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Un dimanche acrobatique 6

On doit apprendre aux enfants
À placer bien comme il faut
Les lettres dans les mots
Mais la reine Ortho
N’a pas toujours l’air rigolo
Quand elle impose un h
À Mathilde, Chloé
Ou Thomas
Non, elle ne plaisante pas!

extrait de Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau

*toile de Marlene A. Boonstra

Un dimanche acrobatique 5

Dans les bras du vent
Il y a un enfant
Qui parcourt les lacs et les océans
Dans les bras du temps
Il y a une maman
Qui sème doucement
Les graines des serments

extrait de Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau

*toile de James Tissot

En vos mots 318

Vous avez été plus d’un à vous laisser tenter par la scène livresque de dimanche dernier. Puisse celle-ci, imaginée par l’illustrateur Robert Wagt, inspirer envosmotistes aguerris ou occasionnels, et même décider certains qui hésitent encore à le faire, à tenter l’expérience.

Il suffit pour cela d’écrire à partir d’une image. Une courte nouvelle, un poème, une seule phrase. Et de déposer vos mots ici avant dimanche prochain, 8 h, heure de Montréal, alors que seront validés les commentaires reçus d’ici là et qu’une autre toile sera accrochée.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche acrobatique 4

Ti amo
Dit le perdreau
Moi aussi
Dit la perdrix
Te quiero
Dit le corbeau
Moi pas
Dit l’asticot
Je t’aime
Dit l’hirondelle
C’est l’essentiel
Répond Marcel

extrait de Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau

*toile de September McGee

Un dimanche acrobatique 3

Assis sous un très vieux pommier
Un enfant sort de son tablier
Des baisers qui s’envolent et un joli plumier
Sur l’une des basses branches
Un drôle d’oiseau vient se poser
L’enfant lui parle en ouvrant son cahier
L’oiseau plonge son bec dans l’encrier
Les mots roucoulent sur le papier
J’aimerais tant que mes poèmes vous plaisent
Chuchote l’enfant au regard de braise
Je peux en écrire soixante-treize
Rien qu’en parcourant la Corrèze
À cheval sur une petite chaise!

extrait de Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau

*toile signée Hovsep Pushman

Un dimanche acrobatique 2

Mouche
Moucherolle
Moucheron
Sautille
Sautilleront
Sur les ailes vermillon
D’une famille papillon

extrait de Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau

*toile de Yakov Kozlov

Un dimanche acrobatique 1

En ce dimanche de la fête des Mères, quelques jeunes lecteurs ont choisi de partager avec leurs mères quelques poèmes, en commençant par la jeune lectrice peinte par William Henry Snyder. Ils viendront donc les uns après les autres lire pour les mamans quelques-uns des Petits poèmes acrobatiques d’Anne-Zoé Vanneau en commençant par celui-ci :

Un lama
Perdu au pays des grands froids
Glisse en pyjama à pois
Sur une plaque de verglas
Quel beau panorama
S’exclame marin Boa
Du haut de son trois-mâts!

Heureuse fête des Mères!

À toutes les mamans et grands-mamans raconteuses d’histoires qui donnent à l’enfance ses plus beaux souvenirs, une heureuse fête des Mères!

*illustration de Paola Pappacena

Les vers de Claire 2

Un soir je partirai seule
rendre à la nuit mon cœur de craie
j’échangerai l’or des chemins
contre un ciseau d’argent
pour découper les siècles
je partirai
et je ne me souviendrai plus d’avoir
un jour été ici

Claire Genoux, Poèmes 1997-2004

*choix de la lectrice de Marius de Buzon

Moineau, la petite libraire

Moineau, la petite libraire, le roman écrit par celle qui signait T. Trilby, a plus de trois quarts de siècle. C’est en effet en 1936 qu’a paru ce roman destiné aux jeunes qui raconte les aventures de Marie-Antoinette, dite Moineau, douze ans, qui doit faire face avec courage à un changement de vie. Son père, un banquier, vient de perdre toute sa fortune à cause de la crise. Il ne lui reste plus rien, ni appartement luxueux, ni meubles, ni voiture, et encore moins de château pour les vacances d’été. Sans la générosité de son cousin que ses enfants appellent « oncle Christophe », qui accepte d’héberger les siens, Moineau, ses parents et ses deux frères seraient à la rue. Mais ce n’est pas de bon cœur que l’oncle se porte au secours de membres de sa famille, mais parce qu’il se sent obligé de le faire, ceux-ci n’ayant pas d’autres parents.

Le père de Moineau est envoyé au Canada pour trois ans afin de diriger un obscur chantier de bois tandis que femme et enfants essaient de s’habituer à leur nouvelle vie. Plus de bridge et de théâtre pour maman. Plus d’Anglaise pour s’occuper des garçons. Plus de leçons privées à domicile pour Moineau. Et aucune indépendance puisqu’ils ne sont pas chez eux. Jusqu’à ce qu’une proposition se présente laquelle leur permettra de voler de leurs propres ailes. La maman de Moineau a accepté d’acquérir la librairie de la sœur de Mademoiselle, qui donnait des leçons à Moineau, car celle-ci veut prendre sa retraite. Et ce, même si elle n’a jamais travaillé de sa vie, même si elle ne connaît rien au monde du livre et à la papeterie. Même si mère et enfants vont se trouver plus à l’étroit que jamais.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, alors que Moineau et ses frères profitaient enfin du bonheur d’avoir une maman à eux, disponible, même si elle travaillait beaucoup, celle-ci es opérée de toute urgence pour une appendicite, ce qui sera pour Moineau l’occasion de montrer à tous à quel point elle es débrouillarde. C’est d’ailleurs avec fierté qu’elle ouvrira ses livres quand l’oncle Christophe se déplacera afin d’en savoir plus. Il faut dire qu’il a une certaine affection pour Moineau, car elle a du caractère et lui fait penser à celui qu’il était plus jeune. À tel point qu’elle finira par changer le malcommode en bonhomme sympathique.

Moineau, la petite libraire finit bien, vous l’aurez compris. Mais le roman risque de ne plus intéresser quiconque aujourd’hui. Il a trop pris de rides. Les enfants d’aujourd’hui ne pourront s’intéresser à un roman qui met en scène des enfants qui prient et une gamine de douze ans qui tient boutique au lieu d’aller à l’école. Bien sûr, le livre est pétri de bonnes intentions. C’était de mise au moment de la publication.

N’empêche, Moineau est attachante. Et malgré le fait que le livre ait mal vieilli, vous vous attacherez à elle. Et vous ne pourrez que vous réjouir de la fin. Et moi, je me réjouis d’avoir enfin lu ce classique de la littérature pour enfants. Même s’il a plein de défauts et qu’il est irréaliste.

Titre pour le Challenge « Le nez dans les livres »