Lali

17 avril 2008

Un livre a-t-il un jour changé votre vie?

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 22:10

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Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c’est pour toujours.
[Christian Bobin]

Quel est celui qui a changé la vie de chacune des lectrices peintes par Justin Clayton? À moins qu’elles ne l’attendent toujours? Qu’une seule l’ait trouvé?

Et vous? Y a-t-il un livre un jour qui ait changé votre vie?

Lecture au clair de lune

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 20:03

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Et dans ses rêves épars, il y aura peut-être cette image d’elle qui reviendra. Cette image qu’il aurait voulu retenir. Cette lune accrochée dans le ciel tandis qu’elle lisait et qui chaque fois le faisait hésiter entre l’envie de la laisser à son univers et celle, plus pressante, de l’embrasser. Et il fermera les yeux. Et il se rappellera le goût des lèvres de la lectrice de Didier Lourenço. Bien davantage que du clair de lune posé sur elle comme une caresse.

L’heure sera venue

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 19:10

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Un jour, la lectrice d’Ule Wollinger ne sera plus figée. Elle abandonnera le livre qui semblait ouvert pour l’éternité pour un autre paysage. Pour une autre vie. Pour tout ce qu’elle s’empêche encore de vivre. Retenue par une sorte de peur qui peu à peu prend moins de place. Un jour, elle ne sera plus cette statue muette qui attend son heure. L’heure sera venue.

Anecdotes de libraire 8

Filed under: Anecdotes de libraire,Couleurs et textures — Lali @ 7:54

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Il venait tous les vendredis. Et s’il ne pouvait venir, il m’appelait pour me dire qu’il ne viendrait pas. J’étais sa mémoire. Je savais ce que sa femme aimait. Je savais ce qu’il lui avait acheté dans la dernière année et je l’empêchais d’acheter deux fois le même livre. Il faut dire qu’il ne lisait pas. Son dada, c’était le modélisme. Il pouvait travailler des heures à monter des avions, à construire des villages autour d’une gare, à poser un à un les mâts et les voiles d’un bateau miniature. Et il en parlait avec une telle passion que je souriais. J’aime voir les gens heureux, je n’y peux rien.

A-t-il trouvé quelqu’un qui retienne les titres qu’il achète? Y a-t-il quelqu’un qui ait pris le temps de téléphoner à sa femme parce qu’elle ne peut se déplacer pour connaître ses goûts? Ou va-t-il de librairie en librairie cherchant celui ou celle à qui il demandera Je vous dérange? et qui lui répondra en souriant Le jour où personne ne me dérangera, je fermerai boutique.

Souhaitons qu’il n’en soit pas ainsi et que le jour où il a franchi la porte de la librairie peinte par Michael Ewart, il ait trouvé le sourire qu’il attendait.

Le souci du détail

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 7:01

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Sac et pull s’harmonisent. Et probablement que si on jetait un regard sous la table trouverions-nous des chaussures assorties. Moi qui ai le sens des couleurs et qui aime qu’elles se marient ensemble ne pousse pas les choses jusque là. Mais curieusement, j’apprécie que d’autres aient ce souci. Et elles sont rares. Je n’en connais que deux à avoir cet art : Francine, ma collègue, et Monique, ma sœur. Et outre ce détail qui les rassemble, elles se ressemblent sur de nombreux autres points. Toutes deux ont une vie sociale trépidante, aiment que leur maison soit toujours pleine, sortent beaucoup. Est-ce que tout cela est propre à celles qui ont le souci d’une belle table et de tout assortir avec goût et classe? Il faudra peut-être demander à la lectrice de Bernie Donahue.

Tout vient qui doit venir

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:38

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Les vraies rencontres, celles qui marquent, celles qui déterminent le parcours, celles qui changent la vie, celles qui en modifient la couleur et le rythme, sont-elles autre chose qu’hautement improbables? Qu’il s’agisse de ce livre qui arrive jusqu’à soi par des chemins détournés, que ce soit ce paysage qu’on découvre par les chemins de traverse, que ce soit l’autre qui par destin ou par hasard, ou par ce mélange des deux, croise nos jours sans lumière pour les éclairer, tout cela est-il vraiment improbable ou devait-il en être ainsi? La lectrice de Georges Kalmetti n’a pas la réponse et n’est pas même certaine qu’il vaille la peine que la question se pose. Tout vient qui doit venir.

Ceux qu’il écrit

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 6:01

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« Tu gardes tout? » lui a-t-il un jour demandé, quand il a vu qu’elle avait glissé entre deux pages en guise de signet quelques mots qu’il avait griffonnés à la hâte. « Oui, tout. »

Il l’a regardée. Elle a encore dit : « Oui, tout. »

Si elle avait poursuivi, elle aurait peut-être dit Jusqu’au moindre frisson.

Et il en sera toujours ainsi. La lectrice de Christie McFarlane préfère aux mots de tous les livres ceux qu’il écrit.

Car avec toi c’est autre chose

Filed under: Couleurs et textures — Lali @ 5:06

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Elle a apporté un livre. Comme toujours. Comme chaque fois. La lectrice de Mary Erickson n’est pas en mesure de sortir les mains vides, et les mains vides, pour elle, ça veut dire sans livre.

Elle a donc apporté un livre, mais elle ne lit pas. Elle rêve. À des mots. Toujours les mêmes.

Car avec toi c’est autre chose,
Si tu devais partir un jour,
Mon amour, mon amour, mon amour,
Ce ne serait plus la même chose.
Je n’ai jamais aimé comme ça,
Je n’aimerai personne après toi.
Car avec toi c’est autre chose.

(tiré de Barbara, Ma plus belle histoire d’amour)

Beaucoup de rouge

Filed under: Vos traces — Lali @ 3:05

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C’est la nuit. Une nuit noire comme le sont toutes les nuits. Mais la neige a tellement fondu depuis quelques jours que je me suis mise à rêver. De rouge. De beaucoup de rouge. De rouge jusque sur les toits. Comme l’a vu Denise, à Genève.