Lali

25 juin 2019

La question

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:01

Avec Papa, pourquoi t’as voté Hitler?, Didier Daeninckx pose une question grave et importante, voire nécessaire. Car Hitler ne s’est pas retrouvé à diriger l’Allemagne sans l’appui de la population, laquelle a vu en lui celui qui allait sauver le pays de la crise économique dans laquelle le pays, comme le reste du monde, s’était enlisé. Hitler a été élu démocratiquement et a pu accéder au pouvoir grâce à une alliance parce que son parti ne possédait pas la majorité.

Mais ce qu’il a fait avec le pouvoir en mains n’a rien à voir avec les promesses qu’il avait faites, même si elles en avaient parfois un peu la couleur pour ceux qui espéraient tant un changement à leur situation.

Très rapidement, le narrateur a compris que voter Hitler était une erreur, puisque ses parents, pour la première fois à sa connaissance, ne s’entendaient pas quand il était question du choix du candidat pour cette élection qui serait déterminante pour l’Allemagne et le reste du monde. Et il le comprend encore davantage quand il voit la violence monter, la dictature s’installer, la guerre se déclarer et prendre de l’ampleur.

Où tout cela va-t-il mener Rudy et sa famille? Et qu’adviendra-t-il de sa petite sœur, différente en raison de sa lenteur intellectuelle? Devra-t-elle être exterminée pour cette raison?

Cet album destiné aux 8 à 11 ans, illustré pat Pef avec un regard qui n’appartient qu’à lui, est ponctué de documents historiques afin d’éclairer les jeunes lecteurs, sans que cela n’alourdisse le texte ni ne les éloigne de l’histoire de Rudy. La grande sensibilité de Didier Daeninckx fait le reste.

Un album remarquable qui devrait être dans toutes les bibliothèques scolaires. Pour comprendre, pour que ne s’effacent pas les traces de l’Histoire, et pour que plus jamais cela n’arrive.

7 juin 2019

Au pays des poupées et des magiciens

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:36

Je ne suis pas familière avec la littérature jeunesse qui tourne autour de la magie, mais j’ai été attirée par ce premier roman de R.M. Romero où il en est question pour la seule et bonne raison qu’il se déroule à Cracovie en 1939 et dans les années qui suivent.

Celui qu’on nomme le Fabricant de poupées est aussi magicien, mais cela est un secret qu’il ne partage avec personne, jusqu’à ce que Karolina soit propulsée du Pays des Poupées à son monde à lui, grâce à ses talents, la rendant capable de parler et de dire tout ce qu’elle pense.

Ce sont donc deux histoires qui se mènent en parallèle, à savoir celle de la guerre au Pays des Poupées, lequel a été envahi par des rats qui ont détruit sur leur passage et forcé ses habitants à fuir, du moins ceux qui ont échappé au massacre, soldats de bois comme poupées, animaux en peluche et autres jouets, et celle de Cracovie, envahie par les Allemands.

Il est donc question de guerre, d’amitié – celle qui unit le Fabricant et la poupée, mais aussi celle entre eux et un violoniste juif et sa fille –, et de comment on fait de son mieux pour résister alors que tout est contre soi. Et ce, même si on a des talents de magicien.

Vous aurez compris que le tragique l’emporte souvent et qu’il y a bien des larmes au fil des pages et des histoires qui se déploient. Car nul ne sortira intact de cette histoire. Certains y laisseront même leur peau.

Or, j’ai été agréablement surprise de me laisser prendre au jeu, et de croire que les magiciens et les sorciers devaient sûrement exister. Car R.M. Romero est une véritable conteuse.

Mais je ne pense pas que les jeunes de 10 ans sont en mesure de lire un tel roman fantastique, tant en raison de sa longueur que du sujet, malgré ce qu’affirme son éditeur; 13 ans me semblerait plus juste en raison du travail de recherche que cela demande.

3 juin 2019

Comment lire un livre?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:53

Ce que je me suis amusée à tourner ce livre dans tous les sens! Et je suis certaine que je ne serai pas la seule à autant me divertir, car ce livre plaira beaucoup aux petits comme aux grands, qui risquent de servir de tourneurs de pages, le livre étant un peu grand pour de petites mains.

Il s’agit ici d’un album ludique avant tout où l’on apprend à manipuler un livre. On le tourne vers la gauche, ou deux fois vers la droite, et on recommence. Les personnages ont la tête à l’envers, la mer se déverse comme si c’était de la pluie, et tous se retrouvent sans dessus dessous. Jusqu’à ce que les choses reprennent finalement leur place! Heureusement pour tous, personnages comme lecteurs, car cela pourrait devenir étourdissant!

