Lali

17 novembre 2018

Bouclettes 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

VERA (Rosa)

soleil couchant
roses les pétales blancs
du pommier en fleurs

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Rosa Vera

Trop tôt

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:41

trop tot

Je ne suis plus libraire depuis plus de douze ans. Je ne peux donc pas affirmer qu’il n’y a aucun autre livre portant sur l’arrivée d’un enfant prématuré hormis Trop tôt, paru il y a quelques mois à l’école des loisirs, dans la collection Pastel. Mais je peux par contre dire que cet album tout en douceur est émouvant, de la première image à la dernière.

Tout un tour de force que de dire en peu de mots et en quelques images ce que ressent un enfant en apprenant que son petit frère est arrivé bien trop tôt, qu’il va rester à l’hôpital encore en peu en compagnie de sa maman. Or, Céline Sorin a trouvé les phrases, Célia Chauffrey a créé des images pour les accompagner.

« On ne peut pas arriver comme ça chez les gens!
En avance, sans prévenir,
dans des pyjamas trop grands,
avec un grand frère tout pas coiffé, tout qu’a pas
caché ses jouets interdits aux bébés! »
affirme le héros de l’album, qui n’est pas prêt à cette arrivée.

Et c’est de cela dont il s’agit. Du fait qu’en arrivant avant l’heure prévue, un petit frère bouleverse la vie de son ainé, qui se pose plein de questions, qui veut bien faire les choses, mais qui ne veut pas perdre sa place dans le cœur de sa maman. Du fait aussi que ce nouveau-né est si petit qu’il faut attendre avant de faire sa connaissance. De tout ce qui agite ses pensées, car non, décidément, il est bien trop tôt.

Un livre où il est question d’amour. D’amour, et encore d’amour.
Un très beau livre.

Quelques extraits vous attendent ici si le cœur vous en dit.

16 novembre 2018

Bouclettes 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

VERMEHREN (Sophus) - 7

tout le ciel
dans un pare-brise
soir de printemps

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Sophus Vermehren

Le jardin de Monet

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 19:41

jardin de monet

C’est lors de sa sortie, en 1987, que j’ai découvert le bel album Le jardin de Monet, écrit par Christina Björk et illustré par Lena Anderson. C’est donc avec joie que j’appris qu’il était à nouveau offert aux jeunes lecteurs de 7 à 12 ans depuis 2013.

L’album a peu vieilli, je le concède. En effet, une visite du jardin comme celle que fait Pomme, en toute tranquillité, comme si l’endroit lui appartenait, n’a plus rien à voir avec la réalité actuelle. Le jardin de Monet, à Giverny, est au fil des saisons pris d’assaut par des hordes de touristes. Mais cela, vous le saviez déjà, j’imagine.

Mais pour le reste, le contenu est juste, les illustrations de toute beauté, les toiles de Monet reproduites de belle façon, les photos un ajout intéressant et les renseignements à la toute fin une agréable façon de prolonger le voyage de Pomme à Paris.

Je ne peux que recommander cet album qui nous permet de découvrir le jardin de Monet, l’artiste lui-même, sa vie, ses œuvres, le Musée Marmottan qui lui est dédié (et qui est trop peu connu à mon avis), ce qu’est l’impressionnisme, et tellement plus. Car cet album est un pure ravissement, et je suis fan des illustrations de Lena Anderson.

15 novembre 2018

Bouclettes 2

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

VON WÄCHTER (Paula) - 2

soleil hivernal
rosissant blanchissant
la ville s’éveille

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice de Paula von Wächter

Sur la route de l’exil

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:41

dunes

Il n’est pas facile d’aborder le sujet des migrants et de le rendre accessible aux enfants. Or, Colette Hus-David, qui a signé le texte, et Nathalie Dieterlé, les illustrations, peuvent se féliciter. Elles ont mené à bien, avec beaucoup d’amour le très bel album intitulé Chemin des dunes : Sur la route de l’exil, une histoire qui raconte le parcours de Talia, forcée de quitter le Soudan avec le siens.

Talia a sept ans, un grand frère, une petite sœur à naître. Mais la vie n’est plus possible là où elle vit, ce qui a poussé ses parents à prendre la route de l’exil, avec l’espoir d’une vie meilleure pour leurs enfants.

Mais c’est sans compter un immense chagrin au départ, celui de perdre l’un des leurs, leur fils, dans la cohue des départs en bateau vers des ailleurs prometteurs. Sans compter non plus le temps qui n’en finit pas de s’étirer pour venir à bout de tout ce qui entoure la paperasserie avant de légaliser leur situation aux yeux des autorités françaises. Ni tout celui passé à tenter de s’intégrer, à apprendre une langue et des coutumes dont on ne savait rien avant de quitter l’Afrique.

