je garderai au chaud
le moindre souvenir
même ceux
qui peu à peu
de ta mémoire
s’envolent
tous
je les conserverai
contre mon cœur
(avril 2010)
*toile de Gaspare Vitteleschi degli Azzi
je garderai au chaud
le moindre souvenir
même ceux
qui peu à peu
de ta mémoire
s’envolent
tous
je les conserverai
contre mon cœur
(avril 2010)
*toile de Gaspare Vitteleschi degli Azzi
Peu de bonheurs égalent ce moments où je retrouve ma table de travail où s’empilent livres, stylos, notes éparses et cahiers. Parce qu’est là mon univers, cette vie où je pose mes pas, mes mots, où j’existe hors du temps et des autres. Parce que sans lui, je n’existe pas.
*sur une toile de Susan Ryder
Même si je ne fais pas partie de ces inconditionnels de l’écrivain Michel Tremblay qui attendent chacun de ses livres avec une impatience démesurée dès qu’il est annoncé, il est une phrase de lui fort connue que j’aime bien paraphraser à ma manière et qui dit ceci :Tu peux sortir la fille de l’est mais pas l’est de la fille!
Dans mes mots, cela devient : Tu peux sortir une libraire d’une librairie, mais tu ne peux pas sortir la librairie d’une libraire! Et c’est à cette phrase « arrangée » que je pensais samedi soir dernier après une petite virée à la librairie Henri-Julien, une véritable caverne d’Ali Baba où je me suis sentie comme un poisson dans l’eau, même si je n’y avais pas mis les pieds depuis quelques années.
Michel Lefebvre, qui connait son fonds et qui aime les livres à la folie — prenez le temps de lire cette entrevue avec lui pour vous en convaincre — vous accueille avec gentillesse et ne vous demande pas ce que vous cherchez toutes les cinq minutes. Mais si d’aventure vous avez envie de lui piquer une jasette, surtout que l’endroit se prête à la chose, vous découvrirez un homme érudit et passionné.
Il y a dans cette librairie minuscule des livres jusqu’au plafond, des piles partout, des sections qui débordent. Le lieu est exigu et on ne peut pas tenir à deux dans certains recoins. Mais quel bonheur de constater qu’il y a dans cet antre dédié au livre ancien un véritable respect pour les livres, ce qu’on ne trouve plus dans les librairies de livres neufs qui ne servent que d’étalage entre des allers et retours entre les distributeurs et celles-ci. Ce qui me fait dire que si un jour dans ma vieillesse je redevenais libraire je ne vendrais pas de livres qui viennent de paraître, mais bien des livres qui ont vécu.
Si la lectrice de l’artiste Tatiana Alexandrovna Oranskaya va lire ce texte, je crois qu’elle sera, comme moi, très émue.
Puisse Armando qui part aujourd’hui pour l’Algarve trouver quelques lecteurs à se mettre sous la dent partout où il s’arrêtera, notamment dans les aéroports, comme lors de ce cliché qu’il a pris à Barcelone avant de rentrer à Bruxelles.
Vous aviez tant aimé les photos des ombres sur l’eau prises par Chantal il y a quelque temps que je ne peux résister à la tentation de vous en offrir d’autres…
Ils sont là depuis si longtemps que les mauvaises herbes finiront par les couvrir… à moins qu’eux aussi disparaissent dans la revitalisation du Quartier des spectacles.
La lectrice du peintre de Calgary Craig Robertson a ouvert Personne n’a trouvé d’angle à la beauté de Robbert Fortin un peu au hasard. Sans savoir que ces mots la toucheraient :
Laisse les mots être
Tu veux dépoussiérer ce qui traîne
depuis longtemps tu t’éparpilles
comme sables secs
dans conflit de tendances
saletés ça s’imprègne partout
jours moches collent à guenille sale
tu pirouettes comme l’homme mordant
la poussière dans une vie en location
connais-tu autre chose que forces brutes
affaiblies par agitations
du ça du moi du surmoi
relève la tête mets la hache
dans cette léthargie de faïence
ça suffit expire pour voir
si quelqu’un te réclame
détermine tes priorités
comme l’oiseau prêt à chanter
sur l’arbre desséché
vivre dans la lumière exige
de tuer toutes les guerres en toi
sors de la bulle et mange tes étoiles mortes
tu la connais bien la fragilité
sois neuf et nu devant tes chantiers de travail
laisse les mots être
(Montréal)
Certains passages m’ont émue. D’autres m’ont semblé longs et répétitifs. Malgré de belles images, malgré l’attendrissement du narrateur pour ce pays, Haïti, où il « rentre » après plus de trente d’exil, malgré son regard sur l’immuable des choses et sa désillusion face aux changements qui à ses yeux semblent n’avoir rien bouleversé, du moins profondément.
Et pourtant, la critique est unanime quand il s’agit de L’énigme du retour de Dany Laferrière. À un point tel que je me sens presque coupable de déposer ici et là quelques bémols. Mais je n’ai pas eu ce coup de cœur que d’autres ont eu. Je n’ai pas vibré comme certains ont vibré.
Est-ce l’écriture en vers qui m’a empêchée d’aller plus loin que la surface des choses? Est-ce la façon de raconter de l’auteur? Est-ce autre chose?
Je sais juste que j’aurais voulu être touchée davantage. Surtout par les mots. Mais les transitions de la narration factuelle à de trop rares passages un peu plus lyriques m’ont laissée sur ma faim, alors que c’est dans cette forme que l’auteur s’exprime le mieux.
Peut-être attendais-je trop de ce livre? À moins que je ne sois passée à côté de l’essentiel?
Je retiendrai tout de même ceci :
Toujours trop d’espoir devant soi.
Et trop de déceptions derrière soi.
La vie est ce long ruban
qui se déroule sans temps mort
et dans un mouvement souple
qui alterne espoir et déception.
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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