Elle dort dans l’ombre des branches
Elle dort dans l’ombre des branches,
Parmi les fleurs du bel été.
Une fleur au soleil se penche…
N’est-ce pas un cygne enchanté ?
Elle dort doucement et songe.
Son sein respire lentement.
Vers son sein nu la fleur allonge
Son long col frêle et vacillant.
Et sans qu’elle s’en effarouche,
La longue, pâle fleur a mis,
Silencieusement, sa bouche
Autour du beau sein endormi.
(Charles Van Lerberghe, La chanson d’Ève)
*choix de la lectrice de Manolo Morgado

Une réponse
La première admire une branche
Qui verdira jusqu’en été ;
Le buisson vers elle se penche,
Par son charme il est enchanté.
La deuxième explore un grand songe
Qui se déroule, lentement,
Dans un silence qui s’allonge
Comme le discours d’un amant.
La troisième est un peu farouche ;
Elle se souvient d’un ami.
On pourrait lire sur sa bouche
Le nom que l’amour y a mis.