Lali

10 juillet 2024

Un signe?

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 6:39

Le lever du soleil était de toute beauté. Les oiseaux chantent toujours. Est-ce un signe que mon père sortira de la confusion qui l’emprisonne en raison d’une pneumonie et d’une infection urinaire? Il est si dur de le voir ainsi, dans un lit d’hôpital, aux soins intensifs, lui si peu habitué à ce qu’on s »occupe de lui. Oui, est-ce un signe? J’ai tellement envie d’y croire.

*toile de Lewis Evans

6 juillet 2024

Des piles partout

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 16:03

Oui, il y a des piles de livres partout, je l’avoue. Des livres achetés depuis longtemps, des livres reçus en cadeau, des livres empruntés à la bibliothèque, des livres achetés lors de ventes d’élagage de bibliothèques récemment, des livres entamés, des livres qui datent, des livres pour enfants, des romans.

Oui, il y a des piles partout. Je ne sais vivre qu’ainsi.

*toiles de Joël Penkmann

20 juin 2024

Même devant l’écran

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 5:31

Je n’ai jamais été capable de travailler de la maison en pyjama. Ça a pourtant été le cas de plusieurs de mes collègues et amis au début de la pandémie, quand nous avons dû déserter les bureaux. Et même par la suite, car certains portent encore du « mou » les jours où ils n’ont pas à se rendre au bureau. En fait, je n’ai jamais songé à passer à une tenue autre que celle que je porte habituellement pour travailler hors de chez moi. Je prends même le temps de maquiller sommairement mes yeux et de mettre du rouge à lèvres. Et je pousse les choses plus loin, puisque je me parfume.

Est-ce si étrange que cela? On m’a en effet laissé entendre que j’étais un drôle de numéro et qu’on ne comprenait pas pourquoi je me donnais cette peine alors que je passe mes journées devant un écran. Et que fait-on du bonheur de choisir un foulard, de sélectionner des boucles d’oreilles et de se brosser les cheveux? Ils sont à mes yeux absolument essentiels pour bien commencer la journée. En fait, ce doit être de famille. Ma sœur fait exactement la même chose.

19 juin 2024

Le chandail rouge

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:15

Elle ne fut jamais plus belle que cet hiver-là. Une photo est là pour le prouver.

Si elle enfilait le chandail rouge de la photo, aurait-elle les yeux aussi brillants qu’elle les avait à 30 ans? Elle y songe.

Mais il n’y a pas d’urgence à remonter le temps. Quand elle aura fini son chapitre. Peut-être.

17 juin 2024

La citation d’Orson Welles

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 16:09

On naît seul, on vit seul, on meurt seul. C’est seulement à travers l’amour et l’amitié que l’on peut créer l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls. (Orson Welles)

J’avais une idée approximative de cette citation que mon oncle avait un peu trafiquée en conservant l’essentiel de celle-ci quand je suis tombée sur la version intégrale par pur hasard. Et c’est en poursuivant mes recherches que j’ai appris que cette phrase était tirée du film Someone to love dans lequel Welles joue son propre rôle.

Cette citation est-elle vraiment de lui ou du scénariste ou encore des deux?Peu importe. Je veux surtout m’attarder à son sens plus qu’à déterminer qui en est le véritable auteur.

J’ai toujours été convaincue qu’on naît seul et qu’on meurt seul. Mais vit-on vraiment seul en dehors d’une île habitée uniquement par soi-même? Rien n’est moins sûr. On a pour la plupart de la famille, des voisins, des collègues, lesquels font tous partie de notre vie jusqu’à un certain point. Nous ne sommes donc pas seuls, au sens propre du terme. Mais de là à dire que l’amour et l’amitié peuvent créer l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls, toute une question.

Avoir des amis ne nous rend pas moins seuls. Une relation amoureuse non plus.

