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En vos mots 201

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C’est dans les archives de l’artiste Edwin Georgi que je suis allée chercher la lectrice de cette semaine, me demandant bien ce que pouvait contenir cette lettre qu’elle a à la main.

À vous de nous le dire, en vos mots, comme vous le faites semaine après semaine, comme vous l’avez si bien fait pour la 200e toile, Armando deux fois plutôt qu’une, lequel a même demandé à Pépé de déposer quelques mots, ce que l’autre s’est empressé de faire sans se faire prier davantage. Merci à eux, à Barbara, à Chantal, à Denise, à Flairjoy, à Lautreje, à LH, à Lou, à Mathilde et à Luce qui a joué le jeu pour la première fois et que j’accueille parmi nous chaleureusement, en espérant la revoir au fil de ces rendez-vous hebdomadaires.

À vous donc de nous raconter d’ici dimanche prochain la lectrice du jour, de nous livrer le contenu de sa lettre ou un souvenir qu’elle vous inspire. Les commentaires seront validés au moment de l’accrochage d’une nouvelle toile comme le veut l’habitude.

D’ici là, bonne semaine et bon dimanche à tous!

11 réponses

  1. Une lettre oubliée
    mots griffonnés
    au creux de la nuit
    mots posés
    au clair de lune
    souffle de lucidité
    inspiré du passé
    promesse d’enfant
    figée dans l’espace
    mots adressés aux étoiles
    qui l’attendent…

  2. Londres, 2 avril 1956

    Petite Garce, jolie blonde,

    Vous vous êtes joué de moi, 14 heures durant en prétendant être une fille de la province, en apparaissant à votre fenêtre sur cour . En réalité vous étiez une femme de la haute société . Je volai pour vous cette émeraude tragique qui fit me faire prendre la main au collet . Je fuis par les ponts du Toko-Ri pour Mogambo ; le train sifflera trois fois m’aviez vous dit avant que le cygne et son chant ultime ne vous entraîne dans une incommensurable détresse…

    Jamais je ne vous oublierez , amazing Grace, princesse de mes songes.

    Votre Hitch

  3. Immobile je songe, le cœur serré je passe…

    Mon âme redit lui quelle est donc cette angoisse.

    Oh messager secret ! Trouveras tu mon cœur

    Une clé à son âme ? Quelle en sera son heure ?

  4. LA LISTE

    Tout est prêt, je crois que je n’ai rien oublié.
    J’ai tant espéré ce voyage.
    Toute une semaine!
    Libre! Enfin!

    Bon, je vérifie une dernière fois : savon, brosse à dents, pâte dentifrice, pyjama, chaussettes, tee-shirt, boxers, chemises, cravates, veston, pantalons, rasoir, lotion après-rasage…

  5. Le téléphone avait retenti comme un appel désespéré. Il était tôt. Clarisse se souvenait que le jour s’éveillait à peine. Timidement.

    L’annonce remplie de pleurs du décès de sa grand-mère l’avait plongée dans une nostalgie sans nom. Des images d’enfance et de son adolescence sont venues se chevaucher dans ses pensés. Bizarrement l’annonce du décès de sa grand-mère ne la rendait pas triste. Juste nostalgique. Comme si elle s’apercevait soudainement qu’un bout de son enfance venait à jamais de s’éteindre.

    Il fallait qu’elle prépare sa valise avec le nécessaire pour quelques jours. Le temps de retourner dans son village en Algarve, là où les amandiers en fleurs sourient, à chaque saison, au temps qui passe et où elle s’en allait en tenant son grand-père par la main, cueillir les oranges et respirer cette odeur si particulière de l’insouciance. Dans sa tête les souvenirs se bousculaient, comme des pièces désordonnées d’un même puzzle. Et au bout de chaque souvenir elle ne trouvait que le sourire de sa grand-mère. Celle qui savait si bien lui raconter des histoires qui la faisaient tant rêver et auxquelles elle voulait croire quelquefois.

    Puis c’est lorsqu’elle prit un vieux châle que sa grand-mère lui avait offert avant partir que la lettre est tombée.

    C’était une lettre dessinée par une écriture tremblante. Encore jeune. Une lettre si douce. Si tendre. Qui lui déclarait un amour sans condition. Une lettre qu’elle se souvenait à peine d’avoir lue. Et qu’elle lisait avec émotion se noyant peu à peu dans des souvenirs qu’elle croyait perdus. Il lui est revenu ce matin où ils se sont promenés sur la plage à une heure où le soleil était aussi doux que son regard. Il lui est revenu ce baiser si maladroit. Si fugace. Si pur. Comment avait-elle fait pour l’oublier?… Antoine. Son doux Antoine… les souvenirs si tendres de ses vacances passées avec Antoine à l’heure où l’adolescence offre ses premiers frissons l’ont envahie peu à peu, avant qu’elle se perde à murmurer, mon Dieu, Antoine… Qu’est-il devenu?… Serait-il toujours là ?… avant de se sentir angoissée à l’idée qu’elle allait avoir la réponse dans quelques heures…

  6. Ce n’est pas la première fois que Rita utilise sa valise pour ses différents voyages. En fait, cette valise appartenait à son cher grand-père décédé, il y a un an. Elle se souvient d’un certain jour, lorsqu’il lui a dit, tiens ma petite Rita, je te l’offre. Elle te sera plus utile qu’à moi. Maintenant que tu es interprète, tu voyages très souvent. Vois-tu, elle est comme neuve et très pratique. Elle n’a l’air de rien à voir comme ça mais je t’assure que l’on y met beaucoup de choses.

