Lali

12 décembre 2016

Le manteau rouge

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:28

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Quel bonheur que ce magnifique album signé Philippe Lechermeier, illustré par Élodie Nouhen, qui revisite la légende du père Noël d’une manière bien différente de celles que l’on connait. Pas de personnage à barbe blanche, pas de lutins ni de rennes, pas de cheminée, mais un personnage venu du froid en compagnie d’autres travailleurs pour apporter son aide au temps des moissons et en hiver lorsque vientl’heure de teindre les tissus en utilisant la garance récoltée des moins plus tôt.

Akupaï, cet homme venu du froid, ne ratera aucun rendez-vous, apportant année après année des cadeaux aux enfants du village, des brindilles, des osselets, de menus objets sans valeur sinon qu’ils sont offerts en toute simplicité et du fond du cœur. Même quand ses compagnons ne le suivront plus, car la teinture rouge faite à partir de la garance a été surpassée par une autre, moins chère et plus accessible, il sera là, fidèle.

Puis, après avoir gâté les enfants de ces enfants, puis les petits-enfants de ceux-ci, il cédera sa place sans mot et sans bruit, de même que son manteau rouge, trop vieux et trop courbé pour entreprendre un autre voyage, ce qui peut laisser imaginer qu’il était le père Noël.

Telle est l’histoire qui nous est racontée ici. Une histoire empreinte de douceur qui redonne au mot donner son véritable sens. Une histoire ponctuée d’illustrations absolument magnifiques, qui vous fascineront.

Un album à offrir à Noël. Sans aucune hésitation.

7 novembre 2016

Paloma

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« On ne peut pas empêcher un cœur d’aimer », dit-on. On ne peut pas non plus empêcher une jeune fille de partir à l’aventure si c’est ce que lui dicte son cœur. Ainsi pourrait-on résumer l’histoire de Paloma, qui vit confinée dans un appartement avec ses sœurs et sa mère avec pour seules sorties des arrêts à la boulangerie, au cinéma et chez le bouquiniste, au pied de l’immeuble ou au bout de la rue. Comme s’il n’y avait rien au-delà de celle-ci. Comme si la vie s’était arrêtée le jour où l’homme de la maison a disparu au-dessus du triangle des Bermudes aux commandes d’un avion. Comme s’il fallait rester là à l’attendre.

Mais Paloma a la bougeotte et rêve de voir en vrai ces villes enfermées dans des boules de neige rapportées par son père plutôt que de continuer à les collectionner. Paloma veut voir ce qui se cache derrière la montagne, dans les villes voisines et encore plus loin. Paloma tient de son père, vous l’aurez compris.

Voilà ici un bel album avec des illustrations qui se répondent, certaines en noir et blanc et d’autres avec une profusion de couleurs. Un album qui donne envie de partir et de voir du pays. Un album aussi, et surtout, sur le fait qu’il ne faut pas aller contre sa nature, quand c’est possible.

Mais, si l’on y pense bien, il y a sûrement une part de Paloma en chacun d’entre nous.

10 mai 2016

Le marchand de bruits

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:07

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J’ai eu l’occasion d’assister récemment, dans le cadre du Festival du Jamais Lu à la lectrice de deux pièces de Martin Bellemare, Le cri de la girafe et L’oreille de mer, lesquelles exploitent tous les deux le rapport aux bruits, l’importance de ceux-ci, et même la trop grande place qu’ils prennent parfois dans nos vies.

Je ne pouvais donc qu’être attirée par Le marchand de bruits, un album signé Anne Rozen et illustré par François Avril, publié en 2002, qui raconte les aventures de Monsieur Boum, célèbre inventeur de bruits. Des bruits qu’il vend d’abord au marché, ne se laissant jamais douter de lui, malgré la mine dubitative de certains.

Patac, Plickti, Flouboulou, Scouboum et autres bruits feront la fortune de Monsieur Boum, mais ne le mettront pas à l’abri de jaloux voulant à tout prix s’approprier ses inventions.

Le résultat est un album sympathique, sans prétention, qui ne se prend pas au sérieux et qui donne envie de donner des noms aux bruits. Un bien joli jeu, non?

2 mai 2016

Rue des Blancs Nuages

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:42

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Dès la première image de Rue des Blancs Nuages, j’ai eu un sourire grand comme ça. Est-ce le mignon narrateur qui m’a fait craquer? Son adorable chat? Son chien à roulettes? Sa voiture de pompier? Je ne sais pas. Probablement tout cela. Les illustrations d’Emmanuelle Colin sont si gaies. Et le texte de Juliette Parachini-Deny tout en vers vous donne envie de le lire à haute voix et même, de l’apprendre par cœur.

