Lali

11 avril 2008

Du soleil dans la voix

Filed under: Trois petites notes de musique — Lali @ 21:29

melina kana

Si je devrais être une couleur, je serais rouge sous toutes ses nuances possibles.

Si je devais être un élément de la nature, alors je serais la pleine mer lointaine.

Si je devais chercher une maison, alors ce serait une roulotte dans une caravane qui changerait toujours de place.

Si jamais je devais vieillir, alors j’aimerais vivre dans une ferme à l’écart de tout, às la campagne en Grèce, me lever à l’aube et me coucher au crépuscule.

Ce sont des images qui vivent en moi, dont je rêve quant je ferme les yeux en chantant à la recherche de – rien d’autre que le bonheur.

C’est en ces mots que se raconte Melina Kana, dans le livret de Portrait.

Et cette recherche du bonheur en chantant dont elle parle, nous la trouvons à l’écouter. Petites histoires sur fond de blues qui rappelle les cafés d’une autre époque. Tout cela dans la tradition des grandes interprètes du rembetiko. Et avec beaucoup de soleil dans la voix qui donne envie de prendre le premier avion pour Athènes.

Et à titre d’exemple, Logia, Tsigara (Mots, cigarettes) :

Non seulement je perds les choses,
mais je les oublie aussi.
Les mots, les cigarettes, le briquet.
Et mon destin insoupçonné
qui me destinait à t’aimer.

Et tu te rappelles comme tu le dis
de chaque détail.
Ça te plaît de m’interroger,
tu ne laisses passer aucune de mes fautes
sans les comparer à celles d’autrefois.

Comme tu ne peux t’empêcher
de jouer le rôle du juge d’instruction,
tu te sers de ton corps comme d’une cravache,
et de tes étreintes comme d’une prison,
je reconnais ma culpabilité
.

Question quotidienne

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:51

bosanquet 1

bosanquet 2

Quand elle s’asseoit enfin pour lire, elle se pose toujours la même question. Parce qu’il lui faut quotidiennement refaire le même geste. Replacer tous les tableaux. Un par un. Pour qu’ils soient bien parallèles avec le plafond et le sol. Et le travail fini, la question reste sans réponse. La lectrice de Charlotte Bosanquet n’a aucune idée comment les tableaux font pour se déplacer jour après jour.

La mèche

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 15:44

boonstra 1

boonstra 6

Elle est là tous les jours. Sur le même banc. Infailliblement. Plongée dans un livre. Loin de tout. Dans un monde qui n’appartient qu’à elle. Et chaque fois, il a envie de replacer la mèche sur le front de la lectrice de Marlene A. Boonstra. Mais un tel geste la ferait basculer dans le réel brutalement. Et il préfère laisser là la mèche et la regarder.

L’écrivain en vacances

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 14:30

berkeley 3

Il avait besoin de paysages. Besoin d’être ailleurs. De marcher sur une plage sans réfléchir. Peut-être même de dessiner. Et l’écrivain de Seamus Berkeley est allé voir le sable. Il a regardé les étoiles. Il a croqué une pêche. Mais…

« Qui donc saura qu’un écrivain n’est jamais en vacances? Il enregiste, cherche, guette, se souvient, organise, dispose, reprend, s’émeut. Un bar, un visage, un lac, un fait divers, avec n’importe quoi et n’importe où, il écrit. » (Michèle Mailhot)

Je voulais lire tranquillement

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 11:57

hofer

Suis-je vraiment en train de devenir une vieille grincheuse? Je voulais lire tranquillement et profiter de mon vendredi de congé. À la manière de la lectrice peinte par Karl Hofer. Dans le calme de ce jour d’avril. Mais c’était sans compter sur les bruits dans l’immeuble. À se demander si une tornade ferait moins de bruit. Entre l’aspirateur de l’un, le poseur de clous du rez-de-chaissée, la douche du bas qui semble fonctionner en continu, les conversations et les cris dans la cage de l’escalier, j’ai tout simplement la tête qui tourne.

Est-ce ainsi tous les jours de la semaine quand je ne suis pas là ou ai-je droit à un spécial vendredi parce que je suis à la maison? Ou vraiment, suis-je une vieille malcommode en devenir?

Anecdotes de libraire 5

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 9:44

kc

Il fut une époque où on me repérait au son. Et pas n’importe quel son. Bing-badaboum. Ou quelque chose qui ressemble à ça. Le son de livres qui s’effondrent. Tantôt d’une pile déposée en catastrophe pour servir un client. Tantôt de mes bras surchargés parce que je tente de faire une place sur une tablette. Bing-badaboum.

Juste ce son à intervalles réguliers faisait qu’on ne perdait pas ma trace. S’il y avait un bing-badaboum, je ne devais pas être loin de l’endroit où il avait été entendu. Parfois assise en indien en train de scruter une tablette du bas, tentant l’impossible : glisser quelque part tous ces nouveaux livres que j’avais transportés de peine et de misère. Parfois à genoux, la tête ne dépassant pas, bien évidemment, aux prises avec le même défi. Où allais-je bien ranger tout ça sans que ça ne fasse désordre ou fouillis?

Bing-badaboubouboum. Petite variante pour faire changement dans l’uniformité de la partition des livres qui s’écrasent. Je viens de rater la marche de la section jeunesse et de m’allonger avec la pile. Non, non, ne vous précipitez pas, ça va. Mais personne ne se précipite. On a encore cru que quelques livres étaient tombés. Pareil quand j’ai déboulé l’escalier de haut en bas les bras pleins.

Curieusement, je n’échappe plus rien, même si je m’étale toujours régulièrement. Petites traces d’une vie d’avant. Sans piles autres que celles que je promène de la chambre au bureau, du bureau au salon et du salon à la chambre. Des piles qui ont des airs de celles de Kritsana Chaikitwattana.

Un vert doux et tendre

Filed under: Signé Lilas,Vos traces — Lali @ 7:00

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Comme il est doux et tendre ce vert qu’a trouvé Géraldine pour nous. On resterait là sans bouger pour ne pas le déranger tandis qu’il s’étale et envahit petit à petit l’espace. Non?