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Le thé du dimanche 8

HERMANN (Curt) - 1

Livres

Après de longues années,
Nous nus sommes retrouvés

Prenons un thé ensemble,
Relisons nos pages,
Car nous sommes tous un livre
Aux chapitres plus ou moins sages

L’un est un recueil de poèmes d’amour avec plein de fautes d’orthographe
L’autre est un feuilleton erroné dans l’ordre des paragraphes
L’un est un roman policier dont on n’a jamais trouvé le coupable
L’autre est un album de recettes pour gourmets totalement impraticables
L’un est une carte u monde où océans et monts ont changé de place
L’autre présente de gros tomes vides où l’on n’a laissé aucune trace

Cependant, nous devons continuer à écrire
Laissons-nous rire
Que ce thé soit réel ou illusoire
Nous allons le boire

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile de Curt Hermann

Le thé du dimanche 7

HEIMIG (Walter) - 9

Le thé est né

Quand tu accueilles un ami
avec des sentiments
simples et sincères
Tel un arbre fleuri
qui salue un cerf-volant
dans l’air
Tu prépares une infusion
avec respect et compréhension

Quand l’ami tend ses mains
pour recevoir le bol de parfum
Tel un écho de doux messages
s’élevant d’une vallée
d’orchidées sauvages

Le thé est né

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile de Walter Heimig

Le thé du dimanche 6

HAYNES (Inslee) - 11

Une tasse

Entre tous les champs ivres de floraison
J’ai cueilli une fleur

Entre le dédale des routes
Je marche sur un chemin

Entre les milliers d’espèces de thé
Je savoure une tasse

Parmi l’océan de gens
Je tiens ta main

Une douceur règne
Entre la naissance
et la disparition
du destin

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*illustration d’Inslee Haynes

Le thé du dimanche 5

HATFIELD (Don) - 5

Les vagues se hissent très haut
et retombent toujours dans la mer

Tu es parti très loin
et restes ancré dans mon cœur

Ta tasse est là
Même vide,
toujours pleine

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile de Don Hatfield

En vos mots 412

BEST (Mary Ellen) - 3

Livre à la main, elle se promène au milieu des tableaux accrochés dans la grande salle de l’Hôtel du Cheval d’Or à Francfort. La lectrice peinte par Mary Ellen Best collectionne-t-elle les tableaux? Affectionne-t-elle un genre ou un thème?

À vous de raconter, en vos mots, ce que la toile ne dit peut-être pas d’emblée, mais que vous avez senti, deviné, imaginé. Nous vous lirons dans sept jours, et pas avant, comme le veut l’habitude instaurée il y a près de huit ans.

D’ici là, laissez-vous porter par les histoires imaginées autour de la toile de dimanche dernier. Et profitez bien de cette semaine, surtout si vous êtes en vacances!

Le thé du dimanche 4

GORDON (Edward B.) - 87

Galette de fleurs de gingembre

Dehors
La neige blanche
écrit des lettres
dans le ciel

Dedans
Des galettes de fleurs de gingembre
couleur sable d’or
se lisent dans le thé noir

Tu es là
Bonheur

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile d’Edward B. Gordon

Le thé du dimanche 3

CARTER (John Michael) - 12

Écoute les paroles
d’un pot de terre cuite :

Je viens du sol profond
Où vivent racines,
Graines et minéraux
Dans l’obscurité
Les rêves scintillent en couleurs,
En attente d’un monde qui éclot

Dans ma nouvelle vie
Tu m’imprègnes
De toute ton existence
C’est pour toi
Que j’ai été créée
Mon âme ne peut être partagée

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile de John Michael Carter

Le thé du dimanche 2

BURYAK (Andrew) - 2

Dans une nuit froide
De loin arrive un ami
Je sors des tasses en porcelaine blanche
Et un éventail en plumes d’oie
Pour monter la flamme
De ce petit four

Prends cette tasse
La chaleur est passée de mes mains à toi
Que ce thé te réchauffe
Après le chemin glacial que tu as traversé

(extrait de Chants de thé du poète Chung-Hing)

*toile d’Andrew Buryak

Le thé du dimanche 1

BAUDAUX (Monique)

Mon amie Chantal m’ayant offert il y a quelque temps un magnifique recueil de poèmes dédié au thé, j’ai choisi ce premier jour de mars, alors que le printemps tarde à arriver, pour le partager avec vous. J’ai donc invité quelques lectrices à prendre le thé, en commençant par celle peinte par l’artiste belge Monique Baudaux.

Ensemble, nous savourerons les vers de Chants de thé du poète Chung-Hing. Notamment ceux-ci :

Le chant de thé

La vapeur de thé s’élève
tel le chant aérien
d’un tisseur de rêves

Il plane sur la vaste terre
ravagée par la guerre
Et survole la vallée
où s’entassent toutes ces amours brisées

Puis méandre au-dessus du fleuve
aux sables mouvants de l’existence
dans lequel ont sombré
tant de voiliers d’espérance

Il prie pour qu’une énergie nouvelle
Transcende la douleur
Et ramène la paix dans les cœurs

Ce chant, même frêle et léger
ne disparaît jamais
Il s’éloigne à l’infini
et se fond
avec le souffle au réveil
du premier rayon de soleil