Lali

11 décembre 2018

Un album qui ferait un bien joli cadeau de Noël

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Il n’y a pas que des mots tendres, des mots gentils, des mots empreints de douceur, des mots qui rassurent. Il y a aussi des mots qui blessent, des mots qui font peur, des mots méchants, des mots qu’on ne devrait jamais prononcer.

C’est de ces mots, beaux ou pas, dont il est question. De ces mots qui font mal auxquels on peut échapper en les remplaçant par d’autres qui réconfortent, par de la musique, par du soleil, par des je t’aime et par des rires, par ce qui vient du cœur et qui donne des ailes.

Voilà raconté simplement ce bel album poétique écrit par Claudie Stanké et illustré par Céline Malépart.
Un album qui fait du bien. Un album pour les jours de peine, les jours où tout nous pèse et où le cœur est trop lourd, les jours gris. Les jours qu’on voudrait oublier.

Un album à avoir sous la main pour tous ces jours et même les autres, plus gais.
Parce que nous avons tous besoin de gommer certains mots. D’effacer le chagrin provoqué par d’autres.

Un album qui ferait un bien joli cadeau de Noël.

1 décembre 2018

Un album pétri de bons sentiments

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À priori, je n’ai rien contre les albums jeunesse pétris de bons sentiments, je suis bien consciente qu’il en faut. Mais qu’on les couvre de prix littéraires, là je ne marche plus!

Le chemin de la montagne, écrit et illustré par Marianne Dubuc, a reçu au cours des derniers mois le prix littéraire du Gouverneur Général (catégorie littérature jeunesse — livres illustrés), le Prix jeunesse des bibliothèques du Québec et le Prix TD de littérature jeunesse, en plus de d’avoir fait partie des finalistes au prix Harry Black et d’être traduit dans une dizaine de langues.

Or, je ne comprends pas du tout comment un album aussi banal ait pu gagner le cœur de tant de jurys et de tant de maisons d’édition étrangères.
Je ne vois pas en quoi il se démarque autant du lot. Vraiment pas.

C’est un album mignon, je vous l’accorde. Un album où il est question d’amitié et d’entraide. Mais ce n’est pas le premier où il en est question, et ce ne sera pas le dernier.
Et je me demande encore en quoi il est si remarquable pour avoir fait une telle unanimité.

Je me demande aussi pourquoi l’auteure et illustratrice a choisi de faire passer son message par la voix d’animaux et non en mettant en scène des êtres humains. En effet, j’aurais peut-être adhéré davantage à son objectif et me serais un peu laissée gagner par l’histoire, ce qui n’a pas du tout été le cas.

L’anthropomorphisme n’a jamais été ma tasse de thé. Il ne le deviendra pas avec cet album, joli au demeurant. Mais sans plus. Et tant pis si je suis la voix discordante au milieu de ce chœur de louanges.

22 novembre 2018

Frida en deux temps

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:37

Voilà plusieurs fois que je lis les albums consacrés à Frida Kahlo écrits par Sophie Faucher et illustrés par Cara Carmina. Et je ne comprends toujours pas l’engouement qu’ils ont connu et connaissent encore. Les images sont jolies, sans avoir de véritables ressemblances avec les toiles de Kahlo autres que la disposition des personnages et certains des sujets abordés. Quant au texte, dont chaque page double se termine par Je-suis-Frida suivi d’une explication (Je-suis-Frida-qui-a-des-ailes, Je-suis-Frida-à-papa, Je-suis-Frida-en-mille-morceaux, Je suis-frida-solitude), il a fini par m’agacer.

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Or, j’aurais tellement aimé être séduite par ces albums qui ont été salués par la critique. Mais je suis demeurée tiède, tentant de leur trouver assez de qualités pour vous les vendre. Mais je n’y suis pas arrivée.

J’ai cherché une partie documentaire à la fin des albums, mais il n’y en a pas. J’ai cherché un véritable tableau de Frida Kahlo, mais il n’y en a pas non plus, pas plus qu’aucune des murales de Diego Rivera. J’ai cherché vainement quelques détails sur le Mexique.

