Lali

31 mai 2020

Un dimanche avec Monique 10

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:01

Milkie, notre chienne de race samoyède, qui aimait tant prendre le large et que nous ramenions grâce à des sucettes alors qu’elle allait se réfugier au bout de la rue, face à la rivière. Mandarine, notre chatte rousse, et ses cinq petits à qui nous avons trouvé une famille d’accueil.

Les heures passées à nous baigner dans la piscine. Dès 8 heures le matin. Jusqu’à 22 heures, parfois. Nous ne sortions de l’eau que pour manger ou aller à la toilette. Nous étions des sirènes ou alors des championnes de danse synchronisée, avec nos pince-nez. Il y a tant de souvenirs qui font briller mes yeux aujourd’hui.

J’ai eu tellement de chance que Monique soit entrée dans ma vie le 27 mai 1963.

*toile de Józef Pankiewicz

Un dimanche avec Monique 9

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 18:01

Mes deux premiers voyages en Europe ont été marquants. Et ils n’auraient pas été les mêmes si je ne les avais pas faits en compagnie de Monique. Elle avait 18 ans, je n’avais pas encore 20 ans la première fois, un an de plus la deuxième.

Je nous revois avec nos sacs à dos de plus en plus lourds, dans des gares, sans savoir si tout se passerait bien à la prochaine étape. Je nous revois l’année suivante, cette fois en voiture, afin de découvrir de nouveaux endroits et de revoir des amis.

Moments inoubliables. Paris, de la tour Eiffel. Une première crête bretonne en Bretagne. Marseille, où elle a disparu pendant quelques heures avant de réapparaître à temps, mais tout juste, pour attraper notre train. Le lac d’Annecy. Les vignes de Bourgogne. Anvers et Rubens. Et combien d’autres lieux. Il me faudra peut-être un jour reprendre mes notes de voyage, en partager une partie avec vous. Pourquoi pas?

*toile d’Henri Adrien Tanoux

Un dimanche avec Monique 8

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 16:01

Les vacances de l’été 1971 seront à jamais mémorables. Pas juste parce que les vagues de Virginia Beach étaient très hautes et que nous adorions les voir se précipiter vers nous et sauter le plus haut possible pour qu’elles se brisent derrière nous. Pas en raison du coup de soleil de notre vie. Mais parce que nous avions trouvé sur la plage un bébé crabe et que nous avions décidé de l’étudier. Pour cela, il nous avait fallu un grand verre, un peu de sable et de l’eau de mer.

Quelques jours plus tard, avant de prendre la route, nous l’avons rendu à l’océan. Il avait tout de même pris du volume en peu de temps.

*toile de Jenny Nyström

Un dimanche avec Monique 7

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 14:01

Quelques jours avant Pâques, alors que nous devions avoir dix et douze ans, Monique est allée magasiner avec Chantal, qui habitait de l’autre côté de la rue. Elles sont revenues avec trois canetons tout mignons, l’un étant bien entendu pour moi. Je me rappelle lui avoir donné le nom de Piccolo.

Ce que je sais aujourd’hui, c’est que des canards, ce n’est pas fait pour vivre dans une boîte de carton, qu’ils peuvent faire un boucan d’enfer même s’ils ne sont que deux, et que la propreté, ce n’est pas inné chez eux. Et qu’en moins de quinze jours, les canetons deviennent énormes.

Heureusement que la cousine de Chantal vivait sur une ferme et qu’elle a pu accueillir le trio infernal.

*toile de Robert Peckham

Un dimanche avec Monique 6

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 12:01

Nous aimions jouer ensemble. Jeux de société, casse-tête, cartes, piste de courses, blocs pour construire des maisons, corde à danser, et j’en passe. Je la laissais gagner bien souvent, c’était la plus petite après tout, et rien ne lui faisait plus plaisir qu’être la gagnante. Même s’il lui fallait parfois tricher. Juste aux cartes, dirai-je pour sa défense, alors qu’il était tellement évident qu’elle n’était pas bonne tricheuse. On ne peut pas tirer l’as de pique trois fois de suite quand on joue à la bataille. Mon grand-père le lui disait chaque fois. Ce qui ne la freinait pas. Mais pas du tout. Nous en rions encore.