Pas de drame ici, pas de déchirement non plus, même s’il s’agit d’un déménagement. L’auteure, au lieu de mettre l’accent sur ce que l’enfant laisse derrière lui, amis et souvenirs, a plutôt choisi de nous présenter sa nouvelle vie. C’est donc une visite des différents étages de la nouvelle demeure du jeune narrateur qui nous est proposée ici, de même qu’une rencontre avec chacun des occupants, de la dame aux oiseaux à celle qui prépare son mariage, en passant par Alysée, sa préférée.

Il fait bon le bonheur dans l’immeuble de la rue des Blancs Nuages. Il y fait bon aussi tout derrière, là où est la plage. Là où l’aventure guette le lecteur qui s’y aventure.
Il fait bon le bonheur de la première à la dernière page de ce tendre album aux couleurs vives. Et du bonheur, on n’en a jamais assez. Profitons-en quand il s’offre à nous de si jolie façon.

11 avril 2016

L’après-midi d’une fée

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J’aime qu’on me détourne de la réalité, qu’on m’emmène sur des routes insoupçonnées, qu’on me prenne au dépourvu. C’est pourquoi j’ai eu un véritable coup de foudre pour l’album d’André Bouchard, L’après-midi d’une fée.

Tout cela parce que Margot et Hortense ont su me captiver dès la première page, l’une avec son costume de fée, l’autre en applaudissant aux succès de son amie qui semble avoir reçu pour son anniversaire en accompagnement au costume une véritable baguette magique, même si sa technique n’est pas tout à fait au point. Le lecteur va donc d’une surprise à l’autre, ravi de voir les choses se transformer et reprendre leur forme habituelle. Jusqu’à ce que Margot transforme son amie en crapaud et ne soit plus en mesure de lui redonner son corps d’origine.

Mais comment annoncer la nouvelle à la mère d’Hortense? Je ne vous dirai pas un mot de la fin, la surprise étant une réussite totale et parfaite qui vous laissera bouche bée. Il fallait y penser, quoi.

Un album à offrir à toutes les fées et magiciens en herbe. Filles et garçons seront enchantés par cette rocambolesque aventure qui offre, en plus d’une histoire originale, amusante et bien tissée, des images en noir en blanc avec une touche de couleur qui ont eu l’heur de beaucoup me plaire, même si les sujets de certaines sont peut-être rébarbatifs à prime abord.

19 mars 2016

Le goût du bonheur

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:01

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Nul besoin d’avoir perdu le goût de sourire et de rire pour se plonger dans le magnifique album de Christine Pompéï, illustré par Nancy Ribard, Le goût du bonheur. Mais ce qui est assuré est que vous aurez un large sourire quand vous atteindrez la dernière image de cet album, après avoir suivi Léo dans son enquête.

Pas simple de trouver ce qui a pu arriver au sourire de sa maman. L’aurait-elle avalé par inadvertance? Se serait-il envolé afin de visiter les pays chauds? Serait-il tombé dans l’escalier? Ce sont là autant de possibilités pour Léo qui veut à tout prix que sa mère retrouve son sourire. S’il le faut, il en fera son métier. Il décrochera des rires avec une longue perche, ouvrira une clinique de rirologie, enseignera le rire.

L’imagination de l’enfant est sans fin. Et la tendresse qui de se dégage de chacun des mots, de chacune des images, fera battre votre cœur et souhaiter que Léo réussisse son pari.

Quant à celui de Christine Pompéï et de Nancy Ribard, il l’est. Le goût du bonheur est un bijou.

20 janvier 2016

Les douze manteaux de maman

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Quel beau livre que Les douze manteaux de maman! Écrit par Marie Sellier et illustré par Nathalie Novi, l’album nous présente avec énormément de tendresse douze regards sur sa maman par un enfant. Pour ce, il imagine des manteaux dans lesquels elle se glisse afin de devenir, entre autres, rêveuse, chatouilleuse, en colère et supermaman.

Un album où la poésie est autant en mots qu’en images. Un album qu’on prend le temps de savourer tant il est harmonieux, même si le ciel n’est pas toujours bleu pour maman. Un album qui donne envie de s’attarder sur chacune des illustrations pour découvrir ce qu’elles cachent.

Un album à offrir à toutes les mamans pour entamer le dialogue avec leurs enfants. Parce qu’une maman, ce n’est pas qu’une maman. C’est une femme avec ses rêves et ses regrets, ses silences et ses doutes. Mais surtout une femme toute douce dans les bras de laquelle il y aura toujours une place pour ceux qu’elle aime.

