Pour cet avant-dernier dimanche du mois d’août, j’ai choisi pour vos mots une illustration bien estivale de Giovanna Giuliano, en espérant qu’elle vous inspirera. Comme d’habitude, aucun commentaire ne sera visible avant dimanche prochain. Vous avez donc plus que le temps d’examiner la scène sous tous les angles, d’écrire quelques lignes pour la faire vivre à votre façon, de lire les textes déposés sur l’illustration de dimanche dernier, et même de les commenter si vous les souhaitez.
C’est avec plaisir que nous vous lirons dans une semaine. D’Ici là, bon dimanche à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
2 réponses
Elle n’a jamais aimé faire la crêpe sur la plage. Elle n’apprécie ni la foule ni de s’exposer au soleil de midi. Mais elle aime planter sa tente au bord du lac parfois, en fin de journée. Quand la lumière est encore belle et les rayons plus doux. Quand les estivants ont déserté les lieux, retournant à leurs petites affaires. Seuls quelques voiliers continuent à la conforter joliment de leur paisible présence. Elle savoure alors pleinement ces moments rien qu’à elle. Jamais sans ses livres, cela va de soi. Elle en a toujours plusieurs en cours, et passe de l’un à l’autre sans difficulté, ce qui en étonne toujours certains qui ont déjà du mal à se concentrer sur un unique ouvrage.
Ensuite, elle terminera la soirée par un plongeon dans l’eau tiède, en compagnie de quelques camarades venus comme souvent la rejoindre. En riant, en mangeant des fruits, en buvant de la limonade, ils discuteront jusqu’à la nuit de tout ce qui les passionne. Et ils parleront bien entendu sans se lasser et avec feu de leurs récentes et moins récentes lectures.
À cette époque, j’apprenais à mes dépens ce que vivre voulait dire. À la radio, un jeune Irlandais chantait en anglais, quelque chose, comme :
Dans quelques instants
Si je ne me sens pas moins amer
Je me promets de me faire plaisir
Et de grimper en haut d’une tour voisine
Et de grimper jusqu’au sommet
Je me jetterai dans le vide
Pour bien montrer à qui veut l’entendre
Ce que c’est d’être brisé.
Faut dire que depuis, Monsieur O’Sullivan et son Alone Again (Naturally), le monde de la musique n’a fait qu’embellir mon existence. Comme pour rattraper une enfance égarée entre l’espoir et l’abandon. Toujours dans mon monde, Without You d’Harry Nilsson, Morning Has Broken de Cat Stevens.
Repères d’une époque où, comme un marin échoué sur la grand île du monde, je découvrais chaque chose avec la prudence de l’enfant qui fait ses premiers pas. Des nuits entières à regarder les étoiles et à rêver de lendemains heureux. Bercé par les voix des Carpenters, de Joni Mitchell, Stevie Wonder, Johnny Nash, Carly Simon, et de tant d’autres que le tourbillon de l’oubli n’a pas encore engloutis.
Cette année-là, sur une plage, elle lisait Le vent de la nuit de Michel del Castillo. Moi, je lui ai parlé du Petit Prince. Cela l’a fait rire. Premier baiser de mon histoire. Et le corps dénudé d’une fille qui m’a appris des bonheurs inavouables. Et la voix de Carole King:
Quand tu es triste et tourmenté
Et que tu as besoin de réconfort
Et que rien, absolument rien ne va
Ferme les yeux et pense à moi
Et bientôt je serai là
Pour illuminer même ta nuit la plus sombre
…