Travailler de la maison m’a fait réaliser à quel point il y avait partout des piles de livres à lire, lesquels n’attendaient que le confinement pour signaler leur présence.
Chaque pause est donc consacrée à eux. À les choisir. À les lire. Et à déplacer les piles.
Viendra le temps où je vous parlerai d’eux. Bientôt, je crois.
Je n’ai pas eu à faire face au vent et à la neige à la fin de ma journée. Je n’ai pas attendu l’autobus ni marché sur l’allée couverte de blanc qui parait infinie après des heures à peaufiner des documents. J’ai vu les flocons de ma fenêtre alors que je me préparais une collation au milieu de l’après-midi, ce que je ne trouve jamais le temps de faire au bureau.
Et je me suis dit, même si je n’ai pas de foyer, comme en a un cette lectrice de l’artiste Junghyeon Kwon, que ce n’était pas si mal le télétravail. Et j’ai retrouvé le livre en cours.
C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie. Enfin, presque, puisque tout est déjà installé depuis vendredi pour que je puisse faire du télétravail. La table qui servait aux repas fait maintenant office de table de travail pour les prochaines semaines. Un disque dur, deux écrans, un clavier, une souris et une imprimante occupent désormais tout l’espace.
C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie. Enfin, presque, car j’ai déjà travaillé une partie de la journée d’hier, même si c’était dimanche. Mais aujourd’hui devrait être une vraie journée de travail avec son lot d’urgences, de documents à réviser et à faire traduire, et toute la paperasserie qui va avec.
C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie.
Quand elle sera terminée, je n’aurai que quelques pas à faire pour retrouver mon livre et mon sofa. Ça pourrait être bien pire, non?
L’inquiétude d’un malheur encore incertain dans l’avenir est elle-même un malheur réel et présent, mais qui ne prévoit un malheur possible que pour y savoir remédier avec tranquillité, ou se soutenir avec courage, s’y dérobe, ou en triomphe. (Philippe-Auguste de Sainte-Foy)
L’anxiété de l’inquiétude est plus poignante encore que l’angoisse de la douleur. Quand le malheur est accompli, l’irréparable nous courbe sous la soumission. (Eugène Marbeau)
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