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Et j’ai compris que ce que j’attendais de Frida, c’est moi (qui porte sur l’enfance de Frida Kahlo) et Moi, c’est Frida Kahlo (qui porte sur sa vie adulte) n’avait rien à voir avec le projet et le but de ceux-ci, qui semblent être davantage ludiques – grâce à des images colorées mettant en scène des personnages avec des yeux en forme de diamant et quelques traces du folklore traditionnel mexicain – et superficiels, puisque l’auteure a choisi de verser dans l’anecdote uniquement. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti.

J’ai aussi compris que parents, enseignants ou bibliothécaires devraient faire le travail de recherche eux-mêmes s’ils voulaient vraiment faire connaître cette artiste.

Et je me suis dit que j’étais peut-être trop exigeante et que j’aurais dû faire lire ces albums à un enfant pour être certaine que l’adulte en moi n’avait pas pris toute la place.
Mais cela aurait-il modifié ma première impression qui n’a fait que se confirmer à chaque lecture additionnelle? Va savoir.

21 novembre 2018

Ameline

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Ce qu’il est beau, cet album qui revisite l’histoire du joueur de flûte de Hamelin. Je l’ai lu, relu, et encore relu, avec chaque fois la même émotion.

J’ai été déroutée, séduite, triste, gaie, admirative à tour de rôle ou en même temps. L’inventivité de Clémentine Beauvais y est pour quelque chose. Les illustrations d’Antoine Déprez, tout autant.

Ameline est orpheline et vit avec son grand-père et une dame qui s’occupe d’elle et avec qui elle n’a aucun lien de parenté. Une vie toute simple ponctuée par ce conte allemand terrifiant qui parle de la peste, d’un flûtiste et d’enfants qui périrent noyés. Une histoire qu’elle connait par cœur et qu’elle emportera avec elle quand on enterrera son grand-père.

Maintenant qu’il n’est plus là, qu’une famille du village natal de celui-ci va l’adopter, peut-elle encore être gaie? Ameline n’a pas le temps de se poser la question qu’une pléiade d’enfants, tous orphelins comme elle, n’allant pas à l’école, vêtus comme on l’était autrefois, lui font rapidement oublier cette question en l’entraînant dans des jeux qui l’occupent toute la journée.

Mais pourquoi y a-t-il tant de chats dans ce village? Et pour quelle raison ses nouveaux copains ont-ils toujours les pieds mouillés? Et comment se fait-il que sa famille adoptive n’ait jamais entendu parler de ces enfants avec qui Ameline joue?

C’est dans la boîte qui lui a été remise lors du décès de son grand-père que se trouve la réponse. Une belle façon de détourner la fin du Joueur de flûte de Hamelin. Toute en finesse et avec un effet de surprise qui plaira aux jeunes lecteurs, j’en suis convaincue.

Quant à moi, je suis conquise. Et je ne peux qu’applaudir devant une telle réussite, car le défi était grand. Très grand.

20 novembre 2018

Pieds nus

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pieds nus

C’est le titre qui m’a attirée. Et je me suis beaucoup amusée à lire cet album écrit et illustré par Rémi Courgeon. Comment en pourrait-il être autrement quand l’histoire est celle de Tim qui, un certain 28 août, décida qu’il ne porterait plus ni chaussettes ni chaussures jusqu’à la fin de ses jours?

Et c’est ce qu’il fit, et ce, même si ses parents crurent un temps que ça lui passerait. Tim avait fait un choix de vie et il s’y tint. Pas question d’essayer des chaussures, de glisser ses orteils dans des tongs, ou de porter quelque chose qui lui couvre les pieds.

Il arriva donc pieds nus à l’école, ce que le directeur n’apprécia pas du tout. Il ne se chaussa pas par grand froid, car la peau des pieds de Tim s’était épaissie. Il joua au foot pieds nus, passa son bac pieds nus et passa un été à Londres pieds nus.

Mais le plus amusant est que Tim, qui ne portait pas de chaussures, devint créateur de chaussures. Si, si.
Et là s’arrête mon résumé. C’est tout ce que je vous dirai de cette histoire à la fin amusante.

