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Un dimanche lumineux 7

Dans les heures de calme, l’ennui peut être un bienfaiteur : il devient le régulateur de la pensée et souvent sa lumière. (Augusta Amiel-Lapeyre)

*toile de Viktor Efimovich Popkov

Un dimanche lumineux 6

Le vers doit être à la fois transparent et fluide; il faut qu’il laisse passer la lumière et qu’il coule. (Louise Ackermann)

*toile de Linda Hillringhouse

Un dimanche lumineux 5

L’esprit est un flambeau dont la douce lumière
Ne doit point offusquer les regards qu’il éclaire
.
(Charles-Albert Demoustier)

*toile de Giorgio Kienerk

En vos mots 233

Dimanche 8 heures, heure de Montréal, au pays de Lali, cela signifie bien évidemment l’accrochage d’une nouvelle toile qui sera offerte à vos mots.
Faire vivre une toile, prêter vie à ses personnages, imaginer une scène, voilà ce que vous faites depuis plus de 200 semaines, juste pour le plaisir de le faire et de partager avec nous vos écrits.

Puisse la toile de l’artiste tchèque Karel Šim?nek, connu notamment pour les affiches qu’il a réalisées pour le théâtre, vous inspirer.
À dans sept jours pour la suite, alors que tous vos commentaires seront validés d’un coup.

Un dimanche lumineux 4

Les passions ferment tous les yeux, bouchent toutes les oreilles, et ne laissent pas le plus petit passage ouvert à la lumière et à la raison. (Louis-Philippe de Ségur)

*toile signée Henri Lebasque

Un dimanche lumineux 3

La vie, c’est d’abord un vif flamboiement de rêves, puis une terne lumière faite de ternes heures, jusqu’à ce que la vieillesse amène à nouveau le vif flamboiement. (William Butler Yeats)

*toile de Delphin Enjolras

Un dimanche lumineux 2

La couleur n’est pas au dehors. Elle est en soi. Seule la lumière est dehors. (Maxence Fermine)

*toile de Nello Iovine

Un dimanche lumineux 1

Avec l’automne arrivant cette semaine, le nombre d’heures d’ensoleillement va peu à peu se réduire jusqu’au 21 décembre, ce qui nous fera allumer nos lampes plus tôt et nous lever en pleine noirceur. C’est pourquoi, aujourd’hui, le temps de dix toiles, en commençant par celle de George Clausen, il sera question de lumière, au sens propre comme au figuré.

Car, comme l’a exprimé Malek Chebel : Nous ne sommes que des trajectoires, nous sommes comme des lumières dans la nuit, qui rapidement s’éteindra.

Quelques poèmes de Coppée 2

bonnier-eva-3.jpg

Un rêve de bonheur qui souvent m’accompagne,
C’est d’avoir un logis donnant sur la campagne,
Près des toits, tout au bout du faubourg prolongé,
Où je vivrais ainsi qu’un ouvrier rangé.
C’est là, me semble-t-il, qu’on ferait un bon livre.
En hiver, l’horizon des coteaux blancs de givre;
En été, le grand ciel et l’air qui sent les bois;
Et les rares amis, qui viendraient quelquefois
Pour me voir, de très loin, pourraient me reconnaître,
Jouant du flageolet, assis à ma fenêtre.

François Coppée, Promenades et intérieurs

*choix de la lectrice d’Eva Bonnier

De bouche à bouches

C’est avec De bouche à bouches que j’ai fait connaissance avec la plume et l’imagination de la Lyonnaise d’origine, Chantal Pelletier, que j’ai d’abord pensée Québécoise à cause de son nom, Pelletier étant chez nous un patronyme des plus courants.

Ma méprise réparée grâce aux renseignements glanés ici, je me suis plongée dans De bouche à bouches avec gourmandise. Le roman de Chantal Pelletier réveille papilles comme pupilles avec ses descriptions de plats qui réveillent les sens et mettent en appétit alors que l’héroïne, une photographe plus proche de la petite fille que de la femme malgré ses trente ans dépassés, tente de retrouver le goût. Non pas le goût pour la vie ou pour quelque chose en particulier mais bien le goût tout court, celui des aliments, celui qu’elle a perdu à la suite d’un accident.

Guidée par son nez, elle part au bout du monde cueillir des odeurs et titiller son palais afin que sa langue puisse un jour reconnaître ce que sa mémoire n’a pas oublié. Là-bas, loin de tout, de tous, elle apprendra les rudiments de la cuisine, le velours d’une sauce, la teinte d’une viande cuite à la perfection, les épices, les couleurs, les mariages heureux qui délecteront ceux qu’elle s’appliquera à nourrir.

Elle qu’on a toujours alimentée, qui ne s’était jamais vraiment intéressée à la préparation mais seulement au résultat, va, parce qu’elle a perdu le sens des saveurs et des nuances, entrer dans un monde où la sensualité a une place bien plus grande qu’elle n’avait pu l’imaginer. De bouche à bouches parle du plaisir enfui, remplacé par un plaisir enfoui qui s’étale au grand jour. Un livre qui attise l’appétit et la curiosité culinaire, et qui révèle une auteure qui a le sens des descriptions. Un voyage à travers les sens, voici, entre autres, ce que propose le roman de Chantal Pelletier que je recommande vivement.