Lali

8 août 2012

Woody à Rome

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 16:01

Je n’ai pas vu le film Midnight in Paris. Or, si je l’avais vu, me dit-on, j’aurais été en mesure de me préparer au plus récent Woody Allen, To Rome with love. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’histoires qui ne se recoupent pas et qui n’ont pour lien entre elles que le fait de se dérouler pour l’une à Paris, pour l’autre à Rome, et de nous offrir quelques beaux décors.

Nous croiserons donc une jeune États-unienne qui tombera amoureuse d’un bel Italien et les parents des tourtereaux dont un Woody Allen excentrique bien décidé à faire valoir les talents de chanteur d’opéra du futur beau-père de sa fille; un couple parti de sa campagne pour tenter sa chance à Rome à qui il arrivera certaines péripéties de bien peu d’intérêt sauf pour ceux qui ont un faible pour les jambes de Penelope Cruz; un homme qui passe de l’anonymat à la célébrité et qui ne peut plus s’en passer; et un architecte qui retourne sur les lieux de sa jeunesse et fait la rencontre d’un jeune homme qui est une copie de ce qu’il était il y a trente ans.

C’est en fait ce dernier volet et le seul des quatre à avoir capté mon attention. Il aurait même pu être développé au point d’en faire un film, tant il est intéressant de suivre quelqu’un qui retourne sur les lieux de sa jeunesse non pas pour changer le cours de l’histoire, mais pour jeter un œil sur ce qu’il a été et sur les événements importants de cette époque de sa vie qui ont fait en sorte de faire de lui ce qu’il est aujourd’hui.

Mais Woody Allen a préféré nous proposer des comédies plus ou moins drôles. Et pas assez de Rome à mon goût.

Manhattan et Annie Hall sont bien loin. Et je suis nostalgique.

29 mars 2012

Monsieur de Givenchy

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 15:24

Souvent, le sujet fait à lui seul un film. Parce que le sujet ou le personnage est si exceptionnel, si hors de l’ordinaire, si passionnant qu’il ne peut en être autrement. Et parce que le couturier Hubert de Givenchy avait toujours refusé de se plier au jeu de la caméra afin de se livrer, de raconter son parcours, de partager ses souvenirs, de parler de ses créations, de ses amis, notamment Balenciaga et Audrey Hepburn, on pardonne au réalisateur Karlim Zeriahen quelques images moins réussies, comme le défilé des dates marquantes à toute vitesse et de si loin qu’on ne peut les lire.

L’essentiel est ailleurs. Il est dans ce que dégage le créateur, dans ce cadeau qu’il fait à ceux pour qui il est un maître par ce Monsieur Hubert de Givenchy, présenté dans le cadre du Festival international du film sur l’art, que je vous invite à découvrir dans ce court extrait.

Dans quelques semaines, on fêtera les 60 ans de l’ouverture de la maison de couture d’Hubert de Givenchy. Il avait 25 ans.

26 mars 2012

Oscar Niemeyer, né Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 14:46

Je pourrais vous raconter, le temps de quelques paragraphes, à quel point j’ai apprécié le film de Marc-Henri Wajnberg réalisé en 1999 sur le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer, que j’ai eu l’occasion de visionner dans le cadre du Festival international du film sur l’art.

Mais parce que j’ai tellement aimé cette réalisation, je ne vous dirai rien. Sinon que dans ce film il se raconte et qu’il dessine, qu’il dessine et qu’il dessine. Et que vous y croiserez Gilberto Gil et Chico Buarque. Et aussi qu’à 90 ans, l’âge qu’il avait au moment du tournage — il en a maintenant plus de 100 —, il avait toujours les idées excessivement claires.