    Rita était heureuse de posséder un bien de son grand-père tant aimé. Comme elle le regrette.

    C’était toujours auprès de lui qu’elle se confiait lorsqu’elle avait un chagrin et lui seul savait la consoler, trouvait les mots justes.

    Rita est demandée un peu partout dans le monde en tant qu’interprète dans de grandes Sociétés. Grâce à ses parents et ses grands-parents, Rita reçu une belle éducation . Elle parle facilement cinq langues. C’est une superbe jeune femme, intelligente, élégante, distinguée et surtout qui a un coeur d’or.

    Lors de ses voyages, Rita ne voit pas que la beauté des pays, elle y voit aussi la misère. Dans certaines rues, elle croise des enfants aux grands yeux tristes qui ont faim.

    Après son mandat qui prendra fin dans deux ans, Rita pense continuer à voyager mais ce sera pour venir en aide à des enfants démunis. De l’argent, elle en a, ce n’est pas un souci. Elle a bien économisé.

    De retour de ses cinq voyages, Rita apprécie de retrouver son chez-elle et se réjouit de rendre visite à ses parents pour leur expliquer ses souhaits.

    Avant toute chose, Rita défait sa valise et pose ses vêtements sur le lit. Elle prend soin de ne rien laisser et vide les poches intérieures de la valise. Ses doigts touchent un papier qu’elle sort délicatement. Comment cela se fait-il? Je ne l’ai jamais vu auparavant.

    C’était une lettre à son nom. Très intriguée, elle lu:

    Rita, ma petite-fille chérie,

    Avant de rejoindre les étoiles, j’ai pris la peine de t’écrire ces quelques mots. Lorsque je t’ai offert ma valise, j’avais glissé cette lettre dans une des poches en priant le ciel que tu la trouves.

    Tu as été mon rayon de soleil, j’ai toujours été heureux en ta présence et je te connaissais par coeur. Tu as eu raison de faire ton métier d’interprète et je t’ai même encouragé mais une petite voix au fond de moi me disait qu’au fil des années, tu changerais de direction. Comme je te l’ai dit, je te connais trop bien et je sais que ton coeur est immense.

    Alors voilà, au dos de la page tu trouveras l’adresse de mon notaire. Tu prendras rendez-vous. Me sachant malade j’ai tout prévu. Tu es la seule héritière. Tous mes biens désormais t’appartiennent et je sais que tu en fera bon usage.

    N’oublie pas qu’une petite étoile, tout là-haut veille sur toi ma petite.

    Ton grand-père qui t’aimera toujours.

    Les yeux de Rita étaient tout embués et avait de la peine à lire jusqu’au bout…

    Cela tient du miracle se dit-elle que je trouve cette lettre aujourd’hui.

    Mon rêve est exaucé et je vais pouvoir venir en aide à ces enfants.

    Avant de se relever, Rita regarda le ciel en espérant voir une étoile…

  7. Claire glisse dans sa valise son chemisier rose pâle, en crêpe de Chine et, un foulard de soie.
    Quelle robe prendre, celle en satin de soie ou celle en organdi ? Les deux, on ne sait jamais.
    Ne pas oublier le gilet en mohair, et le petit cache-coeur, voilà c’est fait.
    Claire est impatiente et si heureuse. Elle va rejoindre Paul à la sortie de son bureau, et ils partiront, en train, en direction de Venise. Elle relit, une fois encore, la réservation du billet et vérifie les horaires.

    J’entends son pas et le cliquetis de ses talons, le doux crissement de ses bas de soie sur le tissu de sa jupe en flanelle. La porte se referme.

    Un parfum mêlé d’iris et de poudre de riz flotte dans l’appartement. Mes narines frissonnent tant j’aime le parfum de Claire. Comme une petite souris, je me glisse dans sa chambre. Sur sa coiffeuse, au miroir circulaire, je caresse des yeux les flacons de parfum, les boîtes de poudre, les tubes de rouge à lèvre.
    Habanita – Molinard, Soir de Paris – Bourgeois, Clin d’oeil, Flatterie – Houbigant, Aphrodite – Caron. Je déchiffre à voix basse et m’enivre de ces mots mystérieux. Je soulève le couvercle et la houpette de la boîte de poudre. Je prends doucement le flacon de Soir de Paris. Mon coeur palpite.
    Un bruit dans l’appartement. Doucement, je sors de cette chambre et me faufile pour rejoindre la mienne. Dans mon petit lit, je me promets, oui, plus tard, quand je serai grande, moi aussi je me parfumerai et mettrai du rouge à lèvre rouge…

  8. Ce fut un grand et très beau moment à vous lire comme tous les dimanches. Cette fameuse lettre a offert plusieurs versions et je trouve cela très beau.
    Mes amitiés 🙂 et bonne semaine à vous tous.

  9. Je reprends les mots d’Armando :
    « Comme à chaque fois, la différence des uns et des autres ne fait qu’enrichir mon regard.
    Merci. »

    Car cela correspond à ce que je ressens, mais si bien dit…

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