19 janvier 2016

Le collectionneur de gouttes d’eau

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:36

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On ne peut pas tout collectionner. Il faut un jour faire un choix et surtout se démarquer des autres. C’est ainsi que Momo, qui voulait une collection originale et différente de celles de ses amis – dédiées aux fourmis, aux papillons et aux étoiles de mer – a choisi de collectionner les gouttes d’eau et de les emprisonner dans des bouteilles pour qu’elles demeurent intactes.

Les gouttes de pluie, tout comme les larmes de joie ou de tristesse de même que les gouttes d’eau venues de partout et recueillies avec amour par Momo s’accumulent et s’entassent à mesure que la collection du jeune garçon s’étend. Tant et si bien qu’il y en a partout, partout.

Mais le père de Momo a trouvé un emploi dans une autre ville. Il faut donc quitter le grand appartement que la famille occupe pour un beaucoup plus petit, ce qui signifie que Momo devra se défaire de la plus grande partie de sa collection. Mais quelles gouttes choisir? Quelles gouttes abandonner?

Momo trouvera la solution parfaite, dont je ne vous dirai rien pour ne pas gâcher le plaisir de la découvrir tant elle vous ravira. Si, si, je vous l’assure.

Le collectionneur de gouttes d’eau est un album charmant, dont on sort avec un grand sourire. Les illustrations d’Oussama Mezher ont un côté vieillot, mais elles accompagnent joliment le texte de Gilles Tibo.

Oui, je le redis, un album charmant.

18 janvier 2016

Et si je ne veux pas?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:31

et si

Ce qui s’avère être un jeu entre mère et fils aurait pu mal tourner. C’est ce que je me suis dit à chacun des épisodes alors que Théo semblait prendre plus qu’un malin plaisir à provoquer sa mère au moyen de la question Et si je disais non?

Pourtant, celle-ci ne perd jamais son sang-froid et répond sans hésitation aux suppositions de Théo. Même les plus loufoques et les plus disproportionnées. Car Théo a de l’imagination à revendre en ce qui concerne la désobéissance. Beaucoup, beaucoup d’imagination. Mais sa mère en a tout autant en matière de punitions.

Et si Théo refusait de mettre son assiette dans le lavabo? Et s’il cassait toute la vaisselle? Et s’il sautait avec ses bottes sales sur le divan du salon? Et s’il dessinait sur les murs? Et si sa mère l’envoyait au cirque, au zoo ou sur la Lune pour se débarrasser de lui?

Le thème de l’autorité est assez bien exploité ici par Maureen Fergus, car Théo ne s’en tirera pas avec une pirouette et un bisou. Il devra quand même mettre son assiette dans le lavabo. Par contre, je demeure mitigée face aux illustrations de Qin Ling qui, bien qu’elles collent au texte, n’ont pas la démesure qu’on aurait pu attendre d’elles dans un contexte de débordement et d’escalade comme celui-ci.

Il n’en demeure pas moins que cet album pourra être bien utile à nombre de parents et d’enseignants, car défier l’autorité est toujours tentant pour les enfants. Et même de certains grands.

14 janvier 2016

Les sauvages

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:32

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Je n’avais lu que d’excellentes critiques à propos de l’album de Mélanie Rutten, intitulé Les sauvages. Certaines étaient même dithyrambiques. Or, je ne suis pas arrivée à entrer dans l’histoire et à en saisir les sens. Je me suis perdue en chemin alors que les deux héros savaient où ils allaient et qu’ils y allaient sans aucune hésitation.

C’était la nuit et ni l’un ni l’autre n’avaient peur. Au bout du tronc d’arbre dans lequel ils se sont glissés les attendaient des sauvages qui avaient chacun un rôle tandis que certaines choses disparaissaient et que d’autres apparaissaient.

Mais un jour la clairière ne fut plus aussi vaste. Ni aussi claire. Celui qui faisait peur était là tout près. Prêt à être apprivoisé. Et la nuit se termina. Les deux personnages rentrèrent. Le rêve était fini.

Et je suis retournée à la première page. J’ai tout relu une seconde fois, puis encore une fois. Et j’ai chaque fois perdu mon chemin. Probablement parce que le fantastique ne me touche pas. Et qu’il est là, partout, dans Les sauvages.

J’ai compris que ce livre ne m’était pas destiné et que je n’étais probablement pas le public cible de cette aventure à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Et qu’il valait mieux que je laisse d’autres que moi le commenter.

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