Pour vous en convaincre, installez-vous confortablement. Vous en avez pour une heure.
1re partie
2ème partie
3ème partie

24 mars 2012

Douze maisons pour en faire une

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 14:39

Dès les premières images du film de Richard Copans, La maison Vitra, où douze maisons vont en composer une seule, vous voudrez aller voir les choses de plus près. Et à mesure que dérouleront devant vous de nouvelles images de ce complexe architectural à la fois musée et salle d’exposition des environs de Bâle, vous voudrez encore plus voir celui-ci de près. Et quand l’architecte Jacques Herzog vous expliquera les bases de ce projet, notamment dans cet extrait, vous allez ajouter cette destination à la liste de vos destinations de rêve.

Oui, j’ai eu un coup de foudre pour cette maison inaugurée en 2010 et pour ce film d’une trentaine de minutes, présenté dans le cadre du Festival international du film sur l’art, qui nous dévoile sa conception. Un énorme coup de foudre!

23 mars 2012

Le paysage intérieur

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 15:40

C’est à l’occasion du Festival international du film sur l’art que j’ai vu le plus récent film du Suisse Pierre Maillard, autant documentaliste que réalisateur de films de fiction, Le paysage intérieur.

Ce paysage intérieur, dont vous pouvez voir quelques images ici, c’est celui qu’ont imaginé les architectes japonais Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, de l’agence SANAA, c’est-à-dire une vague, pour la nouvelle bibliothèque de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, dont la réalisation a été rendue possible grâce à des bâilleurs de fonds du secteur privé, dont le plus important est Rolex, d’où le nom de l’édifice, le Rolex Learning Centre (RLC).

Lauréats du prix Pritzker en 2010 pour cette réalisation, les architectes de SANAA ont voulu créer un grand espace lumineux, aéré et aérien, qui donne l’impression, selon l’endroit où nous sommes, de chevaucher la vague , d’en faire partie ou d’être dessous. Décor des plus modernes, le RLC s’inscrit à même le paysage urbain dont il fait partie, ce qui ajoute à sa beauté tout en longueur plutôt qu’en hauteur, ce qui aurait défait tout le paysage. C’est cette aventure que raconte le film de Pierre Maillard de façon chronologique, avec à la fin certaines images qui vous feront rêver…

En ce qui me concerne, Pierre Maillard a réussi son pari : il m’a donné envie d’aller voir cette bibliothèque hors du commun.

21 mars 2012

Métamorphose d’une gare

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 14:35

C’est dans le cadre du Festival international du film sur l’art que j’ai assisté à la Métamorphose d’une gare, un film réalisé par Thierry Michel, prétendant raconter les différentes étapes qui ont donné naissance à la nouvelle gare des Guillemins, à Liège, inaugurée en 2009.

Or, le film est un ramassis d’anecdotes glanées au cours de la construction de cet énorme éléphant blanc plutôt que le documentaire auquel on pouvait s’attendre. Qui ne connaît pas Liège aurait peut-être aimé d’entrée de jeu qu’on lui donne quelques données sur cette ville, à savoir sa taille, combien de gens y vivent, combien de personnes y transitent quotidiennement pour le travail ou pour changer de train. Il aurait sûrement aussi apprécié découvrir la gare des Guillemins avant les grands travaux, savoir en quoi elle était désuète et pourquoi il fallait la rajeunir. Mais rien de cela n’est dans le film de Thierry Michel. Pas plus que n’est raconté le processus de sélection qui a fait de l’architecte espagnol Santiago Calatrava, celui à qui on doit la gare Stadelhofen à Zurich, la gare de Lyon-Saint-Exupéry et la gare d’Orient à Lisbonne, le grand gagnant. Nulle image de celles-ci ne nous sera d’ailleurs offerte afin de nous donner une idée de son travail.

On sort de là avec l’impression que le réalisateur est passé à côté de son histoire, qu’il ne l’a jamais racontée, préférant mettre en lumière les commentaires de l’un et de l’autre, les délais, les problèmes de béton, les idées de grandeur de l’architecte prêt à détruire une ville au profit d’un projet démesuré. Comme si ce n’était pas assez d’avoir choisi le blanc dans une ville où tout devient gris très vite ou d’avoir évincé des gens et jeté par terre des logements et l’ancienne gare des Guillemins.

