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Heureusement!

ANKER (Albert) - 40

Encore une semaine qui a passé bien vite! Heureusement, vous avez encore 24 heures devant vous avant la validation des textes inspirés par la toile de la semaine!

*toile d’Albert Anker

Un peu de poésie belge 5

MATISSE (Henri) - 17

L’oiseau tardif

Un jour les hommes ont été de grands oiseaux
Dont l’ombre glisse encore aux mutismes des eaux.
Ils saluaient en l’air de plus légers plumages
Et les becs étonnés leur cousaient un sillage.
Voler est une aisance analogue au sommeil :
Balançant leur magique indolence des plantes
Ils n’étaient point troublés si leurs rémiges lentes
Heurtaient les jambes invisibles du soleil…
Puis la lenteur, de pouvoir sûr, devint paresse
Et, repris par la terre aux plombs du piège ancien,
Dans la facilité d’un prodige qui cesse
Ils ont tout oublié. Pourtant je me souviens
Qu’aux temps du vol je ne pouvais suivre mes frères
Sinon des yeux, et jalousais en solitaire
Par les longueurs d’été le cirque aérien.
Car j’étais un oiseau de l’espèce tardive,
J’avais manqué le train du ciel! Mais à présent
Je ne comprends pas bien quelle fortune arrive
À mes épaules que je vois s’élargissent…
Tout mon poids d’homme en vibre, et peut-être ces ailes,
De pousser hors saison celles-ci, tiendront-elles?

Robert Vivier
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)

*choix de la lectrice signée Henri Matisse

Ce que mots vous inspirent 1478

ALKO (Selina)

Chacun suit sa propre route, mais nous partageons quelques étapes. (Gilles Legardinier)

*illustration de Selina Alko

Un peu de poésie belge 4

MATEJKO (Jan) - 4

Être dite
que la parole me précède
m’évide
se tire de moi
que je m’arc-boute contre elle
souveraine
et que je lui résiste
qu’elle me disperse
que je sois la pulpe des mots
le pouls du langage

m’engager dans la rue
me perdre dans l’irrigation d’un pétale

tout habiter
que soit dit le ténu
le frêle
et qu’au-delà la mer m’emporte

Claire Lejeune
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)

*choix de la lectrice de Jan Matejko

Ce que mots vous inspirent 1477

ABSALOM (Mike) - 3

Quand le réel nous désespère, la rêverie constitue un facteur de protection. (Boris Cyrulnik)

*toile de Mike Absalom

Un peu de poésie belge 3

LYONS (Phil)

J’aurai vécu, brûlant les âmes et les heures,
victorieux de l’homme, impatient de Dieu,
régnant, déchu, désert, amoureux de mes leurres,
mêlant le songe au mal et la prière au jeu.

Pour taire la douleur et conjurer la peine,
j’assemblais un langage en forme de chanson,
payant, heure après jour et jour après semaine,
mes trésors inventés par de tristes rançons.

Je laisserai sur terre une plus frêle piste
que le vol de l’oiseau qui dans l’air a glissé.
Quelque jour, mon enfant touchera d’un doigt triste
mes livres entr’ouverts et mes missels glacés.

Je fus ce qu’il sera : la ferveur, la tendresse…
Les anges de l’amour sur mes songes régnaient.
Et voici tout à coup. si je veux qu’ils renaissent,
la douceur me mettant mille anneaux au poignet…

Voici l’été. Voici les saisons en allées,
le sable chaud, l’odeur des roses au soleil,
l’aventure attendant au détour de l’allée
tout un bonheur lointain qui ressemble au sommeil.

Charles Bertin
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)

*choix de la lectrice de Phil Lyons (dont toute trace a disparu)

Ce que mots vous inspirent 1476

LEIGHTON (Edmund Blair) - 15

La culture est facteur, voire moteur d’intégration. (Didier Hallépée)

*toile d’Edmund Blair Leighton

Un peu de poésie belge 2

McINNIS (RFM)

Grande lessive

Nos livres déteignent à la clarté de
nos illusions.
Nous ne saurons bientôt plus lire
que la blancheur de nos silences.

Mimy Kinet
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)

*choix de la lectrice de RFM McInnis

Ce que mots vous inspirent 1475

PESNE (Antoine) - 2

Le théâtre est le lieu où se rencontrent le monde visible et le monde invisible. (Laurent Terzieff)

*toile d’Antoine Pesne

Un peu de poésie belge 1

Sierra Exif JPEG

Qui déchiffrera le livre?

Qui déchiffrera les signes du livre
Et les signes déposés alentour des choses à ne pas dire

Et des choses à ne pas franchir

Qui?

Le temps qui efface tout
Et efface le Tout?

Ou serait-ce l’ombre du temps?

Ou serait-ce encore l’effacement qui te porte
Et te porte infiniment dans le livre?

Yves Namur
(dans La poésie francophone de Belgique de Werner Lambersy)

*choix de la lectrice d’Erin McGee Farrell