C’est une des geishas de l’artiste californienne Miriam Slater que je vous invite à dévoiler en vos mots en ce début d’année. En vers.En prose. En toute simplicité. Pour le plaisir de vous plier à l’exercice. Pour la centième fois ou la première. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour tenter une nouvelle expérience.
Puisse cette toile inspirer de nombreux textes et donner le goût à de nouveaux envosmotistes à se joindre à ceux qui viennent, selon l’inspiration, déposer quelques lignes sur les toiles qui vous sont offertes dimanche après dimanche depuis près de cinq ans.
Bonne année à tous les envosmotistes passés, présents et futurs, ainsi qu’à ceux qui les lisent.

7 réponses
Il m’a regardée avec un regard si profond et si intense, comme s’il me devinait entièrement nue et à la portée de ses doigts entreprenants. Et cela me plaisait.
L’observer, par-dessus de mon livre, et le voir promener sa langue autour de ses lèvres séchées par le désir, me donnait des frissons et m’apportait le souvenir de ces nuits sans fin où je me suis laissée aller à offrir à mon corps un peu de plaisir. Ces nuits troubles où dans les bras trop tendres d’un amant de passage j’ai oublié, par moments, que mon métier m’interdisait de prendre du plaisir. Alors que je n’étais là que pour en donner. On attendait rien d’autre de moi. Surtout pas de l’amour.
Doucement, la dame bleue pénétra dans la chambre du Hollandais. Cet homme l’intriguait, avec sa blondeur, ses grands rires, son grand nez, ses manières brusques.
Dans la pénombre, un croissant de lune lui permit de voir le banc. Trois mégots de ses éternelles Van Nelle, qu’il ne fumait jamais qu’à moitié, étaient écrasées dans un cendrier beaucoup trop petit. A côté, un livre était posé. La photo de la couverture fit bondir son coeur: c’était lui! C’était bien lui! avec sa raie sur le côté, ses mèches blondes un peu trop longues qui lui cachaient les oreilles et la nuque, ses joues toujours un peu râpeuses… Elle eut envie d’y poser les lèvres.
En feuilletant le livre, elle découvrit avec regret qu’il était écrit dans une langue qui lui était totalement inconnue. Serait-elle donc venue pour rien? Tous ces risques, les avait-elle pris pour rien?
« Tu sais ce que c’est qu’une femme libre ?
en tout cas, ça n’est pas ce que tu penses, comme d’ailleurs la plupart des hommes… Ce n’est pas une femme qui couche avec tous ceux qu’elle rencontre sous prétexte qu’elle n’est pas mariée et ne doit rien à personne. Non, une femme libre, c’est une femme qui se débrouille toute seule face à sa feuille d’impôts, à ses ennuis de plomberie, à ses pannes de voiture, à son compte compte en banque, à ses places de train, à ses maladies quand elle en a, et aussi face à elle-même. Une femme libre, c’est quelqu’un qui ne pèse pas sur autrui… En tout cas, le moins possible.
…
L’intensité que prend le désir quand on n’est pas liés l’un à l’autre, c’est le bon côté de la liberté. Il y a l’autre : ce silence qui ressemble à de l’indifférence, voire à de la vengeance.
« Mère et filles » de Madeleine Chapsal
Geisha
Jeune Maiko du quartier de Gion
tu as noué tant de rêves aux plis de ton Obi
et lissé tant d’espoirs sur tes gazes de soie
Jeune Maiko, murée aux traditions
qui se cache vraiment sous ta poudre de riz ?
quels tourments, quelles envies, quelle foi ?
Belle Geiko, dans la profondeur de ton chignon
je sens tous tes envies, tes airs, tes poésies
qui peu à peu s’allument et flamboient
Tu appartiens au monde des fleurs
et puis des saules
dans tes mains tremblent tous nos désirs …
Pour un premier En vos mots de l’année disons que 4 histoires ce n’est pas si mal, même si on voit à leurs textes courts que tes écrivains ont en profité pour boire l’encre au lieu de la coucher sur le papier.
Enfin ce que je dis…
A défaut d’encre,peut-être un petit verre de saké pour rêver de mots ?…
Sur des papiers plus fins que l’ombre d’un cheveu, dans le camaïeu des bleus de la nuit d’Orient, dans l’encre et les nuances dont je contourne la femme idéale, j’ai déposé, du bout de mon pinceau, l’image qui n’arrête pas de se former dans le plus foncé de tes yeux…