Le film de Thierry Michel n’est rien d’autre qu’un tissu d’anecdotes. Point. Bien loin du film sur l’architecture que je m’attendais de voir.

23 novembre 2011

Monsieur Lazhar, un rendez-vous avec la vie

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 14:38

Bachir Lazhar n’a plus rien à perdre : il a déjà tout perdu. Sauf ses souvenirs. Ceux avec lesquels il lui faudra vivre jour après jour. Ceux qui, parfois, empêchent même de vivre. Sauf si. Sauf si, comme lui, vous décidez de vous accrocher à la vie coûte que coûte, malgré tout, et parce que vous n’avez plus rien à perdre.

Alors qu’élèves, et enseignants, que parents et directrice sont encore sous le choc qui a suivi le suicide d’une jeune enseignante dans sa salle de classe, Bachir Lazhar vient offrir ses services afin de remplacer la disparue, ayant appris la nouvelle dans le journal. Il a, dit-il, enseigné en Algérie. Il lui manque quelques papiers. La directrice hésite. Les jours ont passé. On a changé la couleur des murs. Mais aucun enseignant en disponibilité ne veut prendre le relais et faire face à des élèves traumatisés.

Elle choisit donc de contourner les règlements. Parce qu’elle est fatiguée d’essuyer des refus. Parce qu’elle ne peut pas abandonner des enfants perturbés. Parce que, malgré tout, la vie continue.

Oui, la vie continue. Il le faut. Pour lui, qui attend un verdict qui confirmera ou non son statut. Pour eux, qui devront faire leur deuil, régler leurs comptes entre eux.

Oui, la vie continue. Avec tout ce qu’elle comporte de beauté comme de détresse. Avec les travers des uns et les qualités des autres. Et cela nous donne un très beau film. Humain. Dont on sort pour certains totalement bouleversé. À tout le moins, ému. Plus qu’un peu.

Pas étonnant que Monsieur Lazhar ait gagné le Prix du public et le Prix Variety au Festival du film de Locarno; le Prix du public et le Prix spécial du jury au Festival du film francophone de Namur; le prix du meilleur film au Toronto International Film Festival. Monsieur Lazhar est un beau film, un très beau film. Pas tout à fait réaliste, les classes étant en général beaucoup plus multiethniques que celle présentée, mais cela n’a pas d’importance. La richesse de ce film est ailleurs. Dans les liens qui se tissent entre certains personnages, dans l’image final. Inoubliable.

Le film sera distribué en Allemagne, en Australie, en Autriche, en Belgique, en Brésil, en Espagne, aux États-Unis, en France, en Luxembourg, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, au Portugal, en Suisse et au Japon dans les prochains mois. Ne ratez pas ce rendez-vous magnifique avec la vie.

12 juillet 2011

Timidité et chocolat, un mélange savoureux

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 20:36

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Quand vous sortirez de la salle après avoir vu Les émotifs anonymes, un film de Jean-Pierre Améris inspiré de sa propre vie (bande annonce ici), vous n’aurez qu’une idée en tête : vous précipiter dans la chocolaterie la plus proche. Le fait que le film met en scène une chocolatière (Isabelle Carré) et le propriétaire d’une chocolaterie (Benoît Poelvoorde) y est pour quelque chose. Bien entendu. Et particulièrement une scène où tous deux, sortis de leur timidité maladive le temps d’une dégustation, s’extasient avec tant de passion qu’on a les papilles en pleine émoi.

Hormis l’effet chocolat, le film est un savoureux moment de détente. Une délicieuse comédie. Un film auquel il faut attribuer des adjectifs qui ont du goût. Une comédie qui met en scène deux timides à outrance qui tombent amoureux l’un de l’autre et qui devront vaincre leur « malaise » pour déclarer leur flamme et dont la fin vous ravira. Je n’en dis pas plus. Juste un conseil : soyez prévoyants. Ayez du chocolat sur vous. On ne sait jamais. Ça pourrait être utile.

