gwenaëlle Trolez depuis un moment. Je lui ai même commandé des cartes et suis abonnée à son bulletin électronique. Mais c’est la première carte que je reçois de cette artiste que j’apprécie tant. Bonheur.