Je vous laisse le plaisir de le découvrir à votre tour. De sourire. D’en apprendre un peu plus sur la liberté et les choix de vie.
Cet album va bien au-delà de la simple anecdote. Vous verrez.

19 novembre 2018

Un album sur Marie Curie

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Je devais avoir 10 ou 11 ans quand j’ai lu une biographie romancée de Marie Curie, parue dans la collection Marabout Mademoiselle dont j’ai dévoré une grande partie des titres, mais pas la série des Sylvie, un seul m’ayant suffi. Or, je n’ai jamais oublié ce livre que j’ai dû livre une quinzaine d’années après sa parution, pas plus que son héroïne.

J’ai donc tout de suite été attirée par l’album Marie Curie, paru dans la collection De petite à grande, à la courte échelle. Et je n’ai pas été déçue. L’histoire de Marie Curie nous est racontée succinctement, mais de belle façon grâce au texte de l’auteure jeunesse espagnole Maria Isabel Sanchez Vegara et aux illustrations de Frau Isa, qui vit à Vienne.

L’album est suivi d’une page explicative pour présenter plus sérieusement Marie Curie, ce qui pourra donner envie aux jeunes lecteurs d’aller au-delà de cet album, d’autant plus qu’il a été beaucoup question d’elle lors du centenaire de l’armistice de 1918 il y a quelques jours. Petit bémol tout de même : sa fille Irène n’y est nulle part mentionnée alors qu’elle a accompagné sa mère dans les tranchées pour sauver des blessés et reçu une pléiade de prix au cours de sa vie, dont le prix Nobel de chimie en 1935.

Donc, un livre qui tombe à point pour parler de ce centenaire aux jeunes autrement qu’en nombre de morts, comme en ont fait état – presque uniquement – tous les médias.

17 novembre 2018

Trop tôt

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Je ne suis plus libraire depuis plus de douze ans. Je ne peux donc pas affirmer qu’il n’y a aucun autre livre portant sur l’arrivée d’un enfant prématuré hormis Trop tôt, paru il y a quelques mois à l’école des loisirs, dans la collection Pastel. Mais je peux par contre dire que cet album tout en douceur est émouvant, de la première image à la dernière.

Tout un tour de force que de dire en peu de mots et en quelques images ce que ressent un enfant en apprenant que son petit frère est arrivé bien trop tôt, qu’il va rester à l’hôpital encore en peu en compagnie de sa maman. Or, Céline Sorin a trouvé les phrases, Célia Chauffrey a créé des images pour les accompagner.

« On ne peut pas arriver comme ça chez les gens!
En avance, sans prévenir,
dans des pyjamas trop grands,
avec un grand frère tout pas coiffé, tout qu’a pas
caché ses jouets interdits aux bébés! »
affirme le héros de l’album, qui n’est pas prêt à cette arrivée.

Et c’est de cela dont il s’agit. Du fait qu’en arrivant avant l’heure prévue, un petit frère bouleverse la vie de son ainé, qui se pose plein de questions, qui veut bien faire les choses, mais qui ne veut pas perdre sa place dans le cœur de sa maman. Du fait aussi que ce nouveau-né est si petit qu’il faut attendre avant de faire sa connaissance. De tout ce qui agite ses pensées, car non, décidément, il est bien trop tôt.

Un livre où il est question d’amour. D’amour, et encore d’amour.
Un très beau livre.

Quelques extraits vous attendent ici si le cœur vous en dit.

16 novembre 2018

Le jardin de Monet

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C’est lors de sa sortie, en 1987, que j’ai découvert le bel album Le jardin de Monet, écrit par Christina Björk et illustré par Lena Anderson. C’est donc avec joie que j’appris qu’il était à nouveau offert aux jeunes lecteurs de 7 à 12 ans depuis 2013.

L’album a peu vieilli, je le concède. En effet, une visite du jardin comme celle que fait Pomme, en toute tranquillité, comme si l’endroit lui appartenait, n’a plus rien à voir avec la réalité actuelle. Le jardin de Monet, à Giverny, est au fil des saisons pris d’assaut par des hordes de touristes. Mais cela, vous le saviez déjà, j’imagine.