2 juillet 2011

Les femmes du sixième étage

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 17:00

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Elles vivent tout là-haut, dans l’immeuble où il vit, mais Jean-Louis Joubert ne les connaît pas encore. Or, dès le jour où sa femme embauchera l’une des Espagnoles du sixième tout juste débarquée de son pays natal et nièce de l’une d’elles, c’est toute sa vie qui se verra transformée.

Lui, un être sans méchanceté mais un peu terne, dont le quotidien tournait autour des chiffres, de la Bourse et des obligations sociales, va soudain s’intéresser à autres que ceux faisant partie de son univers de base. D’abord à Maria, sa bonne, puis à toutes celles qui l’entourent, poussant même sa curiosité pour l’Espagne plus loin en apprenant la langue de Cervantès et en s’intéressant à son histoire, notamment à la dictature franquiste qui a fait fuir celles qui vivent tout là-haut. D’abord un peu sceptiques, les patrons et les employés ne se mélangeant pas, elles finissent par apprécier cet homme bon qui ne les considère pas de sa hauteur et qui semble vraiment apprécier leur compagnie.

En fait, notre homme apprend grâce à ces femmes le bonheur de la simplicité, la fraternité, l’entraide, la chaleur humaine et le rire. De l’homme fade qu’il était, elles en ont fait un homme qui a choisi de vivre, ce qui nous donne un film tout simplement savoureux dont on sort avec envie de danser.

Les femmes du sixième étage. À voir absolument.

26 mai 2011

Besoin de rire?

Filed under: Sur grand écran — Lali @ 15:19

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De temps en temps, on a juste besoin de rire. Du ridicule d’une situation. De personnages caricaturaux. D’une époque. Enfin, de tout et de rien. De rire, quoi.

Potiche, un film réalisé par François Ozon (connu notamment pour Huit femmes), mettant en vedette Catherine Deneuve, Gérard Depardieu et Fabrice Lucchini dans les rôles principaux, est exactement ce qu’il faut pour combler ce besoin, surtout s’il pleut depuis plusieurs jours. Adapté d’une pièce de boulevard créée en 1980, le film raconte la rébellion des employés d’une usine de parapluies en même temps que celle de la femme du propriétaire de l’usine, qui est aussi la fille du fondateur de l’entreprise, lequel était apprécié et estimé par ses employés, ce qui n’est pas du tout le cas du patron actuel.

Profitant du fait qu’il est hospitalisé puis en croisière pour se reposer, Madame Pujol (Catherine Deneuve), qui en a assez d’être une potiche aux yeux de son mari (Fabrice Lucchini) en profite pour faire de l’usine ce qu’elle n’était plus : un lieu de création et humain. Une émancipation qui ne fera pas l’affaire de tout le monde, qui en écorchera quelques-uns au passage et qui la poussera à aller plus loin.

Ajoutez ici et là quelques éléments typiques au théâtre de Feydeau, comme qui est la fille de qui et qui est le fils de qui, et les quiproquos qui vont avec; une fille arriviste coiffée comme Farrah Fawcett dans Charlie’s Angels, une secrétaire qui est un mélange de Dolly Parton dans Nine to Five et de Melanie Griffith dans Working Girl; un fils à maman dont le look est calqué sur celui des chanteurs des années 70; un téléphone recouvert de moquette… Voilà pour l’ambiance. Si déjà vous ne riez pas avec tout ça, les dialogues et les situations se chargeront de faire le reste.

Vous l’aurez compris, Potiche n’a rien d’un film sérieux. Mais vraiment rien. Et c’est ce qui m’a plu. Beaucoup, beaucoup plu. J’ai même oublié qu’il pleuvait.

La bande annonce devrait vous convaincre de vous précipiter en salle si je n’ai pas réussi!

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