Comment lire un livre? est un album amusant et sans prétention, auquel s’ajoute un autre jeu que je vous laisse découvrir. Du plaisir pour toute la famille vous attend au détour de chacune des pages joliment illustrées par Maurizio A.C. Quarello, qui ponctuent le texte de Daniel Fehr, instigateur de la Journée suisse de la lecture à voix haute.

28 mai 2019

Qui rassurera Truffe?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:06

Quel univers que celui de Tove Jansson, créatrice des Moumines, qui font la joie des enfants depuis plus de sept décennies, et celle des cartophiles du monde entier!

Et quel bel album que Qui rassurera Truffe?, lequel raconte combien Truffe, un jeune troll, a tellement peur de tout, et surtout de la nuit. Peut-être même, peur de se faire des amis. Ce qui ne l’empêchera nullement de partir, de quitter sa maison isolée, afin de changer de vie et de cesser, éventuellement, d’avoir peur du noir, entre autres choses.

Or, chaque fois qu’il croise une personne ou un groupe, l’un comme l’autre, toujours bien plus heureux que lui, alors qu’il est constamment inquiet de ce qui pourrait bien lui arriver, la même question surgit : « Qui rassurera Truffe? » Car ce dernier ne sait pas se mêler aux autres, et n’essaie pas de faire connaissance avec ceux qu’ils croisent. Il a bien trop peur de tout, et de ne pas savoir s’y prendre…

C’est peut-être que son destin est ailleurs… Une bouteille avec un message l’attend en effet alors qu’il n’espérait plus rien. Et quel message!

Non, je n’en dirai pas plus. Qui rassurera Truffe? ravira quiconque y plongera. Je vous l’assure. Sans aucune hésitation, de plus. Car, qu’on ait 8 ans ou 80 ans, on a tous besoin d’un voyage au pays des trolls, surtout ceux de Tove Jansson, qui signe aussi les illustrations de cet album, paru pour la première fois en français en 2016, soit cinquante-six ans après sa publication en finnois. Il était plus que temps.

27 mai 2019

Madame Nou

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:59

On ne vend rien dans la boutique de Madame Nou. On ne s’y rend pas non plus pour acheter quelques chose. Mais ce qu’on trouve dans la boutique de Madame Nou est essentiel.

Ceux qui y entrent le savent bien. Câlins, sourires, tous ces petits riens qui apportent du bonheur, du réconfort, de la douceur, de l’espoir font qu’ils passent jour après jour chez Madame Nou.

Mais quand viendra le tour de la petite fille de Madame Nou qui, autant que les autres, et peut-être même davantage, a besoin d’un câlin?

C’est ce que raconte ce très bel album signé Jo Witek, illustré par Nathalie Choux. À offrir. À s’offrir. À lire. À relire.

Vous ne vous en lasserez pas, peu importe votre âge.

21 mai 2019

L’univers de Marie-Soleil

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:39

L’album est joli, je l’avoue. Et les illustrations signées Joanne Ouellet y sont pour beaucoup, car l’album écrit par Martine Latulippe ne se démarque pas des albums déjà publiés sur le sujet, à savoir l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur.

D’autres albums ont raconté ce sentiment qu’ont les enfants à cette annonce, soit leur peur de voir le nouvel arrivant dans la famille prendre toute la place, ou la pensée qu’on les aime déjà un peu moins.

Mais l’album est joli. Et comme bien des albums qui lui ressemblent sont maintenant épuisés, il pourra aisément apporter aux enfants qui ne se réjouissent pas d’une naissance à venir juste ce qu’il faut pour les aider à voir les choses autrement.

14 mai 2019

La vallée des mille gouttes

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:51

Vous n’aimez pas la pluie? Vous n’en pouvez plus de la voir tomber? Vous voudriez qu’elle s’arrête enfin afin de pouvoir faire autre chose que de regarder par la fenêtre toute cette eau? C’est aussi le cas d’Anne, le personnage principal de La vallée des mille gouttes, un superbe conte écrit et illustré par Katrin Engelking. Et un conte qui fera aimer la pluie à tous les enfants.

Il n’a fallu qu’une grenouille, appelée Beaudouine, pour que tout change. Que la pluie devienne source de joie et de jeux. Car Beaudouine a invité Anne à visiter la vallée des mille gouttes où se préparent des réjouissances pour fêter la pluie. Et ça fête en grand, qu’on soit escargot, grenouille, rat ou fillette!

Des jolies illustrations, des couleurs vives, et nous voilà entraînés, petits et grands, dans une farandole qui donne envie de sortir des bottes de pluie et de danser!

Un album tout simple. Mais qui fait tellement de bien!

