Je me rappelle un jour d’orage;
J’étais jaloux de tous ces flots
Qui venaient, chacun à son tour,
Ramper, pleins d’amour, à tes pieds!
J’aurais voulu, comme la mer,
Effleurer ces pieds de mes lèvres!
Non, jamais à l’époque folle
Où ma jeunesse s’exaltait,
Je n’ai désiré aussi fort
Baiser les lèvres des Armides,
Les roses en feu de leurs joues,
La douce langueur de leurs seins;
Non, jamais l’élan du désir
N’a si fort torturé mon âme.
(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)
*toile de Ricky Colson

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