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En vos mots 200

leon-jimenez-esperanza.jpg

Quand a commencé l’aventure d’En vos mots, il y a de cela 200 semaines, jamais je n’aurais pu imaginer que celle-ci durerait aussi longtemps. Jamais même je n’aurais pu imaginer qu’elle aurait ses fidèles, auteurs comme lecteurs. Jamais.

Et si En vos mots existe, c’est à cause d’Armando. S’il n’avait pas eu l’idée d’écrire un texte fort différent du mien à partir d’une toile qui nous avait inspirés tous les deux, je n’aurais probablement pas eu cette idée. Une idée dont je suis fière (allez, je peux le dire, non?) et qui me procure chaque dimanche un double plaisir, celui de valider les textes inspirés par la toile du dimanche précédent et celui d’accrocher une nouvelle toile. Un plaisir qui ira au delà de cette 200e toile, de l’artiste espagnole Esperanza Leon Jiménez, puisque j’ai déjà choisi la 201e, la 202e et la 203e.

Puisse donc la toile de cette semaine alimenter votre imagination, donner envie à ceux qui n’ont pas encore tenté l’expérience d’écrire quelques lignes et aux fidèles d’être au rendez-vous, notamment celui à qui on doit En vos mots et qui a écrit quelques lignes sur chacune des toiles.

Bon anniversaire à En vos mots et bon dimanche à tous!

18 réponses

  1. Si je compte bien ça fait quatre ans..??
    Félicitations à toi…chacun sait que le plus difficile c’ est de durer..!!
    C’ est toujours avec bonheur que je viens respirer chez toi…
    On y trouve toujours un petit bonheur du jour…
    J’ aime beaucoup cette toile ,mais j’ ai du mal à faire cet exercice d’ écriture…
    Un jour peut-être..?
    Bisous Lali…continue de nous enchanter..:-))

  2. Une admirable initiative, Armando, et une belle aventure, Lali! Merci.
    Félicitations aussi, aux auteurs assidus de « En vos mots » auxquels je souhaite de tout coeur, l’inspiration, pour le plaisir d’écrire tout simplement…

  3. J’ai une cousine qui est née en Italie et qui aime la lire
    Elle-même a une cousine qui se prend pour une déesse et qui joue de la lyre
    Alors que mon autre cousine qui est bibliothécaire adore lire.

    Ce qui est drôle est que ma cousine italienne n’aime pas le dollar
    Et que celle qui se prend pour une déesse ne sait pas jouer de la flute
    Mais celle qui aime lire est toujours enchantée. Comme la flute.

    Par contre ma cousine qui aime la lyre sait jouer du piano
    Alors que celle qui ne sait pas jouer de la flute aime les fruits de mer
    Et, ce qui n’est pas étonnant, celle qui aime lire aime aussi les mots croisés

    Moi je n’aime ni la lire, ni jouer de la lyre mais j’aime lire
    Et je trouve que ma cousine qui joue de la lyre devrait lire
    Sans faire très attention à la lire, qui ne vaut pas un clou

    Et ce n’est pas tout, puisque celle qui aime lire, devrait jouer de la lyre
    Puisque les crustacés se raréfient dans la mer et qu’elle aime un pêcheur
    Alors que celle qui aime la lire n’aime pas le pêcheur mais adore les pêches

    Et moi j’observe tout ce monde et je me dis dans mon coin
    Que je n’ai qu’une envie c’est de lire, en écoutant jouer de la lyre
    En me foutant de la lire puisque l’argent ne fait pas le bonheur.

  4. Au début, c’étaient des petits mots moqueurs. Devant les copains. Comme un jeu. Pour rire. Quelquefois Rose faisait la moue mais Raul s’empressait de lui faire remarquer qu’elle prenait tout trop à cœur. Qu’elle était toujours trop sérieuse.

