Elle a longuement hésité. Toujours cette peur en elle de déranger. Cette peur qui la retient chez elle par peur que les autres la trouvent trop contemplative, trop rêveuse. Par peur qu’ils veuillent qu’elle bouge à tout prix, alors qu’elle est si bien à regarder la vie qui s’agite, alors qu’elle est heureuse de la lumière du jour sur le jardin de ses amis loin de la ville, alors qu’elle tourne les pages d’un livre.
Oui, elle a longuement hésité.
Et quelque part, là-bas, peut-être au fond du jardin, il y a là des gens qui regardent la lectrice de Richard Gauduchon et qui sont heureux. Juste parce qu’elle est là et qu’ils savent qu’elle est heureuse, avec eux, même si souvent dans son monde à elle. Juste parce qu’ils savent aussi que tout à l’heure elle sortira de sa bulle, qu’elle leur racontera le bonheur du paysage qui est le sien en ce moment, qu’elle leur lira peut-être un passage ou deux et qu’elle se lèvera de table pour les embrasser. Le plus naturellement du monde. Parce qu’il n’y a pas d’autre manière.

3 réponses
On n’est jamais heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner, c’est recevoir.
(Abbé Pierre)
… »peut-être au fond du jardin, il y a là des gens qui regardent la lectrice »…
Là, ou de l’autre côté du Lac.
Amitiés.
… il y aura là ou ailleurs, des gens qui regardent la lectrice. Certains avec les yeux du coeur.