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Ce matin

  

Il m’arrive encore souvent de penser à Lucie. De me dire que j’aimerais bien voir cette pièce avec elle. D’écouter un artiste qu’elle m’a fait découvrir. De me retrouver dans des endroits que nous aimions. De rire toute seule en me remémorant certaines de nos aventures. De faire fi de la pluie et de la neige qui ne l’arrêtaient jamais, elle qui prenait des bouchées doubles ou même triples pour ne rien rater de tout ce qui s’offrait à elle. Comme si elle sentait que ses jours étaient comptés.

Plus de neuf ans ont passé depuis ce dernier jour d’octobre 2016 où elle nous a quittés. À l’époque, quelques personnes de son entourage et moi nous étions dit qu’elle avait choisi la bonne date pour l’aide à mourir. Quelques jours plus tard, Leonard Cohen nous quittait et un fou  prenait le pouvoir au sud de la frontière. Ça l’aurait archevée. Probablement. Sûrement.

Et ce matin, je pense à elle. Comme souvent. Et elle me manque terriblement.

*toile de Maxwell Armfield

Une réponse

  1. C’était comme une étoile filante. Une étoile rare, qu’on voit passer, lumineuse, et dont on garde le souvenir longtemps. Très, très longtemps. Toujours.

    Elle était là. Sereine. À l’endroit précis où nous avions accordé de nous rencontrer. Je me demande comment elle a su que l’inconnu, qui s’approchait, à grands pas pressés, c’était moi. Elle ne s’était montrée nullement surprise de me voir. Une presque évidence. Comme si on était déjà amis avant de l’être.

    Nous sommes allées où elle avait envie de se promener. Avons parlé de choses simples. Des nos amies absentes. Du temps qu’il allait faire. Et du peu de temps qu’on avait pour inscrire notre rencontre dans ses souvenirs de voyage.

    Nous avons parlé des livres lus. De ceux qu’on voudrait encore lire. Chez Filigranes. On s’est promenés dans la forêt des rayons où dorment des mots rares, voire inconnus. Nos voix ont réveillé certains mots endormis dans la poussière de leur silence depuis longtemps. Des mots d’Apollinaire, de Chateaubriand ou de Granek. Puis nous avons ri. Comme le font les enfants quand ils sont heureux d’être ensemble.

    Quand tu viendras chez moi… de l’autre côté du grand lac… promets-moi que tu viendras. Je veux t’entendre dire que tu viendras… dis-le!… Dans le cristal qui chante, on versera le vin de l’amitié. Pour oublier la tristesse des jours.

    Et elle s’en est allée souriante de ma promesse. Aucun de nous ne savait que les anges avaient d’autres projets.

    C’était comme une étoile filante. Un soupir douloureux dans la lueur d’un jour qui se lève.

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