    Il faut dire qu’en ce temps-là Rose l’aimait de tout son être…

    Puis est venu le temps où Raul a commencé à la taquiner sur ses défauts. Il parlait de son doudou et puis d’autres choses qu’elle tenait comme intimes, mais desquelles il se gaussait. Avec appétit. Le samedi soir. Pour se défouler, en buvant un verre, avec les copains. Tout en lui faisant remarquer que, qui aime bien châtie bien…

    Un jour, alors que Clara était déjà née, Rose se souvenait que la voix de Raul avait changé. Elle était devenue aiguisée et froide. Moins aimante et pleine de reproches. Puis, il y a eu cette nuit… La gifle avait éclaté comme un fouet, laissant une douloureuse balafre dans la pureté du silence.

    Clara, surprise et apeurée, s’était mise à pleurer. Rose, le sourire meurtri par le temps, lui a lu quelques lignes d’un vieux livre. À mi-voix. Pour la rassurer.

    Depuis cette nuit-là est venu le temps des insultes. Souvent. Les coups. Quelquefois. Les humiliations. Et puis le silence. Toujours. Ce silence qui, comme une bougie tremblante, vous brûle le corps et l’âme, jusqu’à l’épuisement des nuits blanches et vides pour ne vous laisser, à l’aurore, qu’un regard cerné par le désespoir et rougi par les larmes, avant de se fondre, tête basse, anonyme et solitaire, dans la foule.

    Un soir, Rose, comme elle en avait pris habitude, est venue lire quelques lignes à Clara. À mi-voix. Pour qu’elle s’endorme paisiblement. Ce soir-là, Rose a posé le livre sur l’étagère et a regardé par la fenêtre. Vers le ciel. Puis, le trou noir. Le grand voyage. Rose s’en est allée. Là où l’amour et la haine n’existent plus. Ou pas. Quelle importance…

    Clara avait le regard figé, posé sur ce visage consumé par le temps et qui lui paraissait maintenant si serein et si apaisé. Clara ne pleurait pas. Elle était silencieuse et triste, tenant un livre trop grand pour son âge, serré contre son cœur.

    Ce matin froid de février promettait une journée bleue et ensoleillée et Clara s’était attardée devant le grand cœur rouge qui embellissait la vitrine du chocolatier et annonçait l’arrivée de la Saint-Valentin. Elle avait hoché la tête, ironique, avant de poursuivre son chemin vers cette journée qu’elle avait tant attendue. Patiemment. Chaque jour depuis 15 ans. Depuis ce jour où celle qui lui avait donné la vie était partie. Elle n’avait que huit ans.

    L’homme en face d’elle ne faisait entendre que des dénis, des regrets et quelques remords épars.

    Mais… je suis ton père!… lui a-t-il lancé plusieurs fois. En désespérance… Comment peux-tu me faire cela?… Tu es ma petite fille… Je t’aime. Tu sais… Je t’aime!…

    Clara a dévisagé, impassible, cet homme si proche et si distant dont elle ne se souvenait guère si elle l’avait appelé père, un jour. Elle avait ce même regard silencieux et triste qu’elle avait eu un jour lorsqu’elle avait tenu, serré contre son cœur, un livre trop grande pour son âge…

    De retour chez elle, Clara s’était attardée à regarder à travers la fenêtre ce ciel si noir et taché de millions d’étoiles muettes qui semblent toujours si indifférentes face à l’éternelle petitesse des hommes.

    Une larme ancienne est venue caresser doucement son visage avant de s’endormir au bord de ses lèvres.

    Puis, elle a caressé des bouts des doigts un vieux livre endormi dans l’étagère depuis trop longtemps. Un livre qu’elle a pris délicatement contre son cœur. Puis, avec des gestes lents et tendres, elle l’a rouvert, là où Rose s’était arrêtée, et elle s’est mise à lire. À mi-voix. Comme si elle savait que, quelque part, ailleurs dans la nuit, quelqu’un attendait, depuis longtemps, la chaleur de sa voix pour s’endormir paisiblement.

    C’était une de ces nuits où les étoiles étonnées regardent les milliers de miettes de lune éparpillés sur la mer, comme des naufragés qui scrutent l’horizon en rêvant d’un point de lumière qui les guide vers leur salut.

  5. Quel trésor as-tu découvert entre ces lignes? Quel secret recèlent ces précieuses pages en filigrane? La lumière vient te couvrir de sa douceur et réchauffe le clair-obscur de ta vie. Déjà l’aube se lève sur tes 12 ans et plus rien ne pourra te retenir à l’enfance …pas meme ces mots qui s’évanouissent dans un souffle. Essaies-tu de les cacher au fond de toi? Comment capturer le songe?

