le cœur étourdi
d’avoir en vain
fait le tour
de ses rêves
— jusqu’au matin
on se réveille
dans ses restes
un peu de fièvre
glaciale comme l’aube
à la place du cœur
Pierre Ouellet, Consolations
*choix de la lectrice de Friedrich von Amerling
le cœur étourdi
d’avoir en vain
fait le tour
de ses rêves
— jusqu’au matin
on se réveille
dans ses restes
un peu de fièvre
glaciale comme l’aube
à la place du cœur
Pierre Ouellet, Consolations
*choix de la lectrice de Friedrich von Amerling
Presque toujours, les cartes postales nous apprennent quelque chose ou nous poussent à faire des recherches. Comme celle-ci, envoyée d’Allemagne par Rainer. Le Colisée peint par Giovanni Battista Piranesi est une pure merveille en ce qui concerne les détails.
Or, mettre de l’avant certains détails était sa passion. On le croit volontiers.
mémoire
à bout de souffle :
bâillon qui se noue
au cœur
le silence où tu
retombes avec la nuit
sur le jour
— tu ne parles
qu’à ceux qui lisent
sur tes lèvres
le signe
jamais donné
d’anciens baisers que l’on t’enlève
— pensées volées
Pierre Ouellet, Consolations
*choix de la lectrice de Wilhelm von Schadow
C’est à bien autre chose qu’un roman policier conventionnel que nous convie David Bélanger avec Métastases. En effet, pour son premier roman, le jeune écrivain – il n’a que 25 ans – a choisi l’humour, le regard de biais et même la dérision pour mettre en scène une enquête qui dérive et dévie pour nous entraîner sur des chemins dont seuls certains nous sont connus.
Tout cela commence par le meurtre d’Éva Burns, jeune et jolie jeune femme délurée, à la réputation quelque peu douteuse, auquel nous assistons carrément, le narrateur ayant choisi de faire de nous des témoins quelque peu voyeurs d’ébats qui se terminent abruptement.
À coups de « vous » qui s’adressent au lecteur, alors que nous devenons les presque complices de ce qui vient de se passer sous nos yeux, le narrateur installe peu à peu son décor, choisit les acteurs et prépare sa mise en scène. Il y a, bien entendu, des enquêteurs plus vrais que vrais – en quelque sorte calqués sur ceux que nous retrouvons dans les polars de la Série noire ou dans certaines séries télévisées de l’époque où le « politiquement correct » n’était pas à la mode – que l’auteur désigne comme « le grand mentor » et « l’idiot sentimental ».
Il y aussi des indices qui ne mènent nulle part, des pistes imposées par la peur et l’esprit de plus en plus troublé par un cancer du cerveau dont les métastases se propagent partout, des moindres détails aux mécanismes criminels habituels dont on croit saisir le sens. Jusqu’à ce que tout se brouille, jusqu’à ce que l’enquête piétine tellement que le lecteur se demande si c’est là le sujet du roman ou bien autre chose qu’il est en train de découvrir au fil des pages.
Pas étonnant donc, dans ces conditions, que le lecteur et que l’enquête piétinent. Mais non sans occasionner un plaisir croissant pour le lecteur. Le ton, les jeux de mots, les clins d’œil faits à la littérature (pas juste aux romans policiers), les presque caricatures que sont les policiers de service, dont un des deux s’appelle Guy Descars, tout cela concourt à faire de Métastases un roman solide, presque brillant, même si pas vraiment un roman policier, ce à quoi s’attendait le lecteur.
Au fond, il n’est pas si important (ni grave) que le lecteur referme le premier roman de David Bélanger avec l’impression de s’être fait avoir parce qu’il a davantage assisté à un combat d’idées et de mots qu’à l’arrestation d’un criminel. Il y a, avouons-le, un côté jubilatoire à se faire avoir quand c’est fait avec habileté.
Vous connaissez mon amour pour les tulipes. Je vous en ai fait part plus d’une fois au fil des dernières années. Pas étonnant que Maud m’ait fait parvenir des Pays-Bas cette tulipe photographiée par Arnold Voordewind. Et rouge, de plus.
Je suis aux petits oiseaux.
la vérité dort
à l’ombre des voix
venues au monde
par les yeux : la source
d’en-bas
comme vont au bois
les promeneurs d’âmes
que leur ombre égare
au milieu du jour
Pierre Ouellet, Consolations
*choix de la lectrice de Vaclav Vytlacil
Il n’y a qu’un aventurier au monde, et cela se voit très notamment dans le monde moderne : c’est le père de famille. (Charles Péguy)
*toile de Vera Gindinblat
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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