
On pourrait reprocher au réalisateur Luc Dionne d’avoir éludé certains détails lorsqu’il s’est attaqué à L’enfant prodige : L’incroyable destinée d’André Mathieu. Des détails qu’on peut trouver en fouillant la toile, mais qu’il aurait été heureux de voir mentionnés dans le film; le fait que son père Rodolphe Mathieu est une figure importante de la musique canadienne et que sa mère était violoniste, entre autres. (Peut-être suis-je plus sensible que d’autres à ceci parce que la rue Rodolphe-Mathieu est près de chez moi?)
Malgré ces « oublis », le film de Luc Dionne est une belle réussite. Les comédiens sont habilement dirigés et la performance de Patrick Drolet dans le rôle du compositeur André Mathieu est renversante.
André Mathieu fait partie de ces figures qui ont brillé au firmament et qui ont fini par s’éteindre. Et pourtant, je me souviens qu’en 1976, à l’occasion des Jeux olympiques de Montréal, Vic Vogel avait arrangé les partitions de son ami afin d’en faire la musique d’ouverture de ceux-ci et que j’ai tellement aimé celle-ci que j’ai acheté le 33 tours.
André Mathieu n’était donc pas tout à fait un inconnu pour mes oreilles. Mais son parcours de Mozart québécois jusqu’à la déchéance m’était inconnu. Je ne savais qu’une chose : qu’il était mort oublié de presque tous en 1968.
Il y aurait eu beaucoup de choses à raconter sur André Mathieu, sur sa vie, sur ceux qu’il a côtoyés, sur ses compositions, tellement de choses qu’il a bien fallu au réalisateur faire des choix. C’est ce que j’ai fini par comprendre à force de lire sur le sujet depuis que j’ai vu le film. Un film qui met en lumière le compositeur qui voulait tellement être considéré comme tel et non pas seulement comme un pianiste, comme il le dit à Arthur Honegger au bout d’un an sous sa gouverne.
Un film dont vous pouvez visionner la bande-annonce ici, laquelle vous donnera l’occasion d’entendre le pianiste Alain Lefèvre qui a décidé de redonner la place qu’elles méritent aux compositions d’André Mathieu.
Un film dont on sort un peu triste, tout de même. Avec plein de « si » en tête… qui auraient peut-être changé le sort d’André Mathieu.
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