  6. Je serai là
    Dans un coin
    Un tout petit coin
    J’entendrai l’ivrogne chanter
    J’entendrai les rires moqueurs
    Et j’entendrai le vent pleurer

    Et puis je resterai là
    Toute seule, si seule
    Les yeux remplis de rêves
    Et l’oiseau blanc viendra
    Les ailes embellies de tendresse
    M’offrir une nuit d’amour

  7. Enfin, le grand jour pour Mélissa est arrivé. Elle a attendu tant de mois avec sa patience habituelle mais ces derniers jours Mélissa ne tenait plus trop en place. Depuis la première édition de « En vos mots » qui paraît chaque dimanche, Mélissa a tout mis de côté en se réjouissant de voir venir la 200e toile de cette magnifique rubrique. Elle avait sa petite idée. Lorsque les mots de chacun seront déposés après 200 semaines, elle s’est dit qu’elle irait dans une imprimerie pour faire relier le tout avec une superbe toile sur la première page. C’était son voeux le plus cher.

    Ses parents ont bien remarqué une certaine agitation de sa part mais ne savaient pas de quoi il s’agissait. Ils se sont dit, notre chère Mélissa a beaucoup de travail, elle est débordée entre ses cours de médecine son bénévolat et toutes ses lectures. Elle devrait se reposer un peu.

    Aujourd’hui, ses parents sont au courant. Mélissa leur a tout raconté. Son bonheur faisait plaisir à voir. Ses parents ne l’ont pas vu souvent aussi si joyeuse et son rire était communicatif. Mélissa, si réservée habituellement, dansait dans le salon sous les regards heureux de son père et de sa mère.
    Bon, leur dit-elle, maintenant je vous laisse mes parents chéris, je vais dans le jardin.

    Sans oublier de prendre avec elle un gros paquet de feuilles, elle retrouve son arbre. Depuis toute petite, c’est son arbre et elle aime tant venir lui raconter ses joies et parfois ses peines. Mais aujourd’hui, c’est jour de joie. Elle s’assied dans l’herbe et devant elle, elle dispose tous les magnifiques textes qui l’ont rendu heureuse. Toutes les feuilles sont éparpillées et prend grand plaisir à les classer par date. Son arbre participe aussi puisque Mélissa a accroché plusieurs feuilles sur son tronc. Cela prendra le temps qu’il faut, se dit-elle, mais c’est un bien trop précieux. Lorsque le tout sera relié, quel bonheur de venir ici lire. Je vais passer des moments délicieux et si doux. Si un jour, je deviens mère, ce splendide recueil deviendra aussi le bien de mes enfants.

    J’ai déjà prévu sa place dans ma bibliothèque mais je pense qu’il sera plus souvent déposé sur la petite table du salon et mes parents pourront également en profiter. Ce n’est que du bonheur sachant que tous ces mots merveilleux ne pourront pas s’envoler puisqu’ils vont me tenir compagnie. Mon coeur en est déjà imprégné.

  8. ÉLOGE

    Une avalanche de mots dévalent des images
    Déposées chaque dimanche au pays de Lali,
    Des grappes d’émotions au merveilleux cépage,
    Un cultivar greffé aux accents de la vie.

    Flairjoy

  9. Les vagues de ces jours qui succèdent aux nuits
    De celui qui va seul. La brise sort de l’ombre,
    Peu importe le temps, il fait déjà moins sombre
    Lorsque l’ami écrit puisqu’il chasse l’ennui…

  10. -Eteins la lumière, il est l’heure de dormir. Demain, tu auras sommeil.
    J’obéis, et j’appuie sur la poire de la lampe de chevet. J’écoute. La maison est silencieuse. Tout le monde s’est endormi.
    Sous l’oreiller, j’ai glissé ma lampe de poche. A plat ventre, la tête sous le drap et la couverture, le coeur battant, j’allume la loupiotte.
    Et je me replonge dans le livre d’Alexandre Dumas. Haletante je suis d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis. Milady de Winter, le Cardinal, le roi, Anne d’Autriche la reine. Les ferrets de diamants, Madame de Bonnacieux. Planchet son laquais. D’Artagnan amoureux, vaillant, fort. Si beau… Je le vois, je l’imagine. Je l’aime… Ah !!
    -Lou, éteins la lumière, tu n’es pas raisonnable ! Si jamais je me lève.
    -D’accord, Papa, j’éteins.

