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Avec Desnos 2

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C’est la lectrice peinte par Anna Claypoole Peale qui a parcouru ce soir Corps et biens du poète de Robert Desnos. Non sans émotion, surtout quand elle a lu ces lignes :

Si tu savais

Loin de moi et sensible aux étoiles, à la mer et à tous les accessoires de la mythologie poétique,
Loin de moi et cependant présente à ton insu,
Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t’imagine sans cesse,
Loin de moi, mon joli mirage et mon rêve éternel, tu ne peux pas savoir.
Si tu savais.
Loin de moi et peut-être davantage de m’ignorer et m’ignorer encore.
Loin de moi parce que tu ne m’aimes pas sans doute ou, ce qui revient au même, que j’en doute.
Loin de moi parce que tu ignores sciemment mes désirs passionnés.
Loin de moi parce que tu es cruelle.
Si tu savais.
Loin de moi, ô joyeuse comme la fleur qui danse dans la rivière au bout de sa tige aquatique, ô triste comme sept heures du soir dans les champignonnières.
Loin de moi silencieuse encore ainsi qu’en ma présence et joyeuse encore comme l’heure en forme de cigogne qui tombe de haut.
Loin de moi à l’instant où chantent les alambics, à l’instant où la mer silencieuse et bruyante se replie sur les oreillers blancs.
Si tu savais.
Loin de moi, ô mon présent présent tourment, loin de moi au bruit magnifique des coquilles d’huîtres qui se brisent sous le pas du noctambule, au petit jour, quand il passe devant la porte des restaurants.
Si tu savais.
Loin de moi, volontaire et matériel mirage.
Loin de moi, c’est une île qui se détourne au passage des navires.
Loin de moi un calme troupeau de bœufs se trompe de chemin, s’arrête obstinément au bord d’un profond précipice, loin de moi, ô cruelle.
Loin de moi, une étoile filante choit dans la bouteille nocturne du poète. Il met vivement le bouchon et dès lors il guette l’étoile enclose dans le verre, il guette les constellations qui naissent sur les parois, loin de moi, tu es loin de moi.
Si tu savais.
Loin de moi une maison achève d’être construite.
Un maçon en blouse blanche au sommet de l’échafaudage chante une petite chanson très triste et, soudain dans le récipient empli de mortier apparaît le futur de la maison : les baisers des amants et les suicides à deux et la nudité dans la chambre des belles inconnues et leurs rêves à minuit, et les secrets voluptueux surpris par les lames de parquet.
Loin de moi,
Si tu savais.
Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas, comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.
Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin-de-moi, à qui je suis soumis.
Si tu savais.

Une héroïne mal servie par son récit

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Les livres sur la Résistance, sur ceux qui en ont fait partie, sur ceux qui sont morts au nom de la liberté, sur ceux qui toute leur vie ont porté les traces de cette époque pourraient à eux seuls constituer une bibliothèque immense. Tous n’ont pas le même intérêt. Non que le sujet n’en vaille pas la peine, mais parce que le travail d’édition a été bâclé.

Tel est le cas de Même les bourreaux ont une âme, écrit par Maïti Girtanner en collaboration avec Guillaume Tabard. Verbes mal conjugués, participes passés mal accordés, confusion dans les dates, des détails agaçants pour le lecteur qui voudrait plonger dans un récit bien écrit et qui est dérangé par ceux-ci.

Et pourtant, ce qu’a vécu Maïti Girtanner, grâce à son passeport suisse, lors de la Seconde Guerre Mondiale, montre sa détermination et son courage alors qu’elle n’avait que 18 ans. Et de ça, on ne peut en douter une seule seconde.

Mais le livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes et se révèle bien davantage le récit d’une croyante qui a pardonné à son bourreau. Un bourreau dont on se demande bien comment il a pu la retrouver quarante ans plus tard, détail qui constitue un de mes agacements… pour ne nommer que celui-là.

L’écureuil photogénique

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Comme il a été de toutes nos pauses durant ces deux jours de réunion à la maison du Pressoir, il a posé pour la postérité!

Bonnes vacances Chantal!

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Puisses-tu trouver en Bretagne un ou deux réverbères tout aussi charmants que celui que Denise a photographié à Chamonix! Et aussi quelques volets bleus, des librairies, tout ce que tu aimes, quoi!

La suggestion du 24 septembre 2010

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Si la lectrice peinte par George Henry Boughton a des goûts semblables à ceux d’Armando, nul doute qu’elle aimera cette photo!

Chat chercheur

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Mais Armando qui le surveillait ne m’a pas dit ce qu’il cherchait!

Ce que mots vous inspirent 239

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Plus nous sommes différents, plus c’est agréable de nous aimer. (Olaf Stapeldon)

*toile de Lucas Cranach l’Ancien

Rue du Pressoir

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Ils veillent sur les visiteurs du parc de l’Île-de-la-Visitation et des environs!