Du soleil dans la voix
Si je devrais être une couleur, je serais rouge sous toutes ses nuances possibles.
Si je devais être un élément de la nature, alors je serais la pleine mer lointaine.
Si je devais chercher une maison, alors ce serait une roulotte dans une caravane qui changerait toujours de place.
Si jamais je devais vieillir, alors j’aimerais vivre dans une ferme à l’écart de tout, às la campagne en Grèce, me lever à l’aube et me coucher au crépuscule.
Ce sont des images qui vivent en moi, dont je rêve quant je ferme les yeux en chantant à la recherche de – rien d’autre que le bonheur.
C’est en ces mots que se raconte Melina Kana, dans le livret de Portrait.
Et cette recherche du bonheur en chantant dont elle parle, nous la trouvons à l’écouter. Petites histoires sur fond de blues qui rappelle les cafés d’une autre époque. Tout cela dans la tradition des grandes interprètes du rembetiko. Et avec beaucoup de soleil dans la voix qui donne envie de prendre le premier avion pour Athènes.
Et à titre d’exemple, Logia, Tsigara (Mots, cigarettes) :
Non seulement je perds les choses,
mais je les oublie aussi.
Les mots, les cigarettes, le briquet.
Et mon destin insoupçonné
qui me destinait à t’aimer.
Et tu te rappelles comme tu le dis
de chaque détail.
Ça te plaît de m’interroger,
tu ne laisses passer aucune de mes fautes
sans les comparer à celles d’autrefois.
Comme tu ne peux t’empêcher
de jouer le rôle du juge d’instruction,
tu te sers de ton corps comme d’une cravache,
et de tes étreintes comme d’une prison,
je reconnais ma culpabilité.