Lali

20 avril 2008

Le recueil 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

funsonghi.jpg

Elle a ouvert Épeler le jour de Rosa Alice Branco, à la même heure que la veille, comme elle se le promettait. Pour terminer la journée avec des vers où elle se retrouve, où d’autres sûrement se reconnaîtront. Et la lectrice de Funsonghi a laissé le livre en évidence. Pour nous. Pour vous.

Comment dire le temps? Le montrer en suspens dans le geste de tes mains, le timbre de ta voix,
versant le mystère dans nos vies, sur les marches
qui font déferler la douleur dans tes genoux
et d’autres plaies que le temps lécha
quand nous nous asseyions sur les ultimes marches :
le paradis à portée du paradis.

L’ailleurs de Marcel

gutorov

Mon ami Marcel, qui avait de commun avec l’écrivain esquissé par Ivan Gutorov la moustache et l’écriture, ne sera jamais vieux. Il aura toujours quarante-deux ans, l’âge qu’il avait en février 1993 quand le sida l’a emporté.

Il reste de lui quelques livres, puisque c’est à moi qu’on a remis tous les exemplaires restants de tous ses recueils, vestiges d’une époque où on tapait à la machine ses textes, qu’on les photocopiait et qu’on les brochait en guise d’auto-édition. Quelques livres et des souvenirs. Et sa voix lors de soirées de poésie où il s’amusait avec les mots, activité qu’il aimait entre toutes plus particulièrement. Voire passionnément.

Quelque part

Je voulus aller ailleurs
et je m’y suis rendu

Et cet ailleurs est devenu ici

Je n’avais pourtant
ni mon chemin perdu
ni commis nulle erreur

Et l’ici d’où je suis parti
est maintenant ailleurs,
là où je voulais aller
en partant
justement

Justement,
en partant
j’ai perdu mon ailleurs ici,
ici que je croyais ailleurs d’ailleurs,
ailleurs que je croyais ici
mais qui était ailleurs

J’aurais dû rester
puisque j’y étais ailleurs
ailleurs qu’ici
lorsqu’ici était ailleurs
et qu’ailleurs était là-bas
dans l’ici d’où je suis issu

Alors, dois-je pourrir ici
puisqu’ailleurs est une utopie

Par ailleurs,
puisqu’ailleurs n’est pas plus ici
qu’ici n’est ailleurs,
je chercherai là-bas,
qui est ailleurs
et qui deviendra ici
lorsque j’y serai
et qu’ici sera là-bas
justement où je voudrais aller.

(Marcel Rivard, Ainsi que…, Les éditions En chacun, 1984)

J’ai allumé la lampe

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:22

hughes

La lumière doucement s’éteint. Elle sera bientôt imperceptible. Et tant qu’il y aura encore ne serait-ce qu’un filet de lueur, la lectrice de Neal Hughes restera là, pieds nus, livre ouvert, presque sans bouger. On entendra peut-être le froissement des pages, le vol d’un oiseau au loin.

Puis quelques pas feutrés. « Viens lire dans mes bras, j’ai allumé la lampe. »

Se faire une raison

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 16:31

deymonaz1

Elle s’est assise dans son décor et a ouvert un livre. Mais elle ne lit pas. Elle tente de se faire une raison. Et se faire une raison quand on cherche les raisons lui semble une tâche bien compliquée. D’ailleurs, elle a toujours trouvé curieux cette idée de se faire une raison là où aucune raison ne lui semble valable. Parce que personne n’a raison dans toute cette histoire. Alors, pourquoi s’en faire une? Et la lectrice peinte par André Deymonaz reste là, songeuse. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » (Blaise Pascal)

Les tulipes de Denise

Filed under: Vos traces — Lali @ 14:40

0432

0440

1204

Denise aurait-elle senti que mon ciel bleu était en train de dipsraître sous du blanc pour me combler ainsi avec des tulipes éclatantes? Peut-être. Mais probablement encore davantage avait-elle envie de faire plaisir à tous…

Les dimanches sont café et pains au chocolat

Filed under: Le plaisir des papilles,Signé Lali — Lali @ 10:01

pains-au-chocolat.jpg

Les dimanches sont bonheur, les dimanches sont gourmandise, les dimanches sont café et pains et chocolat. Du moins, ce dimanche!

Y a-t-il des livres pour le printemps?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:20

maryon

Y a-t-il des livres spécialement faits pour le printemps et sa la lumière changeante du jour? Y a-t-il des livres qui sentent le printemps quand on les ouvre, de telle sorte qu’on ne peut les quitter qu’avec le sourire? Y a-t-il des livres qui s’ouvrent comme des pétales alors que la saison toute neuve s’empresse de nous pousser dehors pour lire? Peut-être pour cela, faudrait-il demander à la lectrice peinte par Maryon

En vos mots 54

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

pal fried

La lectrice de Pal Fried ne peut que nous inspirer. Nous avons tous un jour acheté un livre sur les quais. Ou alors nous avons rêvé des bouquinistes.

C’est donc avec plaisir que je vous l’offre. Pour qu’en vos mots vous nous parliez d’elle. Ou de vous. Ou de votre rencontre avec elle. Imaginaire ou réelle. Pour qu’en vos mots vous nous parliez d’un livre un jour acheté sur les quais.

Pour le plaisir du partage. Pour l’aventure qui se poursuit de dimanche en dimanche, alors que nous entreprenons la deuxième année de ce voyage au pays de votre imagination.

À dimanche prochain!

Suis-je autre chose que mots?

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 6:36

mas

Suis-je autre chose que mots, ceux que je lis, ceux que je glane ici et là, ceux que je transcris, ceux que je relis, ceux que je pose sur des feuilles et ceux qui ne franchissent pas mes lèvres? Suis-je autre chose que mots dans le jour qui se lève alors que tout me pousse à écrire et à ouvrir les livres posés là, tout à côté du bol de café? Suis-je autre que la lectrice de l’aquarelliste Joan M. Mas dont les mots volent jusqu’à moi alors que le rose du soleil devient de plus en plus jaune?

Plus la nuit se fait silence

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 5:22

moore 2

Plus la nuit se fait silence, plus le jour entre dans la nuit, plus les mots d’Eugénio de Andrade que lit le lecteur peint par Henry Moore font sens. Plus ils éclairent ses doutes. Plus ils s’insinuent en lui en créant des certitudes. Plus la nuit n’est plus nuit, mais jour.

Du fond du corps

Il ne dormait pas, il passait des heures aux aguets, finissant par distinguer dans l’enchevêtrement des sons les rumeurs les plus infimes, l’araignée tissant sa toile ou, encore moins perceptible, la lumière ouvrant son chemin à la force du poignet dans le velours épais des rideaux. Le silence venait tard, une fois disparu l’écho des derniers pas. C’est alors seulement que la netteté gagnait ces coups venus du fond de son corps. Ils avaient toujours été là, mais ce n’est que dans ces moments-là qu’ils surgissaient purifiés de tout autre bruit, chacun avec son profil de poignard. Jusqu’à quand allaient-ils durer? Car une heure viendrait, aucun doute là-dessus, où le désert de la nuit et le silence du corps formeraient une seule substance, inséparable à jamais de la fièvre de la rosée, quand matinale elle monte les dernières marches.

(in Versants du regard)

Page suivante »