13 mai 2019

Le pommier

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:25

Coup de cœur pour ce très bel album tout en finesse et en subtilité, qui laisse beaucoup de place au jeune lecteur pour deviner ce qui est tu, ou du moins pas clairement dit, et poser des questions. En effet, jamais il n’est expliqué comment un pommier a pu pousser au milieu d’une sapinière, sinon que par une image où une fillette se promène au milieu des conifères en mangeant une pomme.

Or, il n’est pas toujours facile de vivre ainsi, seul. Différent. Tellement différent. Avec des feuilles qui changent de couleur au fil des saisons, et qui finissent par tomber, alors que les autres ne se dénudent jamais. Ce qui laisse le pommier bien songeur. Il aurait si agréable d’être un sapin et de se retrouver décoré, d’être le clou des festivités.

Là aussi, tout n’est exprimé. Ce sont une fois de plus les images qui parlent d’elles-mêmes, entre autres celle où le pommier est tout seul, entouré de souches…

Histoire du pommier qui rêvait d’être un sapin traite de la solitude, de la différence, vous l’aurez compris. Mais aussi des forêts qu’on décime. Et aussi du fait que la nature répare parfois les bêtises de l’être humain.

Un livre qui va bien au-delà du texte et des images, lesquelles signées Juliette Barbanègre sont de pures merveilles.

6 mai 2019

Le jardinier qui cultivait des livres

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:11

Quel magnifique album! Quelle histoire attendrissante! Voilà plusieurs fois que je lis Le jardinier qui cultivait des livres, m’attardant longuement sur chacune des illustrations signées Claude K. Dubois, qui accompagnent avec tant de tendresse et de douceur le texte de Nadine Poirier. Et chaque fois, je suis bouleversée.

Chassé du village où il allait cogner de porte en porte, même en plein de milieu de la nuit afin de lire des extraits de livres aux uns et autres, le vieux jardinier qui aimait tant les livres s’est retrouvé un jour dans une grande vallée. Un endroit où il faisait pousser des romans, des albums, des bandes dessinées et des livres d’aventures à partir de mots qu’il enfouissait dans la terre comme on sème habituellement des graines. En prenant bien soin de protéger les pages de la pluie et du froid.

Et chaque soir, il cueillait un livre qu’il lisait. Et tout aurait pu continuer ainsi, jour après jour, pour le vieil homme qui aimait tant les livres. Mais la vie en avait décidé autrement. C’est ainsi qu’un matin alors qu’il faisait le tour de son jardin afin de voir pousser ses livres, il trouva une petite fille cachée parmi eux. Pas du tout terrifiée. Elle aussi aimait les livres.

Mais le vieil homme ne sachant que faire de cette fillette qui était seule au monde, aurait bien voulu se débarrasser de l’intruse. Mais celle-ci avait une idée en tête. Si le jardinier pouvait faire pousser des livres, il serait sûrement en mesure de faire pousser des enfants afin qu’elle ait de la compagnie, non?

Il planta donc la petite fille, ses pieds faisant office de racines. Mais quand on ne peut pas bouger et qu’on a faim, soif, puis sommeil, il faut bien que quelqu’un veille sur soi… Ce à quoi s’appliqua le vieil homme, qui ne connaissait rien aux enfants, mais qui faisait de son mieux pour satisfaire la petite.

Pas question que j’en dise plus! Précipitez-vous chez votre libraire afin de commander un exemplaire de cet album. Offrez-le, conservez-le pour vous, ayez-le dans votre bibliothèque si vous avez des petits-enfants. Cet album vous fera croire à nouveau à la bonté et à la tendresse des êtres humains si jamais vous n’y croyez plus certains jours.

1 mai 2019

Une question, de nombreuses réponses

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:38

J’adore les questions improbables, celles qui déroutent les interlocuteurs autant que ceux qui les posent. Celles qu’on n’ose pas poser à haute voix, celles qui surgissent avec leur panoplie de détails, dont certains totalement loufoques, ou encore celles qui vous laissent pantois, mais avec une envie féroce de connaître la ou les réponses.

Je ne pouvais donc qu’être attirée par un livre ayant pour titre À quoi rêvent les crayons le soir au fond des cartables? Et quel bonheur que ce livre qui nous entraîne partout là où la couleur pourrait se déployer, où toutes les nuances pourraient être utilisées, où l’arc-en-ciel se verrait transformé, où la vie n’aurait de cesse de s’écrire sans fin grâce à des mots qui n’en finissent pas.

Texte poétique, illustrations qui le sont tout autant, lesquelles mettent en scène des crayons, il va sans dire, mais aussi des rognures, car il faut bien les tailler de temps en temps, tout est là pour vous donner à rêver vous aussi., peu importe votre âge.

Un seul bémol : au Québec, un cartable n’est pas un sac d’école, mais un cahier à anneaux. Le mot étuis aurait été plus universel, surtout qu’il n’est nulle part question de cartables ailleurs que dans le titre.

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