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Ce que mots vous inspirent 1103

STEFANELLI (Giuseppe)

Je crois que la poésie est quelque chose qu’on sent, et si vous ne sentez pas la poésie, la beauté d’un texte, si un récit ne vous donne pas l’envie de savoir ce qui s’est passé ensuite, c’est que l’auteur n’a pas écrit pour vous. (Jorge Luis Borges)

*toile de Giuseppe Stefanelli

Les ombres lasses 3

L’ombre rassurée
n’interroge plus le monde

Je laisse au souvenir
le désir de la fuite

Ne me traverse plus
que ce que j’abandonne

Quand chaque parole
aura bu son image
serrons-nous
cette lumière tant cherchée

Jean-Marc Lefebvre, Les ombres lasses

*choix de la lectrice d’Yvonne Delisle (dont toute trace a disparu)

Le totem de la rue Crescent

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Celui de l’artiste Antonio Grediaga Kieff. Un artiste à découvrir.

Ce que mots vous inspirent 1102

COCCHI (Ennio) - 1

Chaque âme devient ce qu’elle contemple. (Plotin)

*toile d’Ennio Cocchi

Les ombres lasses 2

La poésie est un fracas
marée jetée
sur les pierres du temps

Imagine un souffle
chargé de pluie
balayant les idées mortes

Reste la fracture
des certitudes
un regard absolu
devant une écuelle vide

Jean-Marc Lefebvre, Les ombres lasses

*choix de la lectrice de Marie Seymour Lucas

Beaucoup d’humour ne suffit pas

cher t

Il y avait quelque chose de frais et de divertissant dans Désespérés s’abstenir, le premier roman d’Annie Quintin, paru en 2011. Quelque chose qui avait réussi à séduire la non-lectrice de chick lit que je suis, si bien que je l’avais lu d’une traite.

La suite, Cher trou de cul, est d’un tout autre registre. L’humour est toujours là, mais il a la saveur du déjà goûté. Quand débute le roman, Clara la chasseuse de têtes vient d’être larguée par son beau musicien qu’elle considérait comme l’homme de sa vie. Et par Internet, en plus! Inutile de préciser que Clara prend très mal la chose (vous l’aurez sans doute deviné grâce au titre).

Vous découvrirez le reste au fil des pages alors que la fille décidée, croisée dans Désespérés s’abstenir, cesse d’être un battante. Pour une histoire qui a duré 72 jours. Pas plus. Si bien que ce personnage qui m’avait plu m’a profondément agacée ici, malgré le talent d’Annie Quintin quand il s’agit de raconter la course à l’homme parfait.

Quand tout ce qu’on voudrait, c’est qu’il ne soit plus son point de repère, son unité de mesure à laquelle tous les autres se trouvent immanquablement comparés en n’étant pas à la hauteur, en n’étant qu’une infime fraction de l’original, affirme Clara, laquelle ne cesse de basculer entre l’envie de détester Damien et de lui dire sa façon de penser et celle d’espérer son retour.

Cela donne lieu à des courriels commençant par « Cher trou de cul » qu’elle n’envoie jamais et à la création d’une quantité de profils sur un site de rencontres, car Clara a l’intention de ne pas faire partie des laissées pour compte très longtemps. Mais les désespérés du premier tome sont toujours vivants et plus nombreux que jamais, d’où sa grande entrée sur les médias sociaux, pensant (re)trouver là un cercle de gens avec qui elle aura des atomes crochus.

En fait, Clara ne sait plus où se jeter. Elle n’est qu’une désespérée de plus qu’on voudrait brasser un peu afin qu’elle redevienne elle-même et cesse d’être cette fifille agaçante.

Le roman d’Annie Quintin ne manque pourtant pas d’humour et l’auteure a le sens du rythme, des situations et des dialogues. Les amatrices du genre devraient donc y trouver leur compte malgré les longueurs, l’interaction entre les deux voix narratives (celle de Clara et celle de l’auteure) qui manque de cohésion, les allers et retours dans le temps qui donnent lieu à des redites et quelques clichés qui ont la vie dure.

Texte publié dans

Tableaux d’une exposition

bella

S’est terminée hier au Musée des beaux-arts de Montréal la magnifique exposition Splendore a Venezia : art et musique de la Renaissance au Baroque à Venise. L’occasion d’aborder cette ville qui fait rêver certains (dont moi) par des tableaux, notamment celui de Gabriel Bella (1730-1799), Vue des magnifiques décors et illuminations du Teatro San Samuele. D’instruments de musique. De partitions. D’extraits filmés d’opéra. De vêtements. D’une gondole. Et de l’Autoportrait au madrigal de la Tintoretta (1560-1590) que je rêvais de voir.

Maintenant, je rêve encore plus de voir Venise.

tintoretta

Ce que mots vous inspirent 1101

ROCKWELL (Norman) - 10

Le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir. (Arthur Schopenhauer)

*illustration de Norman Rockwell

Les ombres lasses 1

Je voyage ainsi
présent à ce qui échappe
monte à l’assaut
de l’effroi

Une tristesse ancienne
se défait d’un seul coup
de hanches

Je t’aimerai encore
demain

Jean-Marc Lefebvre, Les ombres lasses

*choix de la lectrice d’Antonio Castillo Caparrós

Un peu de jazz manouche 12

HEDLEY (Paul) - 3


Christine Tassan et les Imposteures, Vuelvo al sur (album C’est l’heure de l’apéro)

*toile de Paul Hedley