Mais pour le reste, le contenu est juste, les illustrations de toute beauté, les toiles de Monet reproduites de belle façon, les photos un ajout intéressant et les renseignements à la toute fin une agréable façon de prolonger le voyage de Pomme à Paris.

Je ne peux que recommander cet album qui nous permet de découvrir le jardin de Monet, l’artiste lui-même, sa vie, ses œuvres, le Musée Marmottan qui lui est dédié (et qui est trop peu connu à mon avis), ce qu’est l’impressionnisme, et tellement plus. Car cet album est un pure ravissement, et je suis fan des illustrations de Lena Anderson.

15 novembre 2018

Sur la route de l’exil

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Il n’est pas facile d’aborder le sujet des migrants et de le rendre accessible aux enfants. Or, Colette Hus-David, qui a signé le texte, et Nathalie Dieterlé, les illustrations, peuvent se féliciter. Elles ont mené à bien, avec beaucoup d’amour le très bel album intitulé Chemin des dunes : Sur la route de l’exil, une histoire qui raconte le parcours de Talia, forcée de quitter le Soudan avec le siens.

Talia a sept ans, un grand frère, une petite sœur à naître. Mais la vie n’est plus possible là où elle vit, ce qui a poussé ses parents à prendre la route de l’exil, avec l’espoir d’une vie meilleure pour leurs enfants.

Mais c’est sans compter un immense chagrin au départ, celui de perdre l’un des leurs, leur fils, dans la cohue des départs en bateau vers des ailleurs prometteurs. Sans compter non plus le temps qui n’en finit pas de s’étirer pour venir à bout de tout ce qui entoure la paperasserie avant de légaliser leur situation aux yeux des autorités françaises. Ni tout celui passé à tenter de s’intégrer, à apprendre une langue et des coutumes dont on ne savait rien avant de quitter l’Afrique.

Pourtant, Talia s’y fait, s’acclimate. Le sourire d’une petite sœur toute neuve y est beaucoup. Celui d’une nouvelle amie qui vit la même chose, aussi.

On ferme l’album avec un nouveau regard et une envie de prendre dans nos bras toutes les Talia du monde.

14 novembre 2018

L’horrible Madame Mémé

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J’aime énormément les cartes postales dessinées par Amande Piu. C’est pour cette raison que j’ai eu envie de découvrir qui était cette horrible Madame Mémé, et de savoir si elle était aussi horrible que cela. Et c’est bien le cas. La mémé imaginée par Émilie Chazerand est une vieille dame détestable qui a tout des pires sorcières des contes de fées de mon enfance.

Henri a donc bien raison de ne pas aimer les premiers dimanches du mois, car c’est ce jour-là qu’en famille on va visiter sa grand-mère paternelle. Et il a bien raison aussi de s’inquiéter quand il voit à quel point sa mémé qui sent le vieux gant de toilette ne connait ni la gentillesse ni la tendresse. Si cela venait avec l’âge de devenir ainsi? Si sa propre mère se transformait un jour en horrible mémé?

Voilà là un album pour les 6 ans et plus qui m’a laissée perplexe, même si j’ai beaucoup aimé les illustrations d’Amandine Piu. J’ai pourtant eu une grand-mère paternelle qui avait bien des ressemblances avec celle d’Henri, même si je l’appelais Grand-maman et non pas Madame.
Mais je crois que je n’aurais pas aimé la retrouver dans un livre. Probablement parce que, pas une seule minute, je n’ai imaginé que ma mère pourrait devenir une horrible vieille dame. Elle ne pourrait vieillir que comme ma grand-mère maternelle, qui était une grand-mère parfaite et aimante.

Du coup, je ne sais pas à qui on peut offrir un tel livre ni pour quelles raisons on le ferait. Et ce, même si, la plupart des critiques que j’ai lues sont toutes élogieuses.
Avoir une horrible mémé n’a rien de drôle.

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