Lali

25 avril 2008

Le recueil 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

kroll 5

Elle a ouvert Épeler le jour pour une septième fois, un septième soir, juste avant le coup de minuit. Sans savoir. Sans même imaginer où le hasard le mènerait. La lectrice d’Abraham Leon Kroll a ouvert le livre un 25 avril. Et le poème s’appelle… 25 avril.

Aujourd’hui je t’ai donné l’œillet le plus rouge
que j’aie trouvé sans trouver ta boutonnière.
Comme si tu m’embrassais aujourd’hui,
comme si nous descendions sur la Place
par l’avenue des platanes où sifflent
les trains. Ils avaient l’habitude de siffler
dans mes jambes et sur mon épaule
niche encore un oiseau blessé. Le printemps
continue à la fenêtre. Il y a plus de poussière qu’avant,
j’ai davantage de jours à ajouter aux jours.
Je mâche la poussière de tous les œillets que tu m’as donnés,
je les veux toujours rouges au bord des lèvres.

Elle aimerait un jour vivre près de la mer

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 16:50

landry

Elle aimerait un jour vivre près de la mer. Entendre le battement régulier de l’océan toute la journée. Déjà enfant, elle avait senti cet irrésistible appel. Déjà enfant, dès les premières vagues, elle avait compris que cette musique était la plus belle, la plus douce de toutes. Même les jours de grand vent et de tempête. Parce qu’alors vient une odeur propre à ces moments.

Elle aimerait un jour vivre près de la mer. Entrer dans la toile de Paul Landry. Et qu’il y vienne avec elle.

Pour Fernanda, mais pas juste pour elle

Filed under: Signé Armando,Un peu d'histoire,Vos traces — Lali @ 12:07

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Une photo du coq du parc du Portugal de Montréal prise en août par Armando et une invitation à tous les curieux en ce 25 avril. Pour l’occasion et depuis quelques jours, du bleu dans mes nuages a rendu hommage et célébré à sa manière la liberté. Un magnifique travail teinté de tendresse et d’espoir.

Que feras-tu demain?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 11:52

manchess 2

-Que feras-tu demain?
-J’écrirai.
-Que feras-tu après-demain?
-J’écrirai.
-Que feras-tu dans une semaine?
-J’écrirai.
-Que feras-tu dans quelques mois?
-J’écrirai.
-Et dans dix ans?
-J’écrirai.
-Tu n’as pas d’autre ambition?
-Non.

Et celle qui posait des questions a laissé là l’écrivaine peinte par Gregory Manchess. Pas sûre de comprendre. Et celle qui écrit n’a même pas eu conscience de son départ.

Anecdotes de libraire 11

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 10:14

marsans

Je vivais dans la nouveauté, dans les nouveaux titres qui poussaient sur les « anciens » qui avaient quatre ou cinq mois d’existence. Dans un monde qui va trop vite et qui ne laisse pas le temps aux livres de vivre. C’est probablement pourquoi j’aimais tant me réfugier les jours de congé dans les librairies d’occasion.

Ce que je fais d’ailleurs, encore. Pour voir ce qui résiste au temps. Pour constater quels livres voyagent. Pour la différence, aussi. Car les librairies de livres neufs finissent par toutes se ressembler avec les mêmes piles de l’une à l’autre. Pour la personnalité de certaines librairies d’occasion où la sélection du propriétaire est manifestement liée à ses propres goûts.

Si d’aventure un jour il me venait l’envie pour mes vieux jours de retourner à ce métier qui a été le mien pendant un quart de siècle, je suis certaine d’une seule chose. Je ne vendrais pas de livres neufs. Et si c’était le cas, je pratiquerais dans un petit local avec des fauteuils et du café. Et je ne demanderais pas à quiconque ce qu’il cherche. Je laisserais les uns et les autres trouver…

*toile de Luis Marsans

Les choses n’ont pas de signification

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 9:03

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Les choses n’ont pas de signification : elles ont une existence.[ Fernando Pessoa ]

Et là, dans le parc, dans le matin qui se déploie, la lectrice de Georgina Allen médite la phrase de Pessoa. Incertaine d’en saisir totue la portée, elle qui a toujours voulu trouver un sens à toute chose. Elle qui s’attache à des signes qui n’en sont peut-être pas. Elle qui cherche des explications où il n’y en a pas toujours.

Et la phrase reste là. Accrochée à un nuage. La phrase devient une chose. Elle a une existence.

Vivement que je devienne cette lectrice!

Filed under: Scènes livresques,Signé Armando,Vos traces — Lali @ 7:25

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C’est à Armando qu’on doit ce doublé : lectrice et fleurs dans la même photo. Vivement que je devienne cette lectrice! Oui, vivement!