La nouvelle barre du jour, qui s’est d’abord appelée La barre du jour, a cessé d’exister en 1990, vingt-ans après son premier numéro. Et pendant des années, j’ai été abonnée à cette revue littéraire, si bien qu’il n’est pas étonnant que la lectrice peinte par Marcel Dyf en ait trouvé quelques exemplaires au milieu des piles sur la table, destinées aux lectrices du soir. C’est le numéro de février 1983 intitulé Écritures 1983 qui a retenu son attention, et particulièrement ce poème :
Max Escher
Au bas du paysage
le canal revenait à sa source,
était-ce dérision
ou la promesse
que l’être se retrouve
étale au cœur
de ses ascensions et de ses chutes?
Le visage des pères
était toujours beau
bien que délavé par l’angoisse
des démolitions, des muscles
atrophiés, des pages
blanches sur la face cachée
des écritures. Chaque printemps
les idées impérissables
tombaient en poussière.
J’écris cela
dans les ténèbres de l’avenir
lancées comme une rumeur
au-dessus de ma table
devant une fenêtre
qui donne sur d’autres fenêtres
dans le mur d’en face.
(Pierre Nepveu)










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