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Ce que mots vous inspirent 1470

BOWLES (Carrington)

Il y a des passions qui resserrent l’âme, il y en a qui l’agrandissent. (Blaise Pascal)

*illustration de Carrington Bowles

Du côté de la Suisse 7

ANCHER (Anna) - 3

J’aime le brouillard

J’aime le brouillard, tu le sais
Ses épaisseurs lumineuses
Ses taches de mort calme dans l’antre du jour

Et tu sais aussi que j’aime le brouillard parce qu’il me ressemble
À ce regret qui est en moi
Entre l’heure et les plis de la mémoire
Quand j’ai la vertu de regarder ma mort
Les claires ruines et tout l’après
Où je n’aurais plus de structure
Où il n’y aura plus de langage, plus de formes même ombreuses
Plus d’arête
aucune catégorie dans le vide
Aucun vide du vide
J’aime le brouillard de m’y faire réfléchir

S’il ressemble tant soit peu à ce destin défaisant mon heure
Dans le plaisir rieur de l’instant et du rien

Jacques Chessex
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice d’Anna Ancher

Les hibiscus de Monique

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Ils ne sont pas encore tout à fait épanouis, mais ils possèdent déjà la promesse de fleurs nombreuses et méritaient bien quelques photos.

Piggy Pears

J’adore les publicités d’une autre époque, celles qu’on appelle notamment « vintage ». Et celle-ci, envoyée de San Diego par Colleen, m’a tout de suite donné le goût de mordre dans une poire.

Ce que mots vous inspirent 1469

18TH CENTURY

Les idées seules forment le fond du style, l’harmonie des paroles n’en est que l’accessoire. (Georges de Buffon)

*toile d’un artiste inconnu du XVIIIe siècle

Du côté de la Suisse 6

ALCORN (Stephen) - 2

Chaleur

L’ombre du tilleul tourne dans la cour.
La fontaine fait un bruit de tambour.

Un oiseau s’envole du poirier; le mur
brûle; sur le toit brun et rouge,
la fumée d’un feu de bois bouge
contre le ciel tellement bleu qu’il est obscur.

On n’entend pas un bruit dans les champs;
personne n’est en vue sur la route;
seules dans le poulailler, les poules
gloussent encore, de temps en temps.

Puis plus rien qu’un arbre qui penche,
dans l’opacité de ses branches,
avec son ombre, de côté.
comme sous un poids qui L,accable;
et cet autre se laisser aller
en avant, comme un dormeur
qui a les coudes sur la table.

Charles-Ferdinand Ramuz
(dans La poésie suisse romande, anthologie de Claude Beausoleil)

*choix de la lectrice de Stephen Alcorn

En pays madelinot 10

SWAMINATHAN (Nithya) - 1

Mentrouiller : grignoter.

(extrait du glossaire Le sel des mots de Sébastien Cyr)

*toile de Nithya Swaminathan

En pays madelinot 9

HARDIN (Dave)

S’étarquer : faire des efforts, par exemple pour déplacer un objet lourd, faire tout son possible.

(extrait du glossaire Le sel des mots de Sébastien Cyr)

*toile de Dave Hardin

En pays madelinot 8

GARLAND (Charles Trevor) - 2

Le temps est couvert de queues de vaches : se dit d’un ciel couvert de nuages aux formes bizarres.

(extrait du glossaire Le sel des mots de Sébastien Cyr)

*toile de Charles Trevor Garland

En pays madelinot 7

EDWARDS (Herb) - 2

Raguenasser : radoter, revenir sur les mêmes choses.

(extrait du glossaire Le sel des mots de Sébastien Cyr)

*toile signée Herb Edwards