Si vous voulez la liberté, prenez-la, n’attendez pas qu’on vous la donne. (Bernadette Lafont)
*toile de Mathilde Arbey
Si vous voulez la liberté, prenez-la, n’attendez pas qu’on vous la donne. (Bernadette Lafont)
*toile de Mathilde Arbey
Tu es partie comme un rêve tard la nuit
je reste seul éveillé face au mur
et j’entends quelque part du côté de la rivière
une oie sauvage crier de solitude
Jacques Brault, dans Poètes du Noroît
*choix de la lectrice d’Angela Mia De la Vega
ces îles dont nous parlons depuis des siècles
avec leurs diamants d’os taillés sur d’anciennes vies
avec leur gratitude d’oiseaux inassouvis
avec leur misère toujours pareille
ces îles où nous irons ouvrir la terre
reconnaître le ciel des saisons découpées
aux heures des songes et aux matins d’orange
ces îles à bout de bras
dont nous parlons depuis des siècles
ô ces solitudes
Marie Uguay, dans Poètes du Noroît
*choix de la lectrice de Gustave de Jonghe
La beauté n’est pas dans la nature des choses. C’est une valeur ajoutée par l’homme. Aucun objet n’est beau, aucune œuvre n’est belle sans interlocuteur qui l’atteste. (Jean Hamburger)
*toile d’Arthur Hughes
On finit par répondre
qu’on est là, faire signe
parmi nos absences
ne plus fuir la mémoire
de certaines failles qui blessent
plus que d’autres
On finit par s’ouvrir
au silence qui revient
et ne plus répondre
au bruit des pas, ne plus croire
qu’on a aimé, soutenu un instant
la beauté de notre vie
On finit par sentir le temps
qui replie nos regards
lentement les referme, comme une blessure
dont on ne sait plus parler
Hélène Dorion, dans Poètes du Noroît
*choix de la lectrice de Roger De Greef
Pour être à temps dans la vie il faut être en avance. (Henri-Frédéric Amiel)
*toile de Thomas Eakins
vieillirons-nous ensemble au pas de la porte
têtes couvertes de branches blanches et de corbeaux oubliés
nos plaies confondues sous un soleil pâles mains effilées
momies d’un amour qui nous ressemble
ton bras à mon bras mon épaule contre la tienne
merveille alors de s’éveiller comme on ressuscite
le matin n’a pas une ride sur la peau des draps
viens sortons au grand jour la rue n’a point d’âge pas encore
tu ne dis rien près de tes lèvres le souffle se fait rare
j’écoute pour la millième fois le commencement du monde
le temps se déplie s’explique en espace le lait tinte aux yeux du laitier
est-ce l’hiver est-ce l’été nous ne savons plus entre nous l’instant tombe
des moineaux fusent de rire les journaux crient à tue-tête nos veines si bleues se répondent
tremblerons-nous ensemble au bout du trottoir
transis de nous voir enfin ombres illuminées
Jacques Brault, dans Poètes du Noroît
*choix de la lectrice d’Ambrose McEvoy
Il vaut mieux faire un aveu sincère que de s’excuser de mauvaise grâce. (Gabriel Girard)
*toile de Paul Duplessis
Marée montante
J’éteins ce texte
comme une lampe
qui a trop brûlé les yeux.
Le livre n’est plus visible
sut la table, les pages
fument où quelque bonheur
pressait le corps
de livrer ses sources,
ami toujours vert.
Je me lève à froid
dans un souci devenu
mien, dans un néant
qui me déborde.
J’ouvre la porte
et j’entends la mer
dans Montréal.
Pierre Nepveu, dans Poètes du Noroît
*choix de la lectrice de Paula Himmelsbach Balano
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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