*toile d’Alexander Karas (dont toute trace a disparu)

Un dimanche avec Monique 5

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 10:01

Il est des musiques qui me font immédiatement penser à Monique. La valse des patineurs est l’une d’elles. Aucune interprétation, aussi réussie soit-elle, ne sera aussi remarquable que la nôtre, les quatre mains sur les touches du piano. Complicité et amour étaient au rendez-vous.

*toile d’Albin Veselka

Un dimanche avec Monique 4

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 6:01

J’ai entendu rire moult fois dans ma vie, à toutes sortes d’occasions, dans mille et une circonstances fort différentes. Mais il est un rire que je n’oublierai jamais, un rire qui bat tous les rires, un rire tellement heureux qu’il me suffit d’y penser pour oublier ce qui ne va pas certains jours.

Ce rire, c’est celui de Monique. Celui qui se déclenchait dès que notre grand-père se faisait un plaisir d’accéder à sa demande, alors qu’elle se tenait devant lui, les bras bien hauts : Grand-papa, chatouille-moi!

*toile de Karen Whitworth

Un dimanche avec Monique 3

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 4:01

Nous avons plus d’une fois porté des robes identiques. La plupart du temps, pas de la même couleur. Je pense notamment à celles que mon grand-père avait choisies à la boutique Marie-Chantal, qui étaient si jolies que nous les portions encore alors qu’elles commençaient à être un peu trop courtes. Verte pour moi, bleue pour Monique.

Le propriétaire du restaurant allemand de Lake George, dans l’État de New York, voulait tellement trouver de telles robes pour ses filles que nous avions décousu l’une des étiquettes avec les détails de l’une des deux robes. Laquelle? Maman le sait peut-être. C’était il y a 52 ans.

*toile de Gérald Engelvin

Un dimanche avec Monique 2

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 2:01

Cours de solfège, de piano, de diction, de ballet, de natation, d’équitation. Nous les avons suivis ensemble. Passablement longtemps, sauf le ballet. Nous n’étions douées ni l’une ni l’autre. Monique n’était jamais au bon endroit, s’élançant vers la gauche au lieu de la droite, et moi inventant des figures qui ne faisaient pas partie de la chorégraphie. Pourtant, nous rêvions de devenir ballerines depuis le jour où un ami de mon père nous avait rendu visite, accompagné de sœur, laquelle avait été Miss Canada un ou deux ans auparavant. C’est elle qui nous avait enseigné les cinq positions de base. Mais le ballet, c’était bien plus que cela. Et nous l’avons compris. Nous en rions encore…

*toile de Leny Noyen-Pander

Un dimanche avec Monique 1

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 0:01

Un 27 mai, il y a de cela quelques années, naissait Monique. Et c’est à quelques souvenirs que nous partageons, ma sœur et moi que je voulais consacrer le dimanche précédant son anniversaire. Or, c’était sans compter sur un problème d’Internet qui ne s’est pas résolu aussi rapidement qu’annoncé il y a une semaine.

J’ai par la suite perdu ma ligne de téléphone terrestre pendant près de 36 heures. Il a fallu trois autres réparateurs pour venir à bout du problème. Une situation qui n’a fait que confirmer à quel point j’ai besoin d’Internet pour travailler et pour communiquer.

Ce sera donc aujourd’hui, grâce à des lectrices que j’imagine des sœurs, notamment celles-ci, peintes par l’artiste Diane Leonard, que je partagerai avec vous quelques-uns de ces moments retenus de notre passé commun.

Nous n’avons pas toujours été aussi sages que ces lectrices, Monique étant toujours prête pour un mauvais coup, dont d’aucuns diraient que c’était son esprit de future chercheuse scientifique qui la guidait. Peut-être bien. Après tout, c’est bien possible qu’une brosse à cheveux soit capable de disparaître loin, loin, loin si on tire la chasse d’eau. Surtout un samedi après-midi où trouver un plombier était d’une complexité sans nom.

Ce n’était pas mon idée. Mais je ne l’ai pas laissée tomber. Nous nous sommes tenues par la main pendant toute l’opération. La brosse a bien fini par apparaître avec un peu d’aide.

Un peu plus de cinquante ans ont passé depuis. Mais ça demeure une des histoires que nous adorons raconter. Il y en a d’autres, vous verrez…

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