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En vos mots 354

WELZ-STEIN (Catrin) - 3

J’aime beaucoup le travail de l’artiste Catrin Welz-Stein. Si bien que voilà un moment que j’ai envie d’offrir à vos mots une des scènes empreintes de magie et de poésie dont elle a le secret.

C’est aujourd’hui le jour! Puisse cette scène livresque vous plaire et vous inspirer des poèmes, des nouvelles ou même juste une phrase. Il n’y a pas de règles au pays de Lali. Sinon celle de se faire plaisir en écrivant à partir d’une image.

À dimanche prochain pour la suite, au moment de la validation des commentaires.

4 réponses

  1. Au temps en emportent mes mots

    La pluie tombe sur la ruelle,
    Et la gouttière ivre gargouille,
    Les pavés glissent dans mon cœur…

    La pluie tombe sur la ruelle,
    Dans le torrent de mon malheur…

    À la grenouille, il pleut, il mouille,
    La pluie tombe sur la ruelle,
    Et la gouttière ivre gargouille…

  2. Mots jetés

    J’ai jeté mes écrits dans la joie, la tristesse,
    Au janus des mots, au trop plein d’overdoses,
    Et il y a cette page soliton,
    Et tous mes poèmes avec leurs blessures.

    Dans le désert de mes sanglots,
    Aux yeux des internautes trop nombreux
    Qui font émerger sous leurs claviers
    Cette toile infernale,
    Piégeant mes labyrinthes au fin fond des ténèbres.

    Je reste devant cet écran vide
    Qui absorbe ma souffrance,
    Qui reflète la peur de mes mots.

    Et mes liaisons squelettiques
    Recensent mes amitiés nouvelles,
    Recensent mes amours mortes

    Qui s’enracinent en s’enfuyant…

  3. Des mots. Elle ne se rappelait plus que les mots murmurés par des amants de passage.
    Des Brando d’une nuit et quelques Redford prétentieux, fatigués avant le printemps de leur âge.

    Des mots. Elle n’avait que la musique des mots qui caressait son corps meurtri. Fatigué par le temps et par les hommes venus retrouver la virilité qu’ils n’avaient plus chez eux. Avant de disparaître, anonymes dans la nuit. Sans se retourner.

    Des mots. Elle n’avait que cela pour tout souvenir. Pour tout silence.

  4. Il pleut des mots, lettres et syntagmes, phonèmes et monèmes, dans un mois de janvier lointain, en allant tout doucement vers le bâtiment de la fac de Lettres, à Bruxelles.

    Le « m » qui tombe à l’époque d’Auguste fait un joli son de « plic! Ploc! » ou plutôt « Mmmm! Mcccc » sur le parapluie.

    La ronde des caseum formaticum, des pâmes qui tombent dans un panier, des « s » amui, tout cela est bien un peu mouillé, pâteux, indistinct, dilué dans un bleu d’aquarelle, mais l’essentiel est d’avoir un parapluie, d’être à l’abri du vent, de l’ennui et de l’amour, et de continuer son chemin joliment, prête pour le rendez-vous galant, prête pour plus tard, quand tout cela aura à nouveau un sens.

    Mais en aura-t-il jamais un vraiment ???

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