dans le bleu du jour
dans les jardins de l’oubli
les cœurs de Marie
accrochent leurs pendeloques fleuries
aux fenêtres de mon enfance
les pensées découpent des clartés
dans des vagues de pierre
où des tulipes alvéolées
trinquent dans des calices dorés
des roses rouges en bouton
font des pointes sur les tombes
et donnent un ballet fantôme
aux ombres qui longent les allées
le ciel aux ailes d’aronde
accorde ses violons de lumière
pour déposer dans le bleu du jour
sa petite musique du silence
Françoise Urban-Menninger, La draperie des jours
*choix de la lectrice de Pierre Pivet

2 réponses
Très beau et sensible poème! En voici un autre magnifique de Françoise Urban-Menninger:
je suis l’abeille
dans la rose
aux lèvres mi-closes
tiédies par le soleil
je bourdonne
dans un choeur
de langueur
où mon âme fredonne
je suis l’abeille brodée
sur la nappe de l’été
où la rose oubliée
pose sa tête fanée
Merci Sophie!
Celui-ci est aussi très beau!