Pourtant, Talia s’y fait, s’acclimate. Le sourire d’une petite sœur toute neuve y est beaucoup. Celui d’une nouvelle amie qui vit la même chose, aussi.

On ferme l’album avec un nouveau regard et une envie de prendre dans nos bras toutes les Talia du monde.

14 novembre 2018

Bouclettes 1

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

TAMBURRINI (Amerigo) -2

matin d’hiver
même la lumière du lampadaire
semble gelée

Michel Betting, Bouclettes indomptées

*choix de la lectrice d’Amerigo Tamburrini

L’horrible Madame Mémé

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:15

L-horrible-madame-meme

J’aime énormément les cartes postales dessinées par Amande Piu. C’est pour cette raison que j’ai eu envie de découvrir qui était cette horrible Madame Mémé, et de savoir si elle était aussi horrible que cela. Et c’est bien le cas. La mémé imaginée par Émilie Chazerand est une vieille dame détestable qui a tout des pires sorcières des contes de fées de mon enfance.

Henri a donc bien raison de ne pas aimer les premiers dimanches du mois, car c’est ce jour-là qu’en famille on va visiter sa grand-mère paternelle. Et il a bien raison aussi de s’inquiéter quand il voit à quel point sa mémé qui sent le vieux gant de toilette ne connait ni la gentillesse ni la tendresse. Si cela venait avec l’âge de devenir ainsi? Si sa propre mère se transformait un jour en horrible mémé?

Voilà là un album pour les 6 ans et plus qui m’a laissée perplexe, même si j’ai beaucoup aimé les illustrations d’Amandine Piu. J’ai pourtant eu une grand-mère paternelle qui avait bien des ressemblances avec celle d’Henri, même si je l’appelais Grand-maman et non pas Madame.
Mais je crois que je n’aurais pas aimé la retrouver dans un livre. Probablement parce que, pas une seule minute, je n’ai imaginé que ma mère pourrait devenir une horrible vieille dame. Elle ne pourrait vieillir que comme ma grand-mère maternelle, qui était une grand-mère parfaite et aimante.

Du coup, je ne sais pas à qui on peut offrir un tel livre ni pour quelles raisons on le ferait. Et ce, même si, la plupart des critiques que j’ai lues sont toutes élogieuses.
Avoir une horrible mémé n’a rien de drôle.

13 novembre 2018

Boîte d’images 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

FOELL (Sue) - 3

En attendant
je marche seule
dans la verticale
du jour
nulle part au monde
le ciel n’est aussi haut
qu’à Montréal

Denise Boucher, Boîte d’images

*choix de la lectrice de Sue Foell

Où est ma chaussure?

Filed under: À livres ouverts,Pour petites mains — Lali @ 20:37

Ou-est-ma-chauure-

Ceux et celles qui s’intéressent à la littérature jeunesse ont tous à un moment ou à un autre ouvert un album de Tomi Ungerer, Alsacien d’origine vivant en Irlande depuis de nombreuses années. Il a en effet tenu une grande place sur les rayons des librairies et des bibliothèques, particulièrement dans les années 1960 et 1970.

Or, j’ai eu la surprise de constater que son album Où est ma chaussure?, initialement publié en 1964 en anglais, a été réédité en 2012, et eu la curiosité d’y plonger, me demandant jusqu’à quel point cet album avait bien vieilli ou pas. Je ne peux que constater que cet album où les images prennent presque presque toute la place, celui-ci étant axé sur la recherche d’une chaussure page après page, un jeune garçon ayant perdu l’une des siennes, n’a rien perdu de son efficacité.

Les différentes chaussures proposées sont dissimulées dans des objets ou des animaux, et il n’est pas toujours évident de les trouver au premier coup d’œil. Mais je me pose une question. Si cet album n’était pas une réédition, et s’il n’était pas un album de Tomi Ungerer, accepterait-on aujourd’hui de publier un livre dans lequel un enfant trouve une chaussure dans un canon à fût et dans le costume d’un militaire? Oui, je me le demande à l’heure où l’édition est si frileuse, du moins au Québec, qu’elle évite bien des sujets qui laissent entendre que tout n’est ni gentil ni rose.

À chacun de juger s’il veut s’aventurer sur des chemins qui ont tout à voir avec la réalité, et de décider s’il préfère fermer les yeux et éluder de possibles questions.

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