Il y a toujours de quoi lire chez Clémentine, ai-je envie de dire au lecteur de Vasily Zhukou (dont toute trace a disparu). Peut-être devriez-vous aller faire un tour chez elle?
Il y a toujours de quoi lire chez Clémentine, ai-je envie de dire au lecteur de Vasily Zhukou (dont toute trace a disparu). Peut-être devriez-vous aller faire un tour chez elle?
À voir tous ces titres, toutes ces ouvertures qui mettent en scène des lecteurs, je comprends pourquoi Armando est allé deux fois examiner cette vitrine afin de nous la faire découvrir!
Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant comme les oiseaux sur les épaules de saint François d’Assise. (Milan Kundera)
*toile de Friedrich Heinrich Füger
Non, l’été n’est pas arrivé au cours de la nuit et ce n’est pas aujourd’hui que j’irai pieds nus au travail. Mais rien ne m’empêche de rêver et de m’imaginer dans un décor peint par Lisa Hannaford jusqu’à ce qu’il me faille partir affronter l’hiver…
Comme les autres, la lectrice peinte par Mary Ferris Kelly a été sous le charme des mots du grand Goethe. Encore plus quand elle a lu ceci :
Pensées nocturnes
Que je vous plains, astres infortunés,
Si beaux pourtant et d’un si grand éclat,
Qui éclairez le marin en détresse,
Sans récompense et des dieux et des hommes :
Car vous n’aimez, n’avez jamais aimé.
Au vaste ciel, des heures éternelles
Irrésistiblement mènent vos rondes.
Et quel périple avez-vous parcouru,
Depuis qu’étant dans les bras de l’aimée,
Vous et Minuit, je vous ai oubliés!
L’écrivain portugais José Maria de Eça de Queirós est souvent comparé à Balzac, à Flaubert ou à Zola (qu’il a rencontré à Paris en 1885), parce que c’est à lui qu’on doit l’entrée du naturalisme à la française dans la littérature portugaise.
La relique, un de ses premiers romans, raconte le parcours d’un jeune orphelin, pris en charge par une tante riche et bigote, devant laquelle il fait toutes les courbettes, se prétendant même le plus pieux des hommes, parce qu’il se voit déjà l’héritier d’une fortune qu’il compte acquérir au prix de sa bonne conduite. Inutile que la vieille tante sache vraiment de quoi il retourne, puisqu’il arrive à mener une double vie dont elle n’a pas connaissance.
Elle le croit donc si pieux, si épris de toutes les bondieuseries du monde, que pour le récompenser et s’acheter le paradis à sa fin de ses jours, elle envoie son neveu se recueillir sur les lieux foulés par le Christ, en lui rappelant d’être digne et de faire honneur à son nom, en ajoutant que si jamais elle apprenait qu’il avait dérogé à cet ordre, la punition serait fatale pour lui.
Voilà brièvement résumé La relique, ce roman dont une partie se déroule à Lisbonne et l’autre en Égypte et en Terre Sainte, que l’auteur avait visités en 1869-1870, puisqu’il a beaucoup voyagé au cours de sa vie pour des raisons diplomatiques, voyages qui l’ont notamment conduit à Cuba et à Bristol. Et même à Montréal dont il dira : Montréal est une petite ville qu’on voudrait ranger sur une étagère… On dirait qu’il n’y a pas de rues – mais une suite de jardins. Et cela m’enchante!
Même si la facture finale de la traduction de Georges Raeders revue par Bernard Emery et publiée en 1992 par les éditions Arléa laisse à désirer (fautes d’orthographe, erreurs de typographie, etc.), ce qui m’a parfois agacée, je recommande la lecture de La relique, entre autres pour ce regard que le roman jette sur une époque révolue et pour cette façon qu’a de raconter José Maria de Eça de Queirós, qui donne envie de le découvrir davantage.
Bien avant la première bouchée, vous savez que vous allez vivre un moment délicieux. Parce que vous connaissez le goût des galettes de Pont-Aven. Parce qu’il y a un siècle qu’aucune n’a franchi vos lèvres et titillé la moindre de vos papilles gustatives. Et vous caressez la boîte qu’on vous a offerte. Comme si se cachait là un grand bonheur. Et cette attente est délicieuse.
Mais pourquoi a-t-elle attendu si longtemps pour tomber? Sentirait-elle la sève monter et aurait-elle décidé de faire place à celle qui veut pousser?
Le lecteur peint par l’artiste James Drummond rêverait-il, comme Armando et tous ceux qui le fréquentent, de bleu et de nuages? Voilà bien un endroit où il devrait se poser un peu…
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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