  11. Ils avaient échappaient à la mort,survécu à l’horreur . Lui à Auschwitz , elle à la déportation .Ils ont scellé leur destin en terre étrangère .Ils étaient jeunes encore. Ils ne s’étaient vus que trois fois . Rencontrés, fiancés, épousés .Ils se sont écrits tous les jours pendant un an .Il est des mots que l’on ne peut pas dire .
    Elles sont là les lettres ,sacrées, enchâssées .Elles attendent .

    Elle avait onze ans quand il est mort . La mère vécut encore et l’a rejoint .L’orpheline au pied de l’arbre sait qu’elle doit transmettre leur histoire . Un livre . Livrer leur intimité ,se délivrer, partager . Offrir leur vie pour toujours recommencée . Elle, elle cherche et trouve sa consolation en lisant ,en se glissant dans la vie des autres
    .
    Recroquevillée au pied de l’arbre, de ses racines, l’orpheline leur dira. A quoi serviraient les racines s’il n’y avait pas de fruits ?

    Ils s’appelaient Youri et Bronia .

  12. Oh, Armando, mes yeux ne peuvent continuer la lecture, pour l’instant, tant mes yeux sont remplis de larmes. Je reviendrai tout à l’heure.

  13. C’est une grande joie de lire tous vos mots, les amis, des mots qui viennent du coeur et qui laissent un doux parfum flotter dans l’air. Je suis si heureuse 🙂
    Bienvenue Luce pour votre premier « En vos mots » au pays de Lali avec le bonheur de vous lire encore bien souvent.

    Un grand merci Armando pour ta merveilleuse idée, il y a quatre ans, ainsi qu’à toi Lali pour l’avoir mise en pratique avec ta grande générosité en sachant tout le travail que cela demande.
    La toile de ce 200e « En vos mots » est magnifique.
    Bisous à vous deux 🙂 🙂

  14. 2OOème ! oh le beau numéro 🙂

    l’endroit est simple, clair et lumineux
    sans fioritures, sobre et ouvert
    que l’on y vienne chaque semaine ou très peu
    le plaisir est intact, le style généreux !

    🙂

    bravo à vous
    des bises particulières à certain(e)s 😉 et mes amitiés à tous !

  15. Kamo No Chômei écrivait dans” Notes de Ma cabane de Moine “

    “Les puissants sont avides de gain, les humbles isolés sont méprisés
    Ceux qui possèdent beaucoup, doivent craindre beaucoup
    Ceux qui sont dépourvus, doivent souffrir beaucoup
    Si l’on doit recourir aux autres, on devient leur esclave
    Si l’on a à s’occuper des autres, on est victime de l’amour qu’on leur porte
    Si l’on se conforme aux usages du monde, on ne peut qu’en souffrir
    Si l’on n’en tient pas compte, on a l’air d’un fou
    Où faudra t-il s’installer, que faudrait-il faire, pour être un peu tranquille
    Et pour goûter ne serait-ce qu’un instant le contentement du coeur ? “

    À l’ombre du feuillus
    des larmes glissèrent sur la page
    Eva, pourtant avide de mots
    se sentit lasse, lasse
    des mots qui défilent
    des mots qui gesticulent
    pour quelle finalité
    et puis
    des mots absents
    des mots sourds
    et pour Eva
    des mots soupirs
    pour ne pas étouffer

    À l’écart du monde
    sous la voûte céleste
    l’envie tenace pour Eva
    de déplier sa vie
    une dernière fois
    puis la rouler en boule
    pour épouser Gaïa
    changer le sang en sève
    en trace silencieuse

    11 Février 2011

  16. Silence et émotion…. Et quelle symbolique sous le nom de Gaïa !!!

  17. Merci Chantal pour ce texte qui me touche beaucoup. C’est beau, très beau!
    Bisous!

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