Lali

21 avril 2008

Le recueil 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

hutchens

Comme lui a semblé longue la soirée. Elle avait si hâte d’aller à nouveau au hasard des pages du recueil de Rosa Alice Branco, Épeler le jour. Comme on va parfois à soi en ne sachant pas ce qu’on va trouver. Sinon des mots. Des mots qui ont touché la lectrice de Frank Townsend Hutchens. Des mots qu’elle a déposés ici.

Nous nous couchons dans le lit défait.
Une pile de vêtements s’effondre. L’été par terre.
Amour le soir dans la vie en désordre,
les choses à moitié faites. Même le silence est
en désordre. J’aime cette scène.
Il y a en elle une vérité qui m’échappe.

Jusqu’à ce que le passage arrive à nos yeux

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:00

espir 2

Dans un parc qui n’attendait qu’elle, la lectrice de Patricia Espir a ouvert au hasard un de ces livres oubliés qu’on tire des rayons par hasard. Parce qu’on sait qu’ils ont quelque chose à nous dire. Sans savoir quoi. Jusqu’à ce que le passage arrive à nos yeux.

… Tout à coup, la voix d’un huard. Ils s’immobilisent au milieu du lac.
C’est une plainte, c’est une modulation elfique, c’est un cri animal d’une terrassante beauté. Il sont là, au milieu de tout ça, le feu qui danse sur la grève la lune le lac engourdi par la nuit, le chant du huard, leurs doigts qui se cherchent et s’étreignent, ils ont envie de pleurer tellement cet amour est un état de grâce qui ne peut pas ne pas durer toujours.

(extrait de Léa et Paul, par exemple, de Monique Proulx, in Aimer, recueil de nouvelles)

Qu’il me tarde…

Filed under: Scènes livresques,Signé Armando,Vos traces — Lali @ 17:46

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Qu’il me tarde de voir des lectrices assises par terre parce que le temps le permet. Qu’il me tarde de croiser une lectrice comme celle qu’a photographiée Armando il y a quelque temps et qui attendait le printemps pour venir s’asseoir au pays de Lali.

Anecdotes de libraire 10

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 7:45

helen frank

J’avais 19 ans. Je faisais mes premiers pas dans le monde du livre. La librairie était minuscule, un vrai mouchoir de poche. Il y avait des livres jusqu’au plafond, parfois dans tous les sens tellement l’espace était restreint. Et de plus, le mari de la propriétaire était éditeur et bien entendu, nous avions sur les rayons tous ses livres et plusieurs exemplaires de chacun d’entre eux. Pas qu’ils se vendaient comme des pains chauds, loin de là, mais une librairie avec beaucoup de livres, c’est tout de même plus invitant que des rayons dégarnis.

C’était aussi ma première année à l’université. Je connaissais les grands auteurs, déjà. Plus de nombreux autres, il va sans dire. Et je connaissais de la poésie québécoise les grandes lignes, les mouvements littéraires, les auteurs majeurs. Assez pour me débrouiller sans avoir l’air tout à fait inculte.

Ce n’est pas sur les bancs des salles de cours et des auditoriums que j’ai développé mon goût pour celle-ci. Elle ne s’enseignait pas, tout simplement. C’est dans cette petite librairie excentrée, dans une banlieue-dortoir, qu’elle est venue à moi.

Je ne remercierai jamais assez celui qui m’a guidée. Celui qui, chaque jeudi, venait voir les nouveaux titres parus chez les éditeurs de poésie et qui achetait tout. Non sans me parler de chacun de ceux qui publiaient régulièrement et que je ne connaissais pas encore. Non sans me parler des voix nouvelles. Et avant qu’il n’arrive, à la même heure chaque semaine, je me précipitais sur les titres, les examinais, tournais les pages, lisais quelques vers.

Le professeur de français à la retraite qu’il était avait trouvé en moi une nouvelle élève. Passionnée et avide. Et dès le lundi, j’attendais impatiemment le jeudi. J’allais connaître l’émerveillement propre aux enfants dans un magasin de bonbons.

*dessin d’Helen Frank

En rêvant à l’Auvergne

Filed under: Signé Lilas,Vos traces — Lali @ 7:01

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Y a-t-il meilleure façon de commencer la journée autrement qu’en rêvant? Et en rêvant plus particulièrement à l’Auvergne, à Champeix, aux ruines de son château féodal et à sa chapelle Saint-Jean? Je crois que Géraldine mérite de grosses bises pour nous faire rêver autant avec ses photos, non?