Lali

24 avril 2008

Le recueil 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

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Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a toujours aimé lire de la poésie allongée. Et particulièrement le recueil de Rosa Alice Branco qui l’emmène ailleurs et en même temps près d’elle-même, de ses propres mots, de ses propres rêves. La lectrice de Joyce Kamikura ignorait à quel point les mots allaient faire leur chemin au delà des mots.

Ton cœur
dort avec moi. Il borde mes nuits
et les matins sont froids quand je me lève.
Et je demande toujours où tu es et pourquoi
les rues ont cessé d’être des fleuves. Parfois
une goutte d’eau tombe par terre
comme si c’était une larme. Parfois
il n’y a pas assez de terre pour la sécher.

Ces mots qui ouvrent au monde des sens

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 8:03

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Il l’emporte partout avec lui depuis quelques jours. L’ouvre comme au hasard, laisse les mots aller jusqu’à lui sans savoir ce qu’ils lui apprendront, sans avoir la moindre idée des réflexions qu’ils feront germer, sans savoir rien de tout cela. Pour le bonheur des mots et des images. Pour ces Versants du regard que le poète Eugénio de Andrade suggèrent. Et qui ouvrent le lecteur peint par Honoré Daumier au monde des sens.

Avec le matin

On vient du côté du fleuve, les mains plus que fraîches, quelques gouttes d’eau encore prises aux cheveux. Avec le matin surgit l’anonyme respiration du monde. Une odeur de pain frais envahit la cour entière. On vient du côté du fleuve : pour être porté à la bouche, ou au poème.

Pour inspirer la nature à bouger

Filed under: Vos traces — Lali @ 7:01

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C’est avec des photos de Denise que je vais tenter aujourd’hui d’inspirer la nature à bouger un peu… Peut-être écoutera-t-elle mon appel et verrai-je dans peu un crocus ou deux poindre le nez sur mon chemin?

Prendre sa place

Filed under: Vos traces — Lali @ 6:50

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Pourquoi chaque fois qu’il est impossible de traîner un peu en peignoir et de prendre mon temps est-ce un jour où j’en ai envie? Pourquoi chaque fois qu’un tableau me fait envie ne puis-je tout simplement pas entrer dedans?

Si nous avions la possibilité de faire un tel échange, la lectrice de Nora Heysen me laisserait-elle prendre sa place tandis qu’elle prendrait la mienne quelques heures?

La chemise

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:27

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Elle lisait. Quelques sonnets. Des sonnets d’une pureté incomparable. D’une pureté qu’on ne trouve que rarement. Et parfois, et encore plus rarement, dans l’amour.

Elle lisait, avec pour tout vêtement cette ample chemise qui n’est pas la sienne et qui porte l’odeur de celui qu’elle aime. Et quelques mots sont arrivés. Des mots aussi purs que ceux qu’elle lisait.

Et la lectrice de Claire Mesnil s’est enroulée dans les mots comme elle s’était enveloppée du vêtement. Il n’y a pas d’amour plus pur que le leur.