Mais l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls quand nous avons des amis ou sommes amoureux me laisse tout de même un peu perplexe. C’est le genre de question à débattre à plusieurs. Qui se lance?

*illustrations de Maria Loor

15 juin 2024

Musique du jour

Il n’est que 7 h 30, mais je suis debout depuis plus de deux heures… Je ferai des courses tout à l’heure et j’irai souper avec mon père, mais pour l’heure, j’écoute Nightnoise, Vous m’accompagnez?

*illustration d’Eri Kamei

13 juin 2024

Soir après soir

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:47

Dès que ma journée de travail est terminée, je pars retrouver mon père afin de passer un peu de temps avec lui. Il n’est pas évident pour lui de passer ses journées seul même s’il les occupe à du rangement et à l’entretien sommaire de la maison. Ma visite est donc plus qu’attendue, elle est essentielle. Ce ne sont pas les appels de ma mère ou la visite d’un voisin qui sont suffisants. Il a besoin de passer du temps avec sa fille.

Je fais le souper, la vaisselle, le lavage, un peu de paperasserie. Puis, je le laisse se reposer et je rentre chez moi où m’attendent des livres et de la musique. Ainsi se déroulent mes soirées à quelques exceptions près. En effet, demain je verrai mon père le midi et j’irai aux Francofolies le soir.

*illustration de Daniela Gallego

3 juin 2024

Pleurer

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 20:17

Peut-être que quand on pleure et qu’on sait pourquoi, ce ne sont pas encore des larmes. Les vraies larmes sont sans raison. (Christian Bobin)

Ai-je raison de pleurer? De littéralement fondre en larmes sans raison apparente? D’où me viennent ces larmes? Depuis combien de temps attendaient-elles d’être versées? Me soulagent-elles?

Chaque fois que ça m’arrive, je me pose ces questions. Parfois, j’ai un semblant de réponse, mais la plupart du temps, ce n’est pas le cas. Des fois, je dis que c’est la fatigue. D’autres fois, que c’est en raison du poids que j’ai sur les épaules.

Cette fois, je sais pourquoi.

*illustration de Marika Maijala

1 juin 2024

La vie ne sera plus jamais pareille

Filed under: États d'âme,Couleurs et textures — Lali @ 14:24

Tout semblait bien aller pour mes parents., même si leur vie était loin d’être celle qu’ils avaient il y a quelques années. Marcher était de plus en plus difficile et la moindre tâche leur prenait une éternité. Mais ils étaient là l’un pour l’autre.

Or, il est presque certain qu’ils ne retrouveront jamais un quotidien commun. Ma mère a fait une chute dans l’escalier lundi dernier. Elle est sur un lit d’hôpital avec une importante fracture de l’humérus qui va réduire la mobilité de son bras droit de façon importante. Il y a peu de chances qu’elle puisse se lever seule et s’habiller sans aide.

La vie ne sera plus pareille, d’abord pour elle, puis pour nous. Et je n’ai aucune idée de ce qu’elle sera. Pour l’heure, ma sœur est au chevet de ma mère et je veille sur mon père. Et je compte sur vous pour m’envoyer des ondes positives. Nous en aurons besoin.

*toile de Cora May Boone

27 mai 2024

Elle écoute Jesse Cook

Elle écoute Jesse Cook un après-midi de mai. Et cela lui rappelle les mains du guitariste qu’elle a aimé à 30 ans. Et la musique la ramène à un autre homme qu’elle a aimé, quinze ans plus tard, et à qui elle doit la découverte de cet artiste canadien.

Il restera toujours quelque chose d’eux dans sa vie. Plus que quelques notes de guitare dans un après-midi de mai. Tout ce qu’elle a tu et qui lui revient alors qu’elle danse pour elle seule. Comme elle le fait souvent, comme elle l’a fait toute sa vie.

Du verbe aimer, elle ne connaît que le passé composé et l’imparfait. Le présent et le futur n’existent que dans les livres.

*